Coupe du Monde de Rugby 2015 : Planète Ovale

Du 18 septembre au 31 octobre, le gratin du rugby mondial va s’affronter en Angleterre et au Pays de Galles à l’occasion de la 8e Coupe du monde. Une aubaine pour les supporters français qui, pour suivre les matchs des équipes engagées, n’auront pas à se lever à 3 h, 4 h 30 ou 7 h comme lors de l’édition précédente de 2011 en Nouvelle-Zélande.

Retour « en arrière »

On doit, selon la légende, la paternité de ce sport à un élève du collège de Rugby, petit village d’Angleterre, qui aurait, au cours d’une partie de football en 1823, pris le ballon à la main au mépris des règles, et couru vers la ligne adverse pour marquer. Son nom, William Webb Ellis. L’histoire s’arrête là car personne n’est sûr de rien, mais une plaque commémorative fut apposée dans ce collège, un siècle plus tard, pour rendre hommage à celui que l’on estime être l’inventeur des bases du rugby. Ce ballon qui ne tourne pas rond fait son apparition en France en 1870 grâce à d’anciens élèves d’Oxford et de Cambridge venus travailler dans des entreprises de négoce au Havre. Deux ans plus tard, le HAC (Havre athletic club rugby) voit le jour, mais il faudra patienter jusqu’en 1892 pour assister à la finale du premier Championnat de France. Victoire du Racing face au Stade Français (4 à 3). L’idée d’une compétition qui regrouperait les nations de l’hémisphère Nord et Sud remonterait à 1947, mais la proposition fut jugée farfelue par les instances internationales de l’époque. Il faut attendre les années 80 pour que l’idée fasse son chemin, certaines nations ayant peur à l’époque qu’une compétition d’envergure mondiale signe la fin de l’amateurisme de ce sport. Elles n’ont pas eu tort ! L’IRB (International Rugby Board créé en 1886) finit par donner son accord pour que la première Coupe du monde se déroule conjointement en Nouvelle-Zélande et en Australie, en 1987. Depuis, cet événement est organisé tous les quatre ans. 2015 verra donc la huitième Coupe du monde se dérouler en Angleterre et au Pays de Galles après la Nouvelle-Zélande (1987 et 2011), l’Angleterre (1991), l’Afrique du Sud (1995), le Pays de Galles (1999), l’Australie (2003) et la France (2007). Quant à la coupe du monde 2019, elle a été promise au Japon.

Un trophée qui nous échappe

Finaliste en 1987 pour la première édition face à la Nouvelle-Zélande (29-9) puis en 1999 face aux Australiens (35-12) et enfin en 2011, une fois encore, face à la Nouvelle-Zélande (8-7), la France n’a jamais soulevé le trophée Webb Ellis. D’ailleurs, depuis sa création en 1987, ce trophée n’a été remporté qu’une seule fois par une équipe de l’hémisphère Nord, soit l’Angleterre en 2003. 2015 sera-t-elle l’année du XV Tricolore ? Tout le monde le souhaite, mais rien n’est moins sûr car la France, aux yeux des spécialistes et d’anciennes gloires de ce sport, est loin d’être favorite. Son classement à l’IRB arrêté le 31 août dernier, 7e, ne plaide pas en sa faveur. Les amateurs y croient sans y croire, passant une partie de leur temps à railler les choix du sélectionneur, Philippe Saint-André. Quant à la presse, elle n’est pas tendre avec le XV de France. Toutefois, souvenons-nous : en 2011, supporters et journalistes décriaient les choix du sélectionneur Marc Lièvremont. Pourtant, il hissa finalement, un peu à la surprise générale, les Bleus en finale, perdue de peu devant un public et un arbitre acquis à la cause du pays organisateur, la Nouvelle-Zélande.

FFR (C) Isabelle PICAREL

Bien évidemment, les favoris ne sont pas l’Uruguay, la Namibie ou la Géorgie qui ont arraché leur billet après d’éprouvantes qualifications pendant plus de trois ans. C’est d’ailleurs tout le paradoxe des instances internationales qui souhaiteraient que ce sport se démocratise dans le monde, mais qui ne facilitent pas la tâche des pays émergents en les obligeant à passer par des phases de qualifications totalement ubuesques. En attendant, sauf surprise de taille, le trophée devrait être brandi par les favoris que sont l’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Irlande ou l’Angleterre. La France devrait logiquement sortir de sa poule car on voit mal l’Italie, le Canada ou la Roumanie la battre. Il y aura cependant une finale avant l’heure, le match de poule face à l’Irlande. Si la France bat le XV du Trèfle et termine première de son groupe, elle affrontera le deuxième du groupe C – à savoir, en toute logique, l’Argentine ou les Tonga. Si, en revanche, les Français s’inclinaient face aux Irlandais, ils finiraient deuxièmes et trouveraient sur leur route le premier de la poule C, en toute vraisemblance, la Nouvelle-Zélande. Un remake du quart de finale de 2007 remporté à la surprise générale par les Français qui malheureusement s’étaient inclinés quelques jours plus tard sur la pelouse du Stade de France face à l’Angleterre.

Un week-end à Londres ou à Cardiff ?

Si les organisateurs espèrent battre le record d’entrées de 2,2 millions réalisé lors de la Coupe du monde 2007 en France, il restait malgré tout en août des places pour les matchs de l’équipe de France face à l’Italie à Twickenham le 19 septembre, face à la Roumanie au Stade Olympique de Londres le 23 septembre et, enfin, face au Canada au MK Stadium à Milton Keynes le jeudi 1er octobre. Il faut tout de même débourser entre 100 et 300 € auxquels s’ajoutent le billet de train ou d’avion et éventuellement une chambre d’hôtel. En revanche, pour la suite de la compétition, oubliez vos envies de week-end en Angleterre, toutes les places ont été vendues. Restent les sites de revente, mais il faudra casser votre tirelire pour vous offrir le précieux sésame. Solution de repli, un pub à Paris, une pinte, un grand écran et des supporters.