A.t Night

5 raisons d’aller à Comme Nous Brûlons, festival féministe incandescent

Après deux éditions enflammées, ce festival furieusement féministe nous convie de nouveau à la Station – Gare des Mines autour de son âtre militant et festif. Animé par des valeurs aussi radicales que solidaires, l’événement célèbre la sororité à travers cinq jours de fête, de concerts, de projections, de débats et d’échanges autour des problématiques féministes intersectionelles. Le tout dans un climat de bienveillance totale, priorité absolue d’un festival qui s’engage depuis le début (en plus d’apporter une réelle visibilité à des artistes et intervenantEs généralement excluEs des programmations lambda) à proposer un vrai espace sécurisé et sécurisant de rencontres, de sensibilisation et de partage.

On a rencontré Loren Synnaeve, co-fondatrice de ce festival à l’organisation non-horizontale, et avec elle on a sélectionné quelques excellentes raisons de ne pas manquer cette troisième édition.

Des concerts

comme nous brûlons
CATNAPP ©Lex Johannes

 

Pointue et exclusive, la programmation fait la part belle aux musiques électroniques et urbaines avec des artistes toutes nationalités et horizons confondus : on retrouve ainsi l’électro nourri d’indus de la slave Dmitrievna, la R&B expérimentale de Catnapp, originaire de Buenos Aires, le rap hispanique de IRA ou encore la synth-post-punk du duo Sink Ya Teeth venu de Norwich. Côté local, A Trois sur la Plage nous dévoilera sa pop lo-fi aux accents new wave et $afia Bahmed-Schwartz son rap lascif mezza voce. Pour un avant-goût, on se rue sur la playlist de cette troisième édition.

Loren : « La programmation est un véritable travail collectif, entre têtes d’affiche explosives et groupes émergents français. Chacune y va de son grain de sel, et on tâche de faire en sorte de n’avoir que des artistes engagées dans des styles vraiment différents. C’est ce qui fait la beauté de Comme Nous Brûlons. Un vrai travail de Titan ! »  

Des projections

comme nous brûlons
©Indianara Siqueira

 

Mercredi à partir de 20h, direction le cinéma LeStudio pour découvrir la riche facette cinéphile du festival. Au programme, la projection en avant-première du long métrage  » Indianara  » d’Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa. Ce documentaire franco-brésilien, présenté à Cannes, révèle le chemin du combattant d’Indiana Siqueira, activiste trans brésilienne luttant sans relâche pour le droit des personnes transgenres au Brésil. En première partie de soirée, place aux courts-métrages. Parmi eux, « Galatée à l’infini », narrant l’obsession d’un Pygmalion pour la femme parfaite, interroge à travers la caméra la construction discursive du corps féminin.

Loren : « On a la chance d’avoir des meufs super calées en cinéma et en documentaire au sein de l’association, je leur fais personnellement une confiance aveugle. C’est toujours un plaisir de découvrir leurs choix sur grand écran au cinéma Le Studio qui nous accueille depuis deux ans maintenant (merci à l’équipe !). »

Des conférences

comme nous brûlons

 

Festival aussi pédagogique que militant, Comme Nous Brûlons invite de nouveau cette année conférencières, doctorant-es, réalisatrices, journalistes et documentaristes à présenter leurs travaux sur des problématiques féministes et LGBTQ+. Ainsi, le dimanche à partir de 16h30 se tiendra notamment une grande table ronde autour du droit des personnes queers et des femmes dans le monde. Ce moment d’échange et de sensibilisation réunira des intervenant-es de tous horizons géographiques, comme la chercheuse brésilienne Izadora Xavier, docteure en sociologie de l’Université Paris 8, spécialiste des questions de genres et de féminisme dans les Amériques Latines ; le militant russe Yosef Mar qui a monté un programme d’aide aux parents LGBT en Russie et participé à l’évacuation de personnes LGBT du Caucase du Nord ; ou encore le polonais Anu Czerwinski, reporter pour Gazeta Wyborcza, le plus grand journal d’opposition en Pologne.

Loren : « L’an dernier, la conférence « Toutes des putes ? » a été pour moi un des plus beaux moments du festival : une centaine de personnes assises et attentives à un sujet complexe et pas forcément facile à traiter en 1h30. Une mention spéciale à Ramona, de l’association Acceptess-T qui nous a tou.te.s touché.e.s par ses témoignages. Je crois que j’ai pleuré deux fois ! »

Expos et performances

comme nous brûlons
©Tahnee

 

Encourageant toutes les formes d’expression artistique et militante, ce festival pluridisciplinaire se dévoile aussi à travers une belle exposition collective et de flamboyantes performances. Ces dernières illustrent des thématiques alléchantes : « Les Égouts de l’Hétérosexualité », « Gouine du Futur », « Décoloniser le dancefloor » et s’annoncent aussi drôles que percutantes grâce aux talents de la performeuse Dominique Gilliot, de l’humoriste Tahnee et de la danseuse Ari de B. Côté expo, on admirera entre autres des portraits féminins, des dessins érotiques, une fresque et des tatouages canon avec Abel, Béton Mouillé, Ida, Hélène Tchen Cardenas, Safia Clubmed-Schwartz, Heather Benjamin et Eva Merlier.

Loren : « Dès le début du projet on a souhaité que le festival ait une véritable dimension pluridisciplinaire. C’est bien là où l’union fait la force : avec une bonne quinzaine de membres on arrive à toucher à beaucoup de dimensions du féminisme. L’homosexualité, le queer, le DIY, l’afroféminisme… Tout ça se ressent particulièrement dans les performances. Quant à l’exposition, elle est cette année curetée par Anna Wanda et Roca Balboa, avec notamment une grande frise de Ida Bimbola. Ça va être superbe ! »

Autour du festival

comme nous brûlons
©Queer Chevelu

 

Pendant toute la durée du festival, il vous sera possible de faire plein de trucs cool, comme se faire couper les cheveux à prix libre chez Queer Chevelu, s’offrir un tatouage, tester une borne de jeu anti-patriarcat, admirer une installation anti-harcèlement de rue, essayer de fabriquer votre propre vibro, vous initier au tarot et/ou à la confection d’un fanzine, papoter avec les gens bien des associations Sexy SouciS, BAAM et OUTrans à leurs stands ou encore assister à une émission de radio Station Station.

Loren : « On en revient aux « à-côtés » qui font la force et la richesse d’un week-end comme le nôtre. L’idée de Comme Nous Brûlons est vraiment de donner aux artistes, intervenantes, exposantes… un espace d’expression, et qu’elles se l’approprient. Ensuite, la rencontre s’opère avec le public, tout gardant en tête la dimension politique et la bienveillance, qui est bien évidemment de mise. À ce moment-là, on sait qu’on a rempli notre rôle. Mention spéciale à toutes celles qui se sont fait tatouer une vulve l’an dernier <3 »

Festival Comme Nous Brûlons
Du 11 au 15 septembre à La Station, au Cinéma LeStudio et au Au Landy Sauvage / ex-Clos Sauvage
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