J’ai testé pour vous une visite féministe de Paris

Depuis un an, Julie et Cécile proposent des visites féministes de Paris. « C’est quoi une visite féministe ? » nous demanderez-vous à juste titre. Pour les deux co-fondatrices de Feminists of Paris, partager l’histoire de la capitale à travers le prisme du féminisme, c’est le moyen de redonner une place aux femmes qui ont fait et qui font aujourd’hui encore Paris.  C’est aussi le moyen de parler de féminisme de façon ludique et décomplexée. Que vous soyez militant, sensibilisé à la cause ou non, les curieux et curieuses que vous êtes y trouveront forcément leur compte. Pour vous faire une idée, nous vous embarquons en face de l’île de la Cité pour une virée à la rencontre des  femmes révoltées de Paris !

Une visite féministe à Paris

 

visite féministe
Sur la façade de l’Hôtel de Ville les seules statues de femmes sont décoratives. ©MSDC

Féministes et alliés

Samedi après-midi entre une manifestation de gilets jaunes et les clameurs de la techno parade, nous rejoignons un groupe un peu particulier au pied de la fontaine du Châtelet. Ils sont tous venus écouter Julie raconter l’histoire du quartier à travers les grandes femmes qui, d’hier à aujourd’hui, l’ont marquée. Il y a des hommes et des femmes, ils ont entre 16 et 70 ans. Certaines sont des militantes de la première heure à l’instar de Claudine Monteil, une des plus jeunes militantes du MLF (Mouvement de Libération de la Femme) dans les années 1970. Elle se réjouit de voir que le combat mobilise toujours. « Après 51 ans de militantisme, c’est la plus belle récompense de voir la jeune génération prendre le flambeau. Rien n’est jamais acquis et comme me l’a dit un jour Simone de Beauvoir : il suffira d’une crise économique, politique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en cause. Votre vie durant, vous devrez être vigilantes. » 

Max, lui, est au lycée et a grandi dans une famille de femmes, « alors, forcément, j’ai une considération différente pour les femmes, je pense. En tout cas je le vois au lycée, les autres garçons n’ont pas vraiment le même rapport aux femmes que moi » confie-t-il. Il est venu suivre Julie avec sa mère, gynécologue, ses deux sœurs et son beau-frère qui, quand on lui demande s’il est féministe, s’interroge sur la possibilité pour un homme de se revendiquer comme tel, préférant se décrire comme un allié.

Le ton est rapidement donné, il ne s’agit pas d’un cours magistral, chacun est invité à s’exprimer, donner son avis, poser des questions ou partager une anecdote. Les présentations sont faites, c’est parti pour deux heures de déambulation culturelle, de la Place du Châtelet à l’Hôtel de Ville en passant par Beaubourg, la fontaine Stravinsky et la rue de Rivoli.

Déambulation engagée

Au gré des arrêts, on part à la rencontre d’Emilie du Châtelet, malheureusement plus connue pour avoir été la compagne de Voltaire que pour ses travaux scientifiques remarquables. On croise la route de la vibrante Sarah Bernardt, une comédienne hors-norme qui a marqué les XIXe et XXe siècles en jouant, entre autres, des rôles d’hommes. On se penche sur le destin de ces femmes emprisonnées à la Conciergerie au lendemain de la Révolution. On traque les hommages à Louise Michel à tous les coins de rue. On bifurque vers Beaubourg à la rencontre de Niki de Saint Phalle et Josephine Baker…

Vous l’avez compris, cette visite est l’occasion de rendre un hommage aux femmes trop souvent oubliées dans les livres d’histoire. Entre anecdotes, découvertes architecturales et chasse au street art, on lève à nouveau les yeux sur la ville et on lève le voile sur une partie occultée de l’histoire : celle de la puissance et de la richesse du patrimoine des femmes. Julie se réjouit de pouvoir partager sa passion avec le public : « Le mouvement #Metoo nous a permis de gagner une nouvelle légitimité. Il y a beaucoup de stéréotypes autour des féministes et du féminisme. On entend souvent qu’elles sont extrêmement radicales, on les traite de « féminazies », on dit qu’elles sont hystériques, qu’elles détestent les hommes, qu’elles sont sales… C’est tous ces préjugés qu’on essaye de déconstruire à travers nos visites. »

Signe du succès de ces visites féministes de Paris, cinq parcours sont déjà proposés, avec des visites en français et en anglais et trois nouveaux parcours devraient voir le jour d’ici peu, l’un dans un nouveau musée parisien et deux autres à Lyon et Bordeaux.

Pour l’heure, Feminists of Paris propose cinq visites commentées :

  • Louvre et féminisme
  • Street art et féminisme à la Butte aux Cailles
  • La chasse aux sorcières dans le quartier du Panthéon
  • La libération sexuelle contée par des féministes hystériques à Pigalle
  • Les femmes révoltées à Châtelet

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de Feminist of Paris.

 

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