COP 21 : l’art pour le dire

Au Bourget, jusqu’au 11 décembre, 195 États sont réunis pour trouver un accord international de lutte contre le réchauffement climatique. En parallèle, des installations artistiques fleurissent un peu partout dans Paris… Pendant que les États négocient, les artistes vont à la rencontre du public pour sensibiliser l’opinion aux enjeux environnementaux. Un parcours souvent spectaculaire.

Les enjeux de la COP 21

Cela fait des mois que l’on entend parler de la COP 21. On peut le comprendre : l’enjeu est de taille et l’événement, international, se déroule à Paris. En un mot, l’objectif de la COP 21 est que les 195 États membres des Nations Unies concluent un accord mondial de lutte contre le changement climatique qui permette de limiter le réchauffement climatique à + 2 °C d’ici la fin du XXIe siècle, au lieu des + 4 °C prévisibles. Sachant que des scientifiques ont déterminé qu’au-delà de + 2 °C la planète Terre franchirait le point de non-retour, on mesure la nécessité de conclure au plus vite un accord puis d’engager dans la foulée des actions qui visent à « décarboner » nos modes de vie.

EXIT 2008-2015 Vue de l’installation EXIT Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris © Diller Scofidio + Renfro, Mark Hansen, Laura Kurgan et Ben Rubin,en collaboration avec Robert Gerard Pietrusko et Stewart Smith Photo © Luc Boegly

Car s’entendre sur une résolution c’est bien, mais s’engager sur des promesses d’actions, c’est encore mieux ! Il s’agirait ni plus ni moins de viser le « zéro carbone » avant la fin du XXIe siècle. Pour rappel : le dioxyde de carbone est en partie responsable de l’effet de serre, à l’origine du réchauffement climatique. Ainsi s’agira-t-il petit à petit de construire une société « bas carbone ».

Celle-ci passera notamment par des innovations, voire une révolution, dans les domaines des transports et du bâtiment, et une limitation au maximum de nos consommations d’énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, etc.). En somme, dans la même logique, on peut s’attendre à un essor salutaire des énergies renouvelables. En France, dès cet été, la loi sur la transition énergétique a d’ores et déjà fixé des objectifs nationaux. Souhaitons que les 195 États parviennent à un accord le 11 décembre. 

 

ArtCOP 21 : les artistes prennent la parole

Pendant que les pays négocient au Bourget pour trouver un accord, à base de chiffres et d’engagements financiers précis, les citoyens sont tenus quelque peu à l’écart des tractations. Sauf si des artistes leur tendent la main, ou plutôt viennent à eux avec des œuvres, afin de susciter chez eux une sensibilité accrue aux questions sociétales, voire une culture du changement. Comme le dit Christopher Miles, du ministère de la Culture et de la Communication : « Les artistes, par leur sensibilité et leur conscience particulière, peuvent être médiateurs de cette perception de la fragilité de l’humanité et de la planète ».  

Ainsi, ArtCOP 21, l’agenda culturel Paris Climat 2015, propose un parcours artistique fait d’installations, de performances et d’ateliers participatifs autours des enjeux climatiques. Voici quelques « spots » spectaculaires.

 

L’Eau qui dort

L’Eau qui dort, installation de Michael Pinsky à la Villette © COAL

« Méfiez-vous de l’eau qui dort… » Michael Pinsky met en scène une quarantaine d’objets ou déchets récupérés dans le canal de l’Ourcq… Des chariots de supermarché et autres vélos dressés sur l’eau du canal, déjouant les lois de la gravitation terrestre. Magique ! Ici, l’œuvre poétique a pour première vertu d’effectuer un petit nettoyage du canal, puis elle agit en interpellant le passant : une invitation à s’interroger sur le fait de prendre les cours d’eau pour des poubelles et, au-delà, sur les conséquences entraînées par l’acte de jeter des objets dans la nature.

Jusqu’au 3 janvier. Canal de l’Ourcq, La Villette, quai de Loire 19e, face à la Géode. M° Porte de la Villette, Corentin Cariou.

 

 

Radical Action Reaction (RAR)

Installation Radical Action Reaction © Ackroyd & Harvey

Place au vert, en très grand. L’installation monumentale du duo Ackroyd & Harvey comprend une draperie d’herbe dévoilant un arbre majestueux, à l’instar des lourds rideaux de velours au théâtre qui s’ouvrent sur la scène. Il s’agit de sensibiliser sur le rôle prépondérant des arbres dans l’adaptation des villes au changement climatique. Après quoi, l’arbre symbolique intégrera l’Arboretum du Museum national d’Histoire naturelle. Rien ne se perd.

Du 3 au 7 décembre. Jardin des Plantes. 57, rue Cuvier 5e. M° Gare d’Austerlitz, Censier-Daubenton.

 

 

30 œuvres d’art au Centre Pompidou

Le Centre a imaginé un parcours COP 21 qui met en valeur la création artistique qui s’interroge sur le lien unissant l’homme à son environnement : de la nature idéalisée de Matisse aux paysages rêvés par les surréalistes, de la mise en scène de la société de consommation des années 1960 au land art, des problématiques architecturales aux questions d’urbanisation et de développement durable…

Jusqu’au 8 décembre. Centre national d’art et de culture Pompidou, Place Georges-Pompidou, 4e. M° Beaubourg.

 

 

Le Bureau des passeports universels Antartique

Bureau des passeports Antarctique © Lucy + Jorge Orta/ ADAGP, photo Bertrand Huet

La COP 21 est l’occasion de “renouveler son passeport”. Ce bureau des passeports est avant tout l’œuvre monumentale de Lucy & Jorge Orta, qui met en avant l’urgence d’une réflexion sur la place de l’humain dans un environnement et une société fragiles, l’Antarctique constituant un symbole de l’unification des citoyens universels. Chaque visiteur se voit délivrer un document souvenir et est invité à signer une charte d’engagement, notamment à Agir en faveur du développement durable par de simples gestes au quotidien et Partager les valeurs de paix et d’égalité. Après quoi, on pourra montrer ledit passeport et indiquer que l’on a quelque chose à déclarer !

Du 4 au 10 décembre. Grand Palais. 3, avenue du Général Eisenhower, 8e.

http://www.antarcticaworldpassport.com

 

 

Creative Awards By Saxoprint

© Jean-Philippe Bonnier

En parallèle d’un espace pédagogique, le WWF et l’imprimeur Saxoprint exposent les dix créations publicitaires primées lors de la première édition du concours Creative Awards by Saxoprint. Soit les meilleurs messages pour promouvoir la lutte contre le réchauffement climatique.

Du 1er au 11 décembre, stand C49 des espaces Générations climat au Bourget. RER Le Bourget ou M° Fort d’Aubervilliers + navettes

 

 

La Goélette Tara

Le bateau est un ambassadeur de l’Océan ! Il donne de la visibilité aux enjeux climatiques en lien avec la mer. Un espace éphémère de 600 m2 mettra en valeur la beauté de l’Océan, qu’il convient de préserver. Le pont de Tara sera ouvert au public le week-end.

Jusqu’au 18 décembre. Pont Alexandre III, à proximité du Grand Palais, 8e

 

 

Particle Falls

Particle Falls, installation d’Andréa Polli au Mona Bismarck American center© Jared Rendon-Trompak 

Juger de la qualité de l’air en temps réel, tel est l’objet de l’installation Particle Falls, une projection lumineuse interactive face à laquelle on prend conscience du taux de particules fines en suspension… Un projet, signé Andrea Polli, déjà présenté aux États-Unis, qui mêle représentation esthétique et données fondamentales sur l’environnement : une manière artistique de sensibiliser les citoyens.

Jusqu’au 13 décembre. De 18h à 22h. Projection sur la façade du Mona Bismarck American Center, 34, avenue de New York, 16e. M° Iéna.

 

 

Exit

EXIT 2008-2015, Vue de l’installation EXIT, Collection Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris © Diller Scofidio + Renfro, © Photo Luc Boegly

Exit est une installation vidéo immersive. À partir d’informations statistiques, elle donne à voir les migrations climatiques, économiques et politiques contemporaines. Sur une idée de Paul Virilio, cette cartographie dynamique est l’œuvre de Diller Scofidio + Renfro.

Jusqu’au 10 janvier. Tlj de 12h à minuit, sauf le mardi. Au Palais de Tokyo, 13, avenue du Président Wilson,  16e. M° Iéna.

 

 

Human Energy

L’événement est présenté comme la plus grande œuvre d’art participative jamais réalisée… Créée par l’artiste Yann TOMA, sur une scénographie de l’agence ARTEL, l’installation est une gigantesque batterie humaine située sous la tour Eiffel, un village auto-suffisant énergétiquement avec terrains de sport, de vélo et de danse, salles d’exposition et fablabs sur art, design et environnement alimenté par les participants donc. Chaque participant est invité à danser, pédaler, courir ou s’étirer, etc. pour alimenter le village et éclairer la Tour Eiffel. On peut aussi participer via l’application dédiée.

Du 5 au 12 décembre. À partir de 18 h. Tour Eiffel, 16e. M° Champs de Mars.

 

 

La Conférence des Parties créatives

Thierry Boutonnier, Éteindre l’eau, Performance, Centre d’art Le Lait, 2011, © Phoebe Meyer               

Sorte de QG des artistes et des intellectuels qui s’impliquent, la Gaité Lyrique accueille tous les jours des acteurs qui imaginent un monde « possible, positif et durable ». Ce sommet parallèle vise une autre réponse aux défis climatiques et se traduira par la rédaction d’un manifeste teinté de sensibilité artistique.   

Jusqu’au 11 décembre. La Gaité Lyrique, 3 bis, rue Papin, 3e. De 15h à 18h.

 

Liens utiles :

Pour comprendre les enjeux de la COP 21 : www.cop21.gouv.fr/comprendre/

L’agenda culturel Paris Climat 2015  www.artcop21.com/fr

La Gaité Lyrique, QG de la culture lors de la COP 21 : gaite-lyrique.net