Cet été j’ai testé le jeûne de 3 jours

Tout a débuté un samedi lors d’un café avec une amie. Celle-ci me lança qu’elle était en train de faire un jeûne tout en commandant son Perrier. Moi qui avait toujours été intriguée par ce challenge personnel, je lui fit répéter :  » Mais comment ça, un jeûne ? Tu te fais un petit jeune ?  » Après quelques explications, je rentre chez moi à la fois curieuse et dubitative. En effet, promulguant le plaisir de manger et de l’importance de se (re)connecter à son assiette, l’idée commence à germer dans ma tête.

 

LE JEÛNE : POURQUOI S’Y CONFRONTER

Thé, infusions
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La France, pays de la boustifaille par excellence est aux antipodes de la culture du jeûne. Alors que si l’on creuse un peu sur le net, on y déniche des informations pertinentes sur ses bienfaits. Déjà, vous pourrez apprendre qu’il existe différents jeûnes thérapeutiques et que certains pays d’Europe de l’Est le préconisent pour toutes sortes de problèmes de santé. Voilà que, de fil en aiguilles – pour ne pas dire d’articles en témoignages – j’en suis venue à avoir envie à mon tour de réaliser ce défi.

Oui, pourquoi ne pas tout simplement « essayer » au lieu d’en parler ? Qu’est-ce qui m’en empêche concrètement ? C’est quand même mieux d’expérimenter pour se faire une opinion, non ? Après, dans la notion « d’essayer » c’est toujours pareil, on accepte de prendre le risque d’échouer et pour moi il était inconcevable de faire un tel effort pour échouer. Pour me motiver, je fis un rapide sondage sur Instagram afin de voir si dans mon entourage d’autres personnes l’avaient déjà pratiqué. A ma grande surprise oui ! Et deuxième surprise : les retours furent pour la majorité masculins. Hasard ou non, je ne saurais l’expliquer mais dans tous les cas il y en avait, ce qui était plutôt rassurant. Et surtout, tout le monde en était revenu entier !

J’avais aussi envie de bousculer mes croyances bien ancrées concernant l’alimentation. Que celui qui n’a jamais entendu dire qu’il ne faut pas sauter le petit-déj’, qu’il faut manger 3 fois par jour, qu’un repas se compose d’une entrée, d’un plat et d’un dessert ou encore qu’il faut manger 5 fruits et légumes par jour lève le doigt. Pourtant, est-ce que vous pensez sérieusement qu’en Afrique ou en Amérique du Sud, ils mangent 5 fruits et légumes par jour ? Voyagez, vous saurez. Convaincue, je commençais à organiser mon jeûne.

En plus, avec un estomac qui gargouille toutes les trois heures, je ne voyais pas du tout comment mon corps allait supporter de ne pas être alimenté. Et pourtant, grâce à l’aide d’une préparation en amont… c’est possible. En effet, pour mieux supporter le fait de ne pas se nourrir durant trois jours, il est d’usage de faire ce que l’on appelle une descente alimentaire quelques jours auparavant. Le premier jour consiste à éliminer la viande et l’alcool, le second les laitages, le troisième les féculents. Tout cela pour arriver à se nourrir exclusivement de fruits et de légumes pendant 48 heures avant d’entamer le fameux jeûne. Motivée mais pas sereine, je réussis la descente sans difficulté mis à part celle de supprimer le café. Compliqué.

 

LE JEÛNE : 3 JOURS A RUDE EPREUVE

Tentation - Source : Unsplash
Tentation lors du jeûne – Source : Unsplash

 

Je choisis de réaliser mes 3 jours de jeûne à cheval sur un week-end et de ne pas me programmer  « une montagne » de choses à faire, m’imaginant déjà extrêmement faible au fond du lit en train de boire des litres d’eau, de tisanes ou de bouillons pour tenir – car oui j’avais l’impression d’être en partance pour l’Everest. Première erreur. Chez soi, avec un frigo dans la pièce d’à côté, c’est à mon sens la tentation absolue. Avec du recul, je conseillerai de sortir ou d’avoir prévu de quoi s’occuper car mon cerveau ne pensait qu’à manger. C’est par ailleurs très intéressant de prendre conscience à quel point notre esprit est configuré à manger. On n’a pas faim mais on a envie de manger ! Cela en devient quasi obsessionnel.

Après un premier jour « facile », le second m’a paru long. Des sensations de faim dans l’estomac commencèrent à pointer le bout de leur nez. Mais étrangement, pas d’envie particulière. Impossible de savoir ce que j’aurais aimer manger. Quelques signes de faiblesse commencèrent aussi à arriver. Moins d’attaque pour le troisième jour. A deux doigts de craquer pour être honnête. Je regardais sans cesse l’heure pour espérer voir le temps avancer et me suis même surprise plusieurs fois à tapoter des doigts comme si j’étais en manque. La seule chose qui me motivait était d’aller au bout de cette performance et il est vrai, les grammes en moins sur la balance. Pour tenir, j’essayais de me rappeler pourquoi j’étais en train de m’infliger ça.

Réaliser un jeûne de 3 jours c’est se confronter à soi mais surtout remettre son système immunitaire à zéro. « Ton corps te le rendra ». « Tu verras, après la crise d’acidose, tu te sentiras renaître » – J’avais hâte et peur à la fois de cette crise d’acidose à venir. Pour elle aussi, je lisais sur la Toile des avis très contrastés. Pour me tranquilliser, j’essayais de me dire qu’en tant que femme, je vivais déjà un jour très douloureux par mois. Effectivement, la crise est survenue sans trop de surprise au milieu du troisième – et dernier – jour. Celle-ci est indispensable à un jeûne réussi puisqu’elle annonce que la désintoxication du corps est en marche. C’est le moment où le taux d’acidité dans le sang augmente. Différente selon chaque individu, elle met le corps à rude épreuve. Vertiges, tremblements, maux de tête… Mais une fois passée, ça sent bon la fin du périple !

Enfin, ne pensez pas que vous en avez terminé, car une fois les trois jours passés sans manger, votre estomac ne vous permettra pas de reprendre votre rythme de croisière. Cela devra absolument se faire en douceur. Le mot « douceur » étant assez étranger de mon vocabulaire, j’ai décidé de n’en faire un peu qu’à ma tête. Et à tort ! Deuxième erreur. Le corps n’est pas une machine, il est sensible. Il faut donc bien faire attention à sa reprise alimentaire. Qui va piano va sano !

 

LE JEÛNE : CE QU’IL FAUT EN RETENIR

Verre d'eau avec carnet
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En bref, mon retour en quelques points :

  • Non le jeûne de 3 jours n’est pas insurmontable mais il faut être motivé car il n’en est pas moins difficile
  • Oui il est utile – au-delà de l’aspect « santé et détox » – de mettre son corps sur pause pour comprendre son fonctionnement
  • Oui les kilos perdus sont repris mais le but du jeûne est vraiment de remettre son système immunitaire à zéro, pas de perdre du poids
  • Oui au bout du tunnel on éprouve un certaine fierté comme pour tout défi accompli
  • Oui je suis davantage à l’écoute de mes sensations et certaines croyances se sont même envolées

Mon but final, qui était d’apprendre à déceler une sensation de faim, fut atteint. Tout comme celui de réapprendre à manger avec un réel plaisir gustatif. Depuis la remise à zéro des compteurs, mon rapport à l’alimentation a changé. Mon corps tire la sonnette d’alarme lorsque j’abuse un peu trop.

Alors si jamais, vous aussi l’envie d’entamer un jeûne vous prend, notez noir sur blanc les raisons de votre motivation, cela vous aidera à tenir bon.