Le Cru et le Cuit

Voilà presque quarante ans que la sculptrice Monique Sidelsky reçoit dans son petit atelier près de la place Monge. Une telle longévité – chose plutôt rare pour un atelier de formation artistique dans la capitale – peut s’expliquer par la passion et l’investissement personnel dont témoigne sa fondatrice pour son métier, associé à sa vision singulière de l’enseignement.

« J’ai ouvert Le Cru et le Cuit alors que je revenais de l’étranger, raconte-t-elle. J’avais vécu en Nouvelle-Calédonie mais aussi beaucoup voyagé en Asie. Là-bas, j’ai observé les paysans qui travaillaient très dur la journée et, qui malgré cela, se réservaient deux heures par jour pour faire de la musique, de la sculpture, de la danse… Des pratiques artistiques qui participent grandement à notre épanouissement et notre équilibre. »
Depuis, cette “accoucheuse de formes” enseigne le travail de l’argile aux débutants comme aux plus aguerris, quel que soit leur âge.
Adultes et enfants cohabitent joyeusement pendant les cinq séances hebdomadaires proposées. « C’est une bonne chose, ils apportent beaucoup de spontanéité. Pour moi, l’approche psycho-pédagogique est aussi importante que l’acquisition des techniques. Je mets un point d’honneur à ce que chacun aille à son rythme pour arriver à façonner ce qu’il a en tête, même si ça peut prendre beaucoup de temps », ajoute-t-elle.
Pour prolonger les séances, des expositions collectives d’œuvres sont régulièrement organisées dans des lieux extérieurs. La prochaine aura lieu le 11 avril dans le cadre prestigieux de la mairie du 5e arrondissement, en face du Panthéon. Un bel accomplissement pour les participants, dont certains présenteront pour la première fois leurs créations à un public.