Galerie Mathias Coullaud

Les allures de dandy moderne de Mathias Coullaud lui viennent en partie d’une famille de « grands bourgeois de province » dont il a hérité sa passion pour la culture, qu’elle soit bibliophile, ou, comme chez son père collectionneur, picturale.

A 40 ans, cet élégant aussi fasciné par les polyphonies médiévales que par les années Palace (autour desquelles il prépare d’ailleurs une grande exposition pour 2018 dans une institution parisienne), prend les rennes de sa galerie, jusqu’ici partagée avec une associée. Il l’enchante aussitôt de projets nés des amitiés prolifiques qu’il sait si bien former : ces jours-ci, dans une délicieuse scénographie pop inspirée du studio de Malick Sidibé, une exposition de photos de celui-ci, grâce à l’aide du commissaire André Magnin, spécialiste d’art africain devenu un proche ami. Christophe Langlitz, qui a longtemps dirigé l’influente galerie Mitterrand (Niki de Saint Phalle, les Lalanne), supervise pour lui, en mars prochain, une exposition du jeune peintre Gregory Forstner.

Il a aussi conçu avec Dominique Païni, ancien du Centre Pompidou et de la Fondation Maeght une exposition sur « l’influence, consciente ou non, de Cocteau sur l’art contemporain ». Les artistes que représente Mathias Coullaud sont un peu comme lui : « cultivés, n’hésitant pas à s’adosser à une tradition artistique pour la rendre contemporaine », et souvent très sombres, âpres. Ainsi de Sofi Brazzeal, jeune dessinatrice américaine dont les œuvres, sexuellement explicites, seront exposées en janvier, à Steven Cohen, performeur sud-africain culte se battant pour les minorités avec des mise en scènes de son propre corps mi-burlesques mi-hardcore. « L’humour noir me fait rire », justifie Mathias Coullaud, qui en esthète impliqué, transforme sa galerie presque à la manière d’un décor de théâtre adapté à chaque show.

Un spectacle, qui ne fait que commencer.