Harcèlement de rue : guide de survie

On a beau aimer Paris de tout son cœur, il faut admettre que son côté “jungle urbaine” peut devenir épuisant. Surtout quand la proie… c’est vous ! Telle une gazelle, la Parisienne apprend vite qu’elle doit toujours rester en mouvement pour ne pas devenir une cible de choix. Du gros lourd à l’agresseur en passant par le harceleur, chaque jour, c’est un terrain miné qu’elle doit traverser pour aller d’un point A à un point B. Baisser les yeux ou tenir tête ? On vous a concocté un petit guide de survie pour vous dépatouiller de ce bourbier.

 

harcèlement de rue, tag, jolie
Ni ta gazelle, ni ta *** ni ta *** – via Flickr – Urban Isthmus

 

Dans un monde utopique, une femme pourrait rentrer chez elle avec le dernier métro, monter dans une rame vide, quelle que soit sa tenue. Elle ne mettrait pas forcément ses écouteurs pour dissuader quiconque de l’approcher et arriverait à bon port sans s’être posée la moindre question. Aujourd’hui évidemment, une femme peut faire ces choses-là (démocratie oblige), mais elle sera rarement sereine, tant le pourcentage de chances qu’elle se fasse accoster/harceler en route est alarmant. Rappelons que 100% des femmes affirment avoir déjà été harcelées dans les transports en commun. Alors, en quittant la maison, elle pensera sans doute à enfiler un pantalon, des baskets pour être plus mobile, à s’isoler avec sa musique, à baisser le regard pour être certaine de ne pas attirer l’attention sur elle. Banal mais pas normal.

En attendant que le monde cesse de marcher sur la tête et que les femmes ne soient plus traitées comme du bétail, c’est à elles d’apprendre à se défendre et à gérer ces situations. Dans cette optique, depuis plusieurs années se développent des cours d’autodéfense féministes mettant l’accent sur les paroles et les gestes à adopter pour désamorcer des situations de harcèlement. Il n’y a pas de recette miracle, mais il y a beaucoup à apprendre de leurs enseignements.

 

Auto-défense, Paris, Gymnase
Tous les lundis, Francesca enseigne l’auto-défense à un groupe de femme. Photo via la Maison des Femmes

 

1/ Reprendre confiance en soi

En marchant la tête haute, les épaules ouvertes et en cessant de regarder ses pieds, on sort de l’image de victime idéale et l’on devient une proie moins facile à cibler.

 

2/ Dire non fermement

Une insulte ou une proposition déplacée peut survenir aussi bien dans un lieu public bondé que dans un espace plus isolé. Dans les deux cas, il ne faut pas hésiter à dire non fermement, quitte à attirer l’attention des personnes alentours.

 

3/ Contact physique

Avec le contact physique, on franchi un cap. Qu’il s’agisse d’une main aux fesses, posée sur la cuisse ou d’une simple tape sur l’épaule pour attirer votre attention, vous avez le droit/devoir d’exprimer votre désaccord dès lors que la situation vous met mal à l’aise. Pour cela, décrivez la scène objectivement à haute voix, exemple : “vous venez de me toucher le dos”. Expliquez quelle émotion cela vous inspire, “ça me met mal à l’aise/m’énerve/me dégoûte”. Enfin, ordonnez à la personne de cesser immédiatement. Si après ça vos voisins de RER continue à faire semblant qu’ils n’ont rien vu !

 

4/ Inscrivez-vous à un cours d’autodéfense 

Indispensable pour apprendre les gestes utiles en cas d’agression. Si vous avez en réalité peu de chances d’avoir à vous en servir un jour, le fait de les connaître et de les maîtriser devrait vous redonner confiance dans votre capacité à réagir en pareille situation.

En parlant des voisins de RER passifs, l’association Hollaback, qui vise à contrer le harcèlement de rue, a élaboré à leur attention un process clé en main pour intervenir : le système des 5 D (direct, distraire, déléguer, soutenir et documenter). Food for thoughts.

Si vous souhaitez assister à un atelier d’autodéfense féminin, l’association Loreleï organise chaque mois des stages d’autodéfense de deux jours. Pour vous inscrire, c’est par ici. La Maison des Femmes propose également une formation à l’autodéfense tous les lundis de 18h à 19h30 à la salle de sport Bercy dans le 12e