Le Manoir de Paris

Difficile de dénicher un endroit plus cauchemardesque dans les environs que cet obscur manoir inauguré en 2011 par Adil Houti, un américain francophile qui a déjà à son actif deux maisons hantées au Texas.

Installé dans une demeure classée, le lieu propose sur trois niveaux de 1500 m2 un parcours interactif ressuscitant, grâce à une poignée de comédiens, une vingtaine de légendes parisiennes qui font froid dans le dos.

A vrai dire, on ne savait pas vraiment à quoi s’attendre en y pénétrant, imaginant déjà une sorte de train fantôme cheap comme ceux qui pullulent dans les fêtes foraines. Au final et malgré un tarif qui a aussi de quoi donner des sueurs froides, on a été agréablement surpris. Le jeu des acteurs, grimés comme pas possible, est impeccable, passant du grand guignol au réalisme le plus violent.

Quant aux décors, extrêmement variés et soignés, ils nous plongent aussi bien dans une station de métro blafarde laissée à l’abandon que dans un asile psychiatrique sordide, chaque salle réservant son lot de personnages repoussants et d’ambiances glauquissimes. Une impression d’immersion totale que viennent renforcer des effets spéciaux en pagaille : lumières stroboscopiques, animatroniques, diffusion de parfums dérangeants sans compter les cris d’orfraie (des visiteurs) et les chuchotements malsains que délivrent à vos oreilles les maîtres des lieux. Ballotté d’une pièce à l’autre pendant 45 minutes, aveuglé puis plongé dans l’obscurité, on finit peu à peu par perdre ses repères et les différents stratagèmes mis en place – des réminiscences de films d’horreur cultes pour la plupart, comme ce sadique brandissant une tronçonneuse – finissent par avoir (gentiment) raison de vous.

Bien entendu, le Manoir a mis les petits plats dans les grands pour célébrer Halloween, avec un spectacle spécialement conçu pour l’occasion qui promet encore plus de « rites noirs exécutés au son d’une mélopée inquiétante, instruments barbares et personnages hostiles ». Des volontaires ?