Paris se lance dans la culture du houblon

Végétaliser Paris en favorisant la production de bières locales, ou comment lier l’utile à l’agréable. D’ici quelques mois, des murs entiers de la capitale vont progressivement être recouverts de houblon. Une initiative de la mairie de Paris qui devrait donner un coup de pouce à l’émergence de nouvelles micro-brasseries.

 

Sous les pavés… la terre

Houblon
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En novembre dernier, la mairie de Paris lançait l’appel à projet “houblon”. Son objectif : mettre à disposition un kilomètre de murs à destination de la culture de ce dernier. Cette plante grimpante, l’or vert de la bière, recouvrira bientôt les façades parisiennes, dans l’espace public et sur certains équipements municipaux. Le projet s’inscrit plus globalement dans une politique de végétalisation des bâtiments parisiens, une volonté de promouvoir l’agriculture urbaine et les circuits courts. D’ici peu, les porteurs de projets pourront commencer à “cultiver leur jardin”, des pans de murs allant de 300 mètres dans le 12e arrondissement à des parcelles bien plus modestes, jusqu’à 6 mètres de mur linéaire.

 

Pourquoi le houblon ?

Houblon
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La croissance rapide du houblon, sa résistance et le peu d’espace nécessaire à sa culture en ont fait le parfait candidat. Mais c’est aussi et surtout sa capacité à s’inscrire dans un projet de consommation locale qui a joué en sa faveur. En effet, cela ne vous aura pas échappé, la bière artisanale à la cote depuis plusieurs années. De la Paname Brewery Compagny à la Parisienne en passant par la brasserie Gallia de Pantin ou celle de la Goutte d’Or, qu’elle soit blonde, brune ou rousse, la bière maison fait recette. Indispensable à sa fabrication, le houblon joue le rôle stabilisateur et lui apporte son arôme si particulier et cette petite amertume tellement rafraîchissante.

 

Paris, capitale de la bière

Bière et houblon
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Ce projet, c’est aussi un retour aux sources. Au XIXème siècle, les Alsaciens débarquent à Paris. Dans leurs bagages, un breuvage merveilleux : la bière. La consommation de blonde se répand alors et les brasseries pullulent dans la capitale comme dans sa banlieue. Si la mode passe après la Seconde Guerre mondiale et que l’envie est à quelque chose de plus standardisé, le vent a aujourd’hui tourné. Depuis quelques années, avec les IPA, les bières aromatisées et plus puissantes, on prône le caractère, n’en déplaise aux adeptes de boisson facile, amateurs de petites blondes à la cuisse légère.

Un peu de patience cependant, la première récolte ne devrait pas pouvoir se faire avant septembre prochain. Il faudra donc attendre l’hiver pour se délecter de cette première gorgée de bière made in Paname.