5 raisons de tout casser à la Fury Room

La Fury Room. Ce concept né en terres japonaises fascine autant qu’il déconcerte. Détruire pour se détendre ? A priori, un acte primitif de gosses suractifs. Mais si les raisons de la colère avaient bel et bien leurs vertus ? Direction le 23 rue Blondel pour s’en convaincre.

 

Par pur parisianisme

 La Fyry Room Emoji "bonjour, paris"

 

Briser vaisselle, bouteilles, verres, mobilier et écrans dans une pièce, équipé comme un agent des forces d’élite ? On estime que cette déconcertante pratique a vu le jour au pays de Takeshi Kitano, où elle fait la joie des employés japonais au bord du burn-out. Il a fallu attendre le 21 septembre 2017 pour la voir émerger en France. Mais pas n’importe où ! A Paris, et plus précisément au creux de l’effervescence stressante de Strasbourg Saint-Denis.

Transposé dans l’Hexagone, le concept a précisément été pensé pour Paname, sa foule grouillante, ses transports laborieux et autres couacs urbanistes. « Je suis parisienne et je me rends compte à quel point les gens sont stressés, en se levant, en prenant le métro. Forcément, tous ceux qui passent leur journée dans leur bureau adorent casser leurs ordinateurs ! » témoigne Aurélie, la gérante des lieux. Lieu stratégique d’ailleurs que ce quartier à start-up où « ceux qui viennent sont en majorité jeunes cadres très préoccupés par leur travail », ajoute-t-elle.

 

Parce que c’est écolo

La Fury Room emoji panda

 

On pourrait croire que ces actes de destruction impulsifs sont insensés à l’heure de la récup’, de l’écologie cool et de la consommation éthique. Mais Aurélie nous rassure quant au réel statut des objets mis en pièces par nos bras furibards :  « On se tourne tout le temps vers des déménageurs et on ne choisit que des objets recyclables. L’équipe de la Fury Room travaille avec une société de recyclage. Il s’agit de privilégier des trucs obsolètes qui de toute manière vont être amenés à la décharge ». De quoi nuancer ce qu’aucun assimilerait à un capharnaüm pour gourmand du gâchis. « Notre concept, ce n’est pas de construire pour finalement casser : il n’y aucun gaspillage » conclut la gérante.

 

Pour tenter le yoga destroy

La Fury Room emoji destroy

 

Pour ponctuer vos agissements, la Fury Room vous incite à choisir une soundtrack appropriée. Libre à vous alors de la jouer rockstar en fin de concert, la batte de baseball brandie sur fond de Nirvana. Mais dans l’idée, c’est moins la fièvre d’une performance que la sérénité de l’esprit qui est recherchée. Malgré ses fulgurances furax, cette parenthèse furieuse doit vous faire l’effet d’une séance de yoga… En un zeste moins zen, on en convient.

« Quand nous avons ouvert boutique, ou nous disait surtout qu’un tel concept engendrerait la violence, mais désormais les gens se centrent davantage sur la dimension santé, thérapeutique et bien-être… Même si on n’est pas encore remboursés par la sécu ! »  s’amuse Aurélie. La sensation de catharsis éprouvée est un peu celle que vous ressentez en agitant vos mains sur une manette. « Les gens  sortent de chez nous  avec le sourire, ont vraiment l’air plus sereins, et n’ont qu’une seule envie : revenir chez eux et se poser »  nous assure la casseuse en chef.

 

Pour forger l’esprit d’équipe

La Fury Room emoji baseball

 

Si l’effet recherché est celui d’une salve d’uppercuts sur un punching ball, la rage déversée dans la Fury Room peut-elle être considérée comme une sorte de sport ? Rapprochons-la plutôt d’une partie de paintball le week-end ou d’une ludique séance d’escape room. Car dans ces cadres aménagés, c’est toujours l’esprit du collectif qui rend la destruction si… constructive. Ainsi, parmi les quatre menus proposés, dont les tarifs oscillent de 10 à 125 euros, « le plus populaire est celui où les gens viennent à deux ou à quatre » nous assure Aurélie, qui y voit là « une activité de groupe amusante ». Les curieux et curieuses pourront tout de même tester la formule Madhouse défouloir aux petits oignons pour une personne.

 

Parce que c’est dans le vent

La Fury Room emoji gâteau

 

Les férus de la Fury n’ont pas grand chose à voir avec des Cro-Magnons agitant leurs massues. Au contraire, l’espace de la rue Blondel surfe sur une vague très actuelle : celle du destruction porn. Sur YouTube, les vidéos en slow-mo pleines d’objets  tranchés par des couteaux excessivement chauffés ou écrasés par des presses hydrauliques alignent les millions de vues. La popularité de chaînes comme Beyond the press, Hydraulic Press Channel et Slow Mo Guys en témoigne. Un excès d’exégèse nous inciterait à y voir une forme d’émancipation trash face aux clichés retors. « Parmi notre public, on compte 80 % de femmes. Et ce qu’elles aiment beaucoup casser, c’est la vaisselle ! » décoche Aurélie, pleine d’espoirs quant à la longévité d’une salle sur laquelle peu auraient parié l’an dernier. « Le planning ne désemplit pas ! On a des réservations jusqu’au mois de mai, voire juin… ».