La rue Trousseau joue la discrète dans l’ombre de Bastille

Dissimulée entre la rue de Charonne et le faubourg Saint-Antoine, cette petite rue tout en retenue a tout pour plaire. Visite fureteuse et découvreuse. Suivez-nous !

Proche de l’agitation touristique de Bastille, du fourmillement du faubourg, de la frénésie du marché d’Aligre mais aussi du très élégant et serein square qui partage son nom, la rue Trousseau est au cœur d’un Paris à la fois chic et populaire. Fief frondeur de la Révolution puis des rébellions anti-bonapartistes au XVIIIe siècle, le faubourg et ses environs ont gardé de ces grandes heures de l’histoire une image vaguement rebelle et avant-gardiste.

Hipsters en chemise de bucheron, commerçants, maraîchers gouailleurs, bobos, touristes, et autres oiseaux parisiens se croisent et souvent se mélangent dans les rues de ce quartier devenu branché mais qui n’en a pas pour autant perdu son âme. Il suffit pour s’en convaincre de visiter les innombrables ateliers et anciennes manufactures nichés dans les cours pavées, derrière les portes cochères. Là, travaillèrent, et travaillent encore pour beaucoup, ébénistes, tapissiers, menuisiers ou cordonniers, tradition instituée à l’époque où le faubourg était le centre de l’artisanat du meuble parisien.

Et comme pour rénover un meuble, il faut, pour découvrir la rue Trousseau, commencer par gratter le vernis. Un jardin collectif, une école, de petits restos de quartier et une ou deux boutiques, à première vue pas de quoi s’y attarder. Ce serait une erreur. Adresses uniques et coups de cœur s’alignent dans cette rue qui gagne à être connue.