Violente Viande ou l’art de provoc’ 2.0

« J’ai créé un compte avec mes phrases parce que je m’ennuyais ». En avril 2017, naît l’Instagram Violente Viande.

 

Violente Viande, un compte Instagram controversé

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Il n’est pas blogueur, ne pose pas en bikini et ne prodigue aucun tutoriel beauté. Pourtant, son compte Instagram dépasse les 142 000 abonnés. La raison de son succès : sa plume. Depuis avril 2017, Florian, sous le pseudonyme de Violente Viande, a créé l’un des comptes les plus controversés dans lequel il publie des phrases comme « Coucou c’est la leucémie ! », « Tous égouts » ou encore « Je suis chrétien et j’avale ». Un esprit subversif qu’il cultive : « J’aime taquiner les gens. C’est une manière de montrer mon affection ». Un second degré et un goût pour la provocation dont s’insurgent beaucoup d’usagers Instagram qui deviennent malgré eux une des principales sources d’inspiration de Florian : « Lorsque j’évoque certains sujets sensibles c’est surtout une manière de dédramatiser des situations parfois graves par le rire. Et les gens qui s’indignent à la place des autres deviennent ma cible. C’est eux que je tacle dans mes posts ». Mais au-delà des messages critiques qu’il reçoit sur son compte,  Instagram lui a surtout permis d’ attirer l’attention sur ses véritable projets : « J’écris depuis longtemps et Violente Viande est surtout une vitrine pour proposer mes projets perso. Si je n’avais pas fait ça, je serais encore là à taper à la porte des éditeurs pour ma BD ». Une bande dessinée qu’il a intitulée La vie est bonne et à travers laquelle Florian et la graphiste Lucy Macaroni dressent une critique acerbe de notre génération. Ils y évoquent entre autres le vide amoureux, la superficialité des relations sociales ainsi que le manque de communication entre les individus.

 

Violente Viande, de l’écran au papier

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Plus qu’un simple compte Instagram, Violente Viande est avant tout un auteur. « A la base j’écrivais des paragraphes dans lesquels je piochais mes phrases. Pour mon prochain livre j’ai fait le contraire, j’ai restructuré mes phrases dans un monologue. Ce sera comme un spectacle de stand up mais en livre ». Un essai qui coïncidera également avec la fermeture de son compte Instagram en avril 2019 : « J’ai envie de mettre un point final sur les deux ans. J’ai peur de souler les gens, il y a de plus en plus de comptes Instagram de phrases très cool qui montent  et j’ai peur d’être ringard et dépassé, ne plus avoir de choses à dire… »

Une peur qu’il partagera également dans son prochain ouvrage, dans lequel il compte évoquer des sujets comme la dépression et les crises d’angoisse. « Je veux montrer que je ne suis pas que rigolo mais c’est risqué parce qu’en France, on adore mettre des étiquettes. » Des étiquettes auxquelles il s’est toujours efforcé de ne pas coller comme le prouve le parcours du Bordelais.

Né dans une famille où il sera enfant unique, son attrait pour l’écriture le mène vers un bac littéraire et une première année au sein d’ une fac de philo. « Cela ne m’a pas plu et j’ai donc décidé de me tourner vers le design ». Une expérience qui lui permet alors de créer une marque de montre avec ses amis. Mais l’écriture est une drogue dure et Florian y succombe à nouveau sans pour autant oublier sa seconde passion : le design.

Aujourd’hui, l’auteur de 31 ans évolue dans un monde où il conjugue ses deux passions. En plus de ses ouvrages, il a notamment commercialisé 200 t-shirts avec l’une de ses phrases fétiches, « Rêve salope », et collabore à la réalisation de cartes de Noël avec l’illustrateur Jean André.


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