Évasion : « 2 jours pour vivre », la newsletter timbrée d’une aventurière parisienne

Amélie Deloffre a la trentaine. Elle vit et a grandi en banlieue parisienne. Depuis plusieurs années, cette entrepreneuse raconte l’aventure avec un grand A, celle qu’elle vit près d’un weekend sur deux, ici ou là sur les chemins de France. À travers sa newsletter, 2 jours pour vivre et un livre du même nom, la jeune femme nous donne les clés pour devenir de vrais aventuriers du dimanche (et du samedi aussi, parce que sinon ça fait court).

Peux-tu détailler le concept de 2 jours pour vivre ?

2 jours pour vivre, ce sont des récits d’aventure bien de chez nous, sans filtre et sans 4G. Sans filtre parce que je m’attache à proposer une écriture un peu différente. Le journalisme c’est bien, mais un peu trop factuel pour ce que je voulais proposer. Moi j’avais envie d’y mettre de l’humain, des galères, rendre ça un peu plus poétique.

Dans ma newsletter et mon livre, je raconte mes périples que je réalise sur deux ou trois jours. Une façon de montrer aux citadins que même depuis Paris, on peut partir régulièrement à l’aventure.

J’essaye d’emmener mes lecteurs un peu partout en France, à vélo ou à pied et dans des destinations toujours accessibles financièrement. Par exemple, un weekend à cheval c’est super, mais c’est 500 euros, je vais peut-être proposer ça une fois, mais pas plus. En revanche, une rando en Auvergne ou dans le Cotentin peuvent vous couper le souffle.

2 jours pour vivre, éd. Gallimard Voyage ©Amélie Deloffre

Qu’est-ce qui fait que les gens rêvent d’aventure aujourd’hui ?

J’ai senti que les gens étaient en manque de nature et souffraient de l’hyperconnexion. Ils ont envie d’autre chose, en témoigne le succès d’aventuriers comme Sylvain Tesson ou Mike Horn. Moi je lisais leurs livres quand j’avais 18 ans. Aujourd’hui, ce sont des superstars et tout le monde a envie de découvrir leurs récits. Avec 2 jours pour vivre, l’idée c’était de faire en sorte que les gens arrêtent de rêver d’aventure et qu’ils passent à l’action. Parce que c’est quand même vachement plus sympa de vivre l’aventure que de se contenter de la lire !

Au départ, tu proposais une newsletter bimensuelle dans laquelle tu partageais tes micro-aventures facilement accessibles depuis Paris. Aujourd’hui, tu as décidé de dire adieu au numérique pour proposer des lettres postales. Tu peux nous en dire plus ?

Timbrées, c’est le nom de cette nouvelle newsletter qui va remplacer celle que mes abonnés recevaient dans leur boite mail. J’ai vraiment envie d’être engagée dans une déconnexion, complètement aligné avec ce que je prône. Je pense qu’on a besoin d’aller à rebours en matière de technologie. C’est une façon de prendre le contre-pied des réseaux sociaux, même si j’admets qu’ils apportent beaucoup en termes de solidarité et de connexion aux autres… Pour 35 euros par an, les abonnés recevront un courrier tous les deux mois dans leur boîte aux lettres (ndlr : celle du rez-de-chaussée précise-t-elle sur son site). 

L’Islande ? Non, la pampa auvergnate. ©Amélie Deloffre

Est-ce qu’on peut revenir rapidement sur le titre de ton site : 2 minutes pour vivre. C’est pas un peu triste ? On fait quoi les cinq autres jours ?

Ouais, je sais c’est hyper anxiogène ! Non, en fait ça veut dire : deux jours pour vivre pleinement, intensément. Sans obligations, sans la routine… Deux jours pour vivre à fond, selon tes envies et en sortant un peu de ta zone de confort. 

Toi qui aimes l’aventure, la nature et les grands espaces, qu’est-ce qui te retient à Paris ?

Très bonne question ! C’est quelque chose qui m’a longtemps tiraillée, mais aujourd’hui je suis en accord avec ça. Mon ancrage affectif est plus important que mon ancrage géographique. Je suis entrepreneur, je suis donc connectée avec plein de gens qui fourmillent de projets, qui ont la trentaine et sont comme moi, célibataires et sans enfants. C’est auprès d’eux que je me sens bien. J’adore cette effervescence. J’ai le sentiment que j’ai un rôle à jouer en ville, mais ça changera peut-être un jour.

Vivre l’aventure, c’est bien beau, mais ça doit faire mal au compte en banque à la longue…

Non, pas du tout. Je ne dis pas qu’il faut partir tous les week-ends, ou alors il faut vraiment rester près de chez soi. Moi je prône plutôt la déconnexion, respirer l’air de la montagne, se faire fouetter le visage sur un sentier du littoral… Le plus gros budget à ce moment-là, c’est le train, mais en s’y prenant bien à l’avance on peut s’en tirer pour 100 euros aller/retour.

Pour le reste, tu mets ton vélo dans le train, tu manges simple et local, tu fais du camping sauvage, tu dors en refuge ou tu partages un Airbnb avec des potes. J’ai passé les quinze dernières années à faire ça et je n’aurais pas pu le faire si ça coûtait cher ! J’ai par exemple pris goût au vantrip récemment. J’opte pour la version lowcost en louant un utilitaire sur Drivy, je glisse un matelas à l’arrière et je suis prête pour l’aventure !

Le Tarn à vau-l’eau. ©Amélie Deloffre

L’aventure, c’est mieux en solo, à deux, à trois, à quatre ou plus ?

Je suis une grande solitaire, mais j’avoue qu’aujourd’hui je préfère partir avec des amis. L’aventure, selon moi, est faite pour être partagée. C’est plus joyeux, plus dynamique à plusieurs. Je pense néanmoins qu’il est important de se tester et d’évaluer ses limites en partant en solo de temps en temps. 

C’est quoi la recette d’une bonne aventure ?

Il y a mille critères pour une aventure incroyable. Ça peut tenir à la beauté des paysages, à l’intensité des rencontres que tu fais, à la bonne surprise en découvrant un lieu inattendu. Ton aventure la plus mémorable peut s’avérer très banale d’un point de vue extérieur. Il y a plein d’ingrédients pour faire une bonne aventure : la nature, la beauté, les amis, les rencontres…

Si tu devais choisir un mode de transport, ce serait lequel ?

Pour partir à l’aventure, c’est le train de nuit sans hésitation. J’adore ça et je défends ce mode de transport qui est aujourd’hui menacé. C’est vraiment une ambiance particulière et assez magique. Autrement, au cœur de l’aventure en elle-même, j’adore le vélo parce que ça offre quantité de possibilité et que ça va à la bonne allure. Tu ne galères pas à porter ton sac à dos, tu vas à ton rythme et tu peux voir beaucoup plus de choses qu’en marchant, tout en étant en contact direct avec la nature.

Bivouac avec vue. ©Amélie Deloffre

Est-ce que tu as des conseils pour nos lecteurs qui voudraient tenter le camping sauvage mais qui ont peur de se faire griller ?

Il faut désobéir ! Effectivement, il y a une règle qui dit qu’on ne peut pas camper n’importe où. Moi ça fait 15 ans que je fais ça et je n’ai jamais eu de problème. Désobéir avec respect et bon sens, on a le droit. Première règle, on ne laisse rien derrière soi. Deuxième règle, quand on peut demander l’autorisation au propriétaire des lieux, on le fait. Vous serez surpris de la bienveillance des gens et vous finirez peut-être même par vous faire inviter à dîner ! Troisième recommandation : misez tout sur la vue. Il n’y a rien de tel que de se réveiller avec un lever de soleil au bord de l’eau.

Enfin, n’ayez pas peur des bruits. Ça m’a pris beaucoup de temps avant de me sentir complètement à l’aise pour dormir dans la nature. Tu ne peux pas être “fluent” en aventure et te sentir bien d’emblée. Ça demande de l’expérience. Quand on entend un renard dans les buissons, on pense automatiquement qu’on va mourir, mais en vérité ça n’arrive jamais ! Tout est une question de pratique et d’expérience. Par essence, l’aventure te sort de ta zone de confort. Il faut être en accord avec cela.

Pour plus d’information sur 2 jours pour vivre, rendez-vous sur le site ou en librairie.

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