8 grands artistes de l’art moderne ayant vécu à Paris

Pour réenchanter un peu votre quotidien, Artsper vous fait découvrir huit endroits de Paris hantés par des grandes figures de l’art moderne, qu’il s’agisse de leur atelier, ou de leur lieux de vie plus ou moins passager, à visiter ou seulement à contempler depuis la rue.

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1. Brancusi

Constantin Brancusi est une des figures emblématiques de la sculpture moderne du XXème siècle. Artiste d’origine roumaine, son œuvre, influencée par l’art d’Asie et d’Afrique, se développe en marge de l’avant-garde et reprend inlassablement quelques grands thèmes qui le fascinent (Le Baiser, L’Oiseau, La Colonne sans fin etc.).
Brancusi arrive à Paris en 1904 (à l’âge de 28 ans) et y vit jusqu’en 1957. Une grande partie de son œuvre fut dont créée dans son atelier parisien du 15ème arrondissement (au 8 et 11 de l’impasse Ronsin précisément). En 1997, cet atelier a été reconstruit à l’identique sur la place du Centre George Pompidou après que l’artiste l’ait légué à l’état français. Il contient une collection unique de 137 sculptures, plus de 80 socles, 40 dessins ; deux peintures et plus de 1 500 plaques photographiques de verres et tirages originaux de la main de l’artiste.

2. Ossip Zadkine

Ossip Zadkine est un sculpteur d’origine biélorusse. Il s’installe à Paris en 1909 à l’âge de 19 ans et s’inscrit à l’Ecole des Beaux-Arts. Il rejoint le mouvement cubiste dès 1912. Profondément marqué par la Première Guerre Mondiale, il fuit aux Etats-Unis dès 1942 et revient en France à la libération. En 1950, il reçoit le premier prix de sculpture de la Biennale de Venise. La décennie de 1960 marque l’apogée de sa renommée avec des expositions dédiées un peu partout dans le monde. « La Ville détruite » est à bien des égards considérée comme son œuvre phare : il s’agit d’un monument à la mémoire de la destruction et reconstruction de Rotterdam. En 1978, son épouse donne deux des anciens ateliers de l’artiste à la ville de Paris, ce qui donne lieu à l’ouverture du musée Zadkine, situé au 100 bis rue d’Assas, dans le 6ème arrondissement, un des endroits les plus confidentiels de Paris. Il s’agit de l’ancien atelier et domicile du sculpteur où l’on peut y admirer une belle collection de ses sculptures en bois brut, pierre et plâtre. Avec celui d’Antoine Bourdelle, c’est un des rares ateliers de sculpteurs préservés à Paris et qui témoigne du Montparnasse des artistes du XXème siècle.

3. Marcel Duchamp

© Denise Bellon 

L’Atelier Rose Selavy, situé au 5 rue Fromentin, dans le 9ème arrondissement, est un espace où les parisiennes viennent s’initier à la couture, à la sculpture ou encore à la bijouterie. L’intérêt de l’endroit ? Il s’agit de l’ancien atelier du célèbre artiste Marcel Duchamp.
Marcel Duchamp, initié à l’art par ses frères et sœurs ainés dont quatre sont également des artistes reconnus, grandit à Rouen et arrive à Paris pour faire ses études supérieures. Après avoir rejoint le mouvement dadaïste et avoir eu une brève période cubiste, il prend la voie du futurisme italien en s’intéressant à la décomposition du mouvement. Par la suite, il s’intéressera également au mouvement surréaliste. Il s’installe à New-York à partir de 1915 mais continue de partager son temps entre les Etats-Unis et la France, et se fait le porte-parole des avant-gardes parisiennes auprès du public américain. C’est à cette époque qu’il crée ses œuvres les plus célèbres comme le Grand Verre et la Fontaine.

4. Picasso

© Michel Sima / Rue des Archives 

Chef de file du mouvement cubiste, Picasso est un des maîtres incontestés de l’art moderne qui a touché à tous les courants artistiques du XXème siècle (surréalisme, expressionisme, néo-classicisme). Originaire de Málaga, c’est en 1900 que le jeune Picasso se rend pour la première à Paris, qui deviendra sa ville d’adoption. Il s’y installe définitivement en 1904 et habite alors au Bateau-Lavoir, un immeuble de la butte Montmartre dans le 18ème arrondissement. En 1906, il enclenche son tournant cubiste et rencontre Georges Braques en 1907 avec lequel il noue une forte amitié et qui devient la seconde figure de proue du mouvement cubiste. C’est à partir de 1937, alors que la guerre civile faire rage en Espagne, que le peintre espagnol s’installe à l’Hôtel de Savoie, au 7 rue des Grands Augustins, où il restera jusqu’en 1955. L’artiste y crée son chef d’œuvre Guernica. En mai 2014, les deux derniers étages de l’immeuble ont été classés aux monuments historiques après une pétition lancée par le Comité national pour l’éducation artistique (CNEA) – qui avait recueilli plus de 1000 signatures dont celles de Jack Lang – en réponse à la tentative de La Chambre des huissiers de Paris, propriétaire des lieux, pour demander un permis de construire dans le but de rénover l’édifice et en faire un hôtel de luxe.

5. Yves Klein

Né de deux parents peintres, Yves Klein a été baigné dans l’art dès sa plus tendre enfance, mais n’épouse cette voie qu’après de nombreuses années dédiées à la pratique du judo grâce auquel il fait la connaissance d’Armand Fernandez, alias Arman, qui devient plus tard le chantre du Nouveau Réalisme. Alors qu’il crée depuis sa jeunesse, ce n’est qu’en 1955 qu’Yves Klein expose ses travaux dans un cadre artistique, au Club des solitaires de Paris. Il fait alors la rencontre du critique d’art Pierre Restany, ce qui marque le début de sa carrière en tant qu’artiste. C’est en 1957 qu’il entame son « époque bleue », et la validation par l’INPI de « l’International Klein Blue » le transforme en artiste international. L’appartement -et l’atelier-  d’Yves Klein se trouvait au 14 rue Campagne-Première, un lieu qui a vu la naissance du mouvement du Nouveau Réalisme en 1960. Depuis 2010, le « square Yves Klein » -dans la même rue- rend également hommage à l’artiste.

6. Man Ray

Man Ray est une des grandes figures de la photographie du XXème siècle. D’origine américaine, il s’installe à Paris dès 1921, rencontre Marcel Duchamp et adhère au mouvement dada, avant de rejoindre les surréalistes. Man Ray est surtout connu pour ses photographies surréalistes (tels que le Violon d’Ingres) et sa technique de la « rayographie » (photographie solarisée). Il a cependant touché à d’autres domaines artistiques comme la peinture, le collage, le ready-made ou encore le cinéma. A Paris, l’atelier de l’artiste se trouvait 2 bis rue Férou, dans le 6ème arrondissement, comme en témoigne le documentaire intitulé « Man ray, 2 bis rue férou- l’atelier d’un des maîtres du surréalisme » réalisé en 1989 par François Lévy-Kuentz. Il y vécut de 1951 à sa mort, en 1976.

7. Modigliani

Modigliani est un peintre et sculpteur italien originaire de Livourne. Après des études artistiques à Florence et Venise, il déménage à Paris en 1906, où se tient l’avant-garde de l’art international. Il s’installe au Bateau-Lavoir de Montmartre et côtoie l’élite littéraire et artistique de l’époque : Juan Gris, Blaise Cendrars, ou encore Jean Cocteau. Sa rencontre décisive est celle du sculpteur Brancusi, qui lui prodigue un soutien sans faille. Connu pour ses portraits aux visages allongés avec des yeux en amandes souvent sans pupille, Modigliani s’est beaucoup inspiré de l’art primitif. De santé fragile depuis son enfance, l’artiste meurt prématurément d’une méningite à l’âge de 36 ans, entraînant le suicide de sa compagne enceinte quelques jours plus tard. La vie tumultueuse et souvent désargenté de Modigliani l’a mené à séjourner dans de nombreux arrondissements de Paris. Pour les férus de l’artiste, voici quelques lieux de pèlerinage :  16 rue Ravignan dans le 18ème arrondissement, 7 place Jean Baptiste Clément du même arrondissement, 7 rue Delta dans le 9ème arrondissement, 13 place Emile Goudeau dans le 18ème, 16 rue Saint Gothard dans le 14ème, 26 Boulevard Raspail dans le 6ème, 3 rue Campagne Première dans le 14ème , et 1 rue Lepic dans le 18ème.

8. Salvador Dalí

© Huper International Press 

Figure emblématique du surréalisme, Salvador Dalí est originaire de Figueras en Catalogne. Il visite Paris pour la première fois en 1926, et revient ensuite en 1929 pour un séjour lors duquel il fait la rencontre du groupe surréaliste par l’entremise du peintre espagnol Joan Miró. Il rejoint les surréalistes la même année et rencontra sa future femme, Gala Eluard, son agent et sa muse. Le couple vit une grande partie de l’année à Paris avant de fuir la France pour les Etats-Unis en 1940. Les années américaines de Salvador Dalí lui apportent reconnaissance et succès, bien que la rupture avec le groupe surréaliste, André Breton en tête, soit parfaitement consommée. A partir de son retour en France à la fin de la guerre, les Dalí partagent leur année entre Paris, la Catalogne et les Etats-Unis. A Paris, c’est dans le célèbre Hôtel Meurice, situé au 228 rue de Rivoli dans le 1er arrondissement, que Dalí élit domicile. Au moins un mois par an, il vient s’y établir et occupe plusieurs suites : les espaces de vie et son atelier. La direction de l’hôtel le connaît bien et se plie à la moindre de ses requêtes exubérantes, comme de faire entrer un troupeau de moutons ou un cheval dans ses appartements. Familier des employés de l’hôtel, Dalí leur offrait souvent des lithographies signées pour Noël. Un grand nombre de photographies loufoques immortalisent l’artiste dans ce lieu devenu mythique.