Yolocaust : peut-on décemment se mettre en scène n’importe où ?

Le satiriste et auteur israëlien Shahah Shapira a réalisé 11 montages pour dénoncer les pratiques inappropriées sur des lieux de commémoration. Son site « Yolocaust » a largement été partagé dans la journée.

Notre propension à nous mettre en scène un peu partout est-elle trop importante ? Y a-t-il certains endroits où un peu de pudeur et de respect seraient les bienvenus, notamment dans les lieux chargés d’Histoire ? Ce sont les questions auxquelles répond le satiriste Shahak Shapira qui s’indigne face aux nombreux clichés et selfies pris sur le site du mémorial de la Soah, à Berlin. Son site, « Yolocaust », est la contraction de « yolo » (« on ne vit qu’une fois », largement utilisé sur les réseaux sociaux) et de Holocauste.

Toute l’année depuis 2005, date où ont été érigées les 2 711 stèles près de la Postdamer Platz, 10 000 visiteurs journaliers sont recensés. Nombreux sont ceux qui profitent, le temps d’un séjour, de l’étendue (19 000m2) et des perspectives du mémorial, pour se mettre en scène et poster leurs photos sur les réseaux sociaux.

Le projet du satiriste et auteur israëlien Shahah Shapira consiste à réaliser un montage de photos, trouvées sur Facebook, Instagram, Tinder et Grinders avec leurs légendes d’origine, en les juxtaposant avec des clichés de camps nazis. On y retrouve 11 montages.

La plupart des internautes apprécient la justesse du propos et la dénonciation de pratiques symptomatiques d’une époque et d’une génération. D’autres trouvent la démarche dérangeante. Elle ne laisse pourtant personne indifférent. L’auteur du site et des montages a confié à L’Express qu’il « était à l’aise avec les deux types de réactions, tant que les gens en parlent et réfléchissent à cette démarche »

Retrouvez les 11 montages sur le site de Yolocaust