Une balade pour tout savoir sur l’histoire de la jeunesse parisienne

Chez Sous les Pavés on trouve des visites de Paris sur toutes les thématiques les plus pointues et les plus insolites. Du satanisme au street art dans le 20e. Mais l’une des dernières balades éditée raconte une histoire aussi passionnante que souvent caricaturée : la jeunesse parisienne.

 

Archives et mythes de la jeunesse parisienne

Et maintenant, dansez, carte postale, c.1942 © coll. Q. Bidault

 

« L’histoire de Paris n’est pas tendre avec sa jeunesse. Depuis le Moyen Âge, les jeunes de la capitale sont pointés du doigt… Mais certains diront qu’ils le cherchent bien ! ». Voilà comment commence le résumé de cette visite guidée qui part de Palais Royal et s’achève à Hôtel de Ville.

Quentin Bidault est historien et consultant. Il a consacré son mémoire à l’histoire de la jeunesse, plutôt étudiée d’un point de vue sociologie qu’historique en général. Pour construire son parcours et raconter des anecdotes inédites, le guide se plonge dans les documents d’époque, dont beaucoup de vieux journaux. En début de visite, il prévient systématiquement : « On ne sait pas ce qui est vrai ou faux. Ce sont les adultes qui parlent des jeunes, et pas eux-mêmes. » Il faut ainsi garder à l’esprit que le sujet « convoque beaucoup d’imaginaires, révèle des fantasmes ».

De ses recherches, Quentin Bidault retire quelques constantes. Mais les mystères demeurent aussi sur ce qui fait la spécificité des comportements des jeunes. Le sous-titre de la balade s’intitule « histoires de bandes, de rebelles et de marginaux ». Si on observe que les jeunes ont plus ou moins toujours traîné en bande, l’historien n’a pas (encore) trouvé d’explication particulière à cela.

 

Le péril jeune

Conférence apache, carte postale, 1905 © coll. Q. Bidault

 

En revanche, parmi ses 1001 anecdotes, ce que Quentin Bitault observe très bien dans les représentations de la jeunesse, c’est qu’une dichotomie entre deux groupes se dessine. La jeunesse dorée vs la jeunesse populaire, qui fait peur. Ainsi, l’histoire des Apaches raconte bien une spécificité parisienne : « Ils apparaissent avec la presse populaire qui explose dans les années 1900 alors que la criminalité est plutôt en baisse. Il y a toujours eu de la violence à Paris, mais là, ce n’était pas trop le cas. On va créer des rubriques « Apaches » où on met des faits divers. On a des cartes de Paris avec les « no-go zones » de 1907. Déjà à l’époque tout est en noir sauf le 16e. » Une histoire de la dangerosité qui se retrouve au XXe siècle avec les blousons noirs, ces bandes qui viennent troubler le calme de l’été 1959 et sont à l’origine du stigmate qui pèse encore sur les « jeunes de banlieue ».

Le guide avoue avoir un petit faible pour l’histoire des Zazous. Ces jeunes rebelles des années 40 qui cultivaient leur style avec insolence sous l’Occupation. « Ils sont un peu passés dans les oubliettes parce que tous les jeunes n’étaient pas zazous… On ne sait toujours pas les classer aujourd’hui. Je pense surtout qu’ils n’ont pas voulu que la guerre leur vole leur jeunesse. »

Zazou !, carte postale, c.1942 © coll. Q. Bidault

 

Les prochaines dates de la balade sont ici.