Du neuf, du bon et du beau dans la rue de Bourgogne

Longtemps endormie, peuplée presque exclusivement de galeries d’art, de cabinets de décorateurs et de politiques en semaine, la rue de Bourgogne, dans le 7e, sort de son sommeil. Une nouvelle génération d’enseignes – bar, épiceries fines, et bientôt supérette bio – débarque, et une trentaine de commerçants se sont réunis pour redonner vie au quartier. Voici nos coups de cœur.

Épicerie fine

Jeune homme

Une épicerie fine présentée comme dans un salon d’homme. Moderne dans le genre, esprit contemporain et lignes japonisantes. Eduqué au bon goût depuis des lustres – son grand-père s’appelle Gaston Lenôtre –, Nicolas Fortchantre mise sur l’esprit producteur. Celui découvert en famille comme traiteur, et dégoté aux quatre coins du monde. Dans la bibliothèque de la maison, entre livres de cuisine et de philosophie, Jeune homme expose quelques perles importées du Japon, des gâteaux apéritifs au charbon ou l’ail noir de Aomori, parfait pour cuisiner les gambas, nous dit Nicolas. Sur les étagères, de belles références : la Maison Barthouil en premier, pour le saumon fumé ou le caviar, l’huile d’olive de Calanquet à Saint-Rémy-de-Provence, pour laquelle on traverse Paris, des confitures à goûter dans des encriers, ou même du pop-corn british au vrai camembert qui a nourri tout le quartier et quelques députés de l’Assemblée. Au rayon boissons, la sélection de champagnes, courte mais divine, propose le Leclerc-Briant, une belle trouvaille qui fait tout le dîner. On conseille aussi une boisson aux cinq légumes et fruits, miraculeusement addictive (demander Yumi). Les truffes, le corail d’oursin, le balsamique sicilien de Leonardi font rêver, la saucisse sèche de bœuf relève le niveau d’un apéro, et l’on peut même venir chercher au déjeuner le bento du très bon japonais Kura (dans le 16e). Brillant, le Jeune homme !

17, rue de Bourgogne, 7e. www.epiceriejeunehomme.fr Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 20 h.


 

Beaux coquillages

Thomas Boog

Né en montagne, mais attiré par la mer depuis son enfance, Thomas Boog crée depuis vingt ans objets et mobilier réalisés à partir de… coquillages. L’idée pourrait paraître ringarde, rappeler aux mères de famille les pires cadeaux de leurs chérubins, mais le projet du créateur est tout autre. Influencé autant par le baroque que par le style XVIIIe, par le contemporain aussi, Thomas Boog s’amuse des formes de coquillages pour composer consoles et paravents en marqueterie de couteaux, lampes aux pieds nacrés, cadres et miroirs bardés des plus beaux coquillages ramenés des mers de France, de Thaïlande ou des Philippines. Clou de la collection, la série de masques façon Arcimboldo, ludiques et créatifs. Pour comprendre le travail de Thomas Boog, se rendre aussi au Royal Monceau. Après un long couloir entièrement recouvert de galets japonais, le créateur s’est occupé du décor du restaurant sicilien, Il Carpaccio, en osant ormeaux, bénitiers, casques, cônes et autres porcelaines, des murs jusqu’au lustre. À partir du mois de mars, il devrait transformer une partie de sa boutique en atelier où l’on pourra apprendre la poésie des coquillages.

52, rue de Bourgogne, 7e. Tél. : 01 43 17 30 03. Du lundi au vendredi de 11 h à 19 h.


 

Épicerie de producteurs

Papa Sapiens