Drouot, un soir, une histoire

Une fois par mois, l’hôtel des ventes de Drouot met en lumière le monde de l’art et des enchères, en proposant des visites guidées en compagnie d’étudiants aux métiers d’art dans une ambiance décontractée et conviviale. Une expérience passionnante qui permet à tout le monde de venir découvrir l’atmosphère qui règne dans cette institution parisienne.

Un soir, une histoire, c’est le pari que s’est lancé Drouot pour rendre la culture de l’art accessible au plus grand nombre.  En poussant la porte de cette célèbre maison de ventes, on embarque alors pour  une visite guidée  en compagnie de futurs commissaires-priseurs. Et après quelques minutes de présentation sur l’histoire et les particularités de cet Hôtel, c’est parti pour un tour des salles. On se dirige ainsi  pour commencer vers une pièce regorgeant de mobilier dans laquelle se trouve un radiateur en verre issu des usines de Saint-Gobain. Les  guides présents ce soir-là décident de s’arrêter sur cet objet, tant pour son histoire que pour la touche de design qu’il pourrait apporter à une décoration d’appartement. Partant alors d’un simple radiateur, la conversation dérive sur la galerie des glaces de Versailles, elle-même réalisée par ladite entreprise, anciennement appelée La Manufacture royale de glaces de miroirs et créée en 1665 sous le règne de Louis XIV, afin que la France soit moins  dépendante des productions de verre vénitiennes. 


Salle de vente Drouot © DR

Une plongée dans l’histoire enrichissante, qui ne manque pas d’alimenter les discussions. Car ici, rien n’est pompeux ni formel ;  la visite se déroule dans un climat détendu, nul besoin d’être un expert pour oser prendre la parole. La curiosité poussera d’ailleurs de nombreux visiteurs à jeter un coup d’œil sur la table basse se trouvant juste à côté du radiateur. Une table Mushroom dans le style du designer français Pierre Paulin qui fait glisser la conversation sur les goûts décoratifs de François Mitterrand et Georges Pompidou, ayant tous deux faits appel au célèbre créateur pour l’aménagement de l’Elysée ; une façon alors, de mettre en avant l’excellence française tout en insufflant  une touche de design et de modernité au sein du palais présidentiel.  De quoi témoigner de la richesse des objets qu’on retrouve ici.  Malheureusement, il faudra revenir pour avoir plus d’explications, car les œuvres d’art et les pièces de mobilier fourmillent, ce qui laisse peu de temps pour digresser sur chacun d’eux. 
La visite se poursuit donc par un jeu de questions-réponses devant une armoire murale estimée à plusieurs milliers d’euros, designée par le père d’un célèbre créateur de voitures de luxe italiennes. Ferrari, Lamborghini, Maserati… tout y passe avant qu’enfin une personne s’exclame « Bugatti ». Bingo ! Chacun  propose alors  son analyse sur la signification des détails de l’armoire, avant que les futurs commissaires-priseurs prennent la parole de manière plus tranchée pour indiquer les influences de cet objet de style antique datant des années 1900, en laissant toutefois aux visiteurs leur part de subjectivité. 


Des visites porteuses de rêve
 


Tapisserie d’Aubusson  »Le char de Cérès »© DR

Les différences de point de vue s’expriment d’ailleurs tout particulièrement lors de la présentation de tapisseries de la célèbre manufacture d’Aubusson. Certains y voient une alternative économique à la peinture tandis que d’autres n’imaginent absolument pas que  de telles pièces puissent recouvrir les murs de leur salon. Peu importe, un souffle de magie émane de ces tapisseries surtout quand on sait qu’elles ont pu décorer de prestigieux châteaux et que la tapisserie d’Aubusson est classée au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Après avoir découvert quelques trésors de Drouot et entraînés par les coups de marteaux qui résonnent encore dans l’Hôtel, certains chineurs d’un soir commencent à rêver à l’acquisition de pièces coup de cœur. Il faudra toutefois venir les poches pleines car à Drouot, les prix peuvent fréquemment prendre le large. 
A cela, il existe une alternative. Direction les salles de vente de Drouot Montmartre, où l’on peut chiner du mobilier inspiré de célèbres designers à moindre coût. À raison d’une ou deux fois par semaine, curieux et amateurs pourront peut-être s’offrir une pièce de caractère à défaut de pouvoir enchérir sur les tableaux des grands maitres de la peinture. 
 
Un soir une histoire, de 18 h à 21 h, tous les 3e jeudis du mois à l’Hôtel Drouot, 9 Rue Drouot, 9ème. M° Richelieu-Drouot. Entrée libre. Drouot Montmartre, 21 Rue d’Oran, 18eme. M° Marcadet-Poissonniers. www.drouot.com