6 spots pour écouter du bon rap à Paris

Genre musical dominant en France, le rap déchaîne les foules dans les plus grandes salles de concert de Paris. Mais la culture hip-hop, large et ramifiée, se montre sous d’autres jours loin du troupeau. Où trouver l’atmosphère originelle et l’essence du mouvement ? Où explorer ses différentes couches et faire de belles découvertes ? La question n’est pas si simple mais cette liste tentera d’apporter de premiers éléments de réponse.

 

LE JEUNE

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Sous ses airs de bar tranquille du Xe arrondissement, le Jeune est l’ultime QG des jeunes qui kiffent le rap. Un pied dans les 90’s et l’autre dans le futur, on y (re)découvre toute la richesse de la culture hip-hop. Au travers notamment du son, des looks et de l’ambiance créative qui y règne. On discute des dernières sorties d’A$AP MOB, de ce vieux classique des Wu-Tang et de la percée d’un jeune crew des Lilas. Certains analysent les liens entre l’évolution des scènes américaines, européennes. D’autres apprennent même que « les Coréens déboîtent en ce moment ».

La programmation de qualité, entièrement dédiée aux bulles locales, et le public aussi cool que savant en font l’incontestable temple du rap de nuit à Paris. Avis aux amateurs.

Le Jeune
20 cour des Petites Ecuries, 10e

 

LA MANUFACTURE 111

Concert de Twista le 27 février 2016 ©Damien Paillard

 

Centre culturel alternatif du 20e arrondissement, la Manufacture 111 est un organe majeur de la défense et du développement des cultures urbaines parisiennes. Aujourd’hui, la salle propose l’une des programmations les plus larges en la matière. Entre concerts, DJing, live beats, ateliers de graffiti et autres formats dédiés aux musiques urbaines. Leurs ‘open mics’, ou scènes ouvertes, sont toujours un régal pour ceux qui aiment revenir aux origines de la culture hip-hop.

Piloté dans un des quartiers les plus populaires de Paris, le projet de la Manufacture 111 Laffiche est ouverte sur le monde : en février, elle introduira Illa J sur Paris, MC de Détroit aux vibes old-school très solaires.

Manufacture 111
19, boulevard Davout, 20e

 

BADABOUM

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Depuis son ouverture il y a quatre ans, le Badaboum n’a cessé de repenser sa programmation pour en faire son arme principale. Entre house musclée, concerts inédits de première qualité et musiques expérimentales, une certaine part de la scène hip-hop y a également fait son nid. Encore minoritaires, des rappeurs comme Tengo John ou Bobba Ash s’y produisaient en décembre dernier, affirmant une certaine sensibilité des programmateurs.

L’ambiance tamisée, obscure mais élégante du Badaboum en fait une salle de choix pour les nouvelles scènes rap parisiennes. Et si l’on considère le spectre entier des musiques urbaines, le Badaboum ne déçoit pas non plus en s’aventurant sur les sentiers du R&B alternatif avec, entre autres, Sevdaliza en 2017.

Badaboum
2B rue des Taillandiers, 11e

 

LE NOUVEAU-CASINO

Salle mythique, le Nouveau Casino est l’une des rares de son acabit à avoir su faire confiance aux collectifs de soirées hip-hop. L’année 2017 aura d’ailleurs été marquée par les résidences de Nohell, avec les soirées DVSP, Nohell4 et d’autres showcases. Rendez-vous hip-hop nocturne et régulier, Nohell comble le vide parfois trop lourd une fois minuit passé, et participe activement au développement de la scène locale. Comment ne pas remercier le Nouveau-Casino pour leur avoir ouvert grand ses portes ?

À côté de ces rendez-vous, le Nouveau Casino jouit d’autres collaborations intéressantes. Comme avec le magazine Bass et les soirées Underdogs inaugurées en octobre dernier. Visant à promouvoir les talents émergents, celles-ci se tournent sur l’international en recevant des producteurs comme Marty Baller (A$AP MOB) ou Scarlxrd (LXRD Records).

Le Nouveau-Casino
109 rue Oberkampf, 11e

 

LA BELLEVILLOISE

On ne présente plus la gigantesque salle perchée sur la butte de Ménilmontant. Ouverte en 1877, la Bellevilloise a traversé les âges et n’a jamais cessé de se réinventer depuis. Sa programmation fine et populaire fait la part belle au hip-hop et à toutes ses nuances depuis plusieurs années. On y trouve des signatures diverses. Des gros noms comme de belles découvertes, européennes comme étrangères, en format club ou concert.

Chacun y trouvera chaussure à son pied. Entre le rap street de 13 Block ou l’ambiance plus old-school des soirées Free Your Funk. Plus que de s’imposer comme la salle de référence à Paris, la Bellevilloise s’attache à couvrir un large éventail de couleurs qui permet l’émergence de nouveaux artistes talentueux.

La Bellevilloise
19-21 rue Boyer, 20e

 

GOOD DIRTY SOUND

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Dernier nom de cette sélection, le collectif Good Dirty Sound dévoile les soirées hip-hop les plus dingues de la capitale. Ambiance underground, en club mais surtout en hangar, on y écoute de la trap agressive, du rap US et de la grime sur un soundsystem digne d’une méchante soirée techno. L’association de l’ambiance rave et du son hip-hop brasse et déchaîne un public unique.

Pas d’adresse, le collectif opère en sous-marin grâce à un réseau de fidèles adeptes. Délogé de son domicile squatté en 2017, le crew originaire de Sevran est aujourd’hui à la recherche d’un nouveau lieu pour relancer sa machine cataclysmique. Et prouver encore une fois qu’on ne rigole pas avec le rap.

Good Dirty Sound
Paris et Proche-banlieue