Clubbing : où sortir à Paris cette semaine !

Comme chaque semaine, retrouvez notre sélection des soirées à ne pas rater !

À New York avec Kerri Chandler


© DR

Une petite balade dans New York. C’est ce que propose Kerri Chandler, le parrain de la scène house de la côte Est de l’Amérique, sur le dernier épisode de la prestigieuse série de complications DJ Kicks, dont la sélection est réservée aux cadors de la scène. « C’est un tour de la ville en musique, entre Brooklyn, Soho, le Bronx, le New Jersey », explique-t-il.

Et c’est aussi un voyage dans le temps, puisque le DJ compile essentiellement des titres des 70’s-80’s entre soul, disco ou hip hop, avec Roy Ayers, Cymande, T La Rock ou Innerzone Orchestra (le projet instrumental de Carl Craig), mais aussi des groupes plus confidentiels comme Fruit ou Rasa, dans une sorte de playlist de ce qu’écoute Kerri Chandler à la maison. Le musicien américain se permet même un petit contre-pied avec un inédit, Stop Wasting My Time, un morceau de reggae/dub qui tient bien la route.

Il sera donc au Rex Club ce vendredi pour présenter la compilation, avec un mix sans doute un peu rythmé, et en compagnie du duo Voyeur. Les deux producteurs londoniens en vogue lui ont tapé dans l’œil avec leur house funky et soulful (le très réussi maxi “Blame It on the Youth” en 2012), qui a directement atterri sur son label Kaoz Theory.

Kerri Chandler Dj-Kicks Tour, vendredi 20 octobre à minuit au Rex Club

5, boulevard Poissonnière, 2e, M° Bonne Nouvelle. Entrée : 15 €.

Jah Shaka, le roi du dub au Trabendo


© Lucas Strazzeri

Le roi du dub anglais est de retour en France. Véritable prophète outre-Manche, où l’on se presse à ses messes depuis les années 70, Jah Shaka est un producteur réputé pour sa série des Commandments of Dub (10 chapitres indispensables pour les néophytes) et surtout un ingénieur du son méticuleux.

Tout doit sonner parfaitement pour cet émigré jamaïcain, pour qui le réglage du son est une religion (il ne joue d’ailleurs qu’avec une seule platine, faisant défiler chaque disque du début à la fin) et la musique une expérience spirituelle, la seule chose « qui relie la diaspora jamaïcaine de la Grande-Bretagne aux USA ». Pionnier de toutes les déclinaisons du dub en Angleterre (du stepper au dubstep), il pourra faire passer son message dans d’excellentes conditions ce samedi au Trabendo, puisque la salle sera sonorisée par le collectif rouennais Blackboard Jungle, qui a fabriqué d’énormes murs d’enceintes sur le modèle du soundsystem de… Jah Shaka.

Samedi 21 octobre 23 h au Trabendo, 211, avenue Jean-Jaurès, 19e, M° Porte de Pantin. Entrée : 22 €.

Le monde parallèle de Matias Aguayo


© Marcelo Setton

Que se passe-t-il quand un DJ en a marre d’être aux platines ? En général, il continue pour toucher ses cachets, tout en rejouant inlassablement les mêmes morceaux. Le Chilien Matias Aguayo, lui, a choisi de se réinventer, en partant sur la route avec un groupe de musiciens sous le nom The Desdemonas. « De toute façon, je n’ai jamais été un DJ typique, avoue-t-il. Il y a toujours eu une part de performance dans mes sets, que je mette ma voix en boucle ou que je joue des percussions. » Élevé sur les planches (il se voyait directeur d’un théâtre avant que les clubs ne le rattrapent), l’artiste, qui a sorti la techno de ses gonds avec son génial label Cómeme, laisse désormais libre cours à « ses capacités de performeur » dans le nouveau monde qu’il a inventé sur son dernier album Sofarnopolis (le 27 octobre chez Crammed).

Un disque bien trippé qui sonne comme une messe noire, composé aux limites du surnaturel dans un petit port dans la banlieue de Cologne. « J’ai commencé en improvisant au micro dans un anglais et un espagnol qui n’existent pas. En réécoutant les bandes, j’essayais de comprendre ce que j’avais chanté. C’était un peu comme du spiritisme, comme si j’essayais de me souvenir d’un rêve. Et là-dedans, j’ai trouvé des personnages, des petites histoires. Ça se passait dans cette ville d’une dimension parallèle, Sofarnopolis, avec des groupes de musique qui n’existent que là-bas. »

Partisan de la détox digitale, Matias Aguayo a imaginé « un monde où l’on a encore le temps d’écouter un disque en entier, sans la distraction des réseaux sociaux et des smartphones, un monde un peu moins malade ». Sur scène, le Chilien y replonge en incarnant tour à tour chacun des personnages de cette dimension parallèle. Pour y pénétrer avec lui, ça se passe ce vendredi à la Maroquinerie, avec La Mverte, qui vient de sortir son premier album en mode dark disco, et le duo parisien Casse Gueule, qui porte apparemment bien son nom.

Vendredi 20 octobre à 19h30 à La Maroquinerie, 23, rue Boyer, 20e, M° Ménilmontant/ Gambetta. Entrée : 12 €.