Le phénomène escape game au banc d’essai

Il y a un peu plus d’un an, nous évoquions dans ces pages la tendance émergente des escape games, ces jeux d’évasion grandeur nature où, enfermée dans une pièce, votre équipe a une heure pour dénicher des objets cachés et résoudre une série d’énigmes afin de s’échapper le plus vite possible. Depuis, le concept est devenu un véritable phénomène et plus d’une trentaine d’escape rooms ont ouvert dans la capitale, avec chacune des thématiques et scénographies très différentes. Petit guide des meilleures créations du genre.

Les bases de l’escape game

1/ Monter une équipe constituée de 3 à 5 personnes dynamiques et perspicaces (dans la mesure du possible…). A noter que le jeu est idéal pour les entreprises qui souhaitent organiser des séances de « team building ».

2/ Prévoir un budget conséquent, les tarifs sont cependant variables suivant les horaires et le nombre de participants. Comptez par personne en moyenne 26€ pour 5 joueurs, 28€ pour 4 joueurs et 32€ pour 3 joueurs.

3/Une fois à l’intérieur, ne pas hésiter à littéralement retourner la salle (c’est l’un des plaisirs du jeu) pour inspecter les moindres recoins.

4/ Penser à bien communiquer entre vous, notamment lorsque vous trouvez des objets cachés, puis mettre en commun vos matières grises pour progresser. Si vous bloquez, le maître des jeux qui observe la scène via une caméra transmettra sur un écran installé dans la pièce des indices pour vous remettre dans le droit chemin…ou pas.

5/S’échapper de la ou les salles (il y en a souvent des secrètes mais chuttt) avant l’heure fatidique ou sortir piteusement avec l’aide du gamemaster. Dans les deux cas, vous aurez le droit à votre photo souvenir !

 

« Braquage à la française » de The Game

Braquage a la française © The Game

Imaginée par The Game, une jeune entreprise qui a déjà accueilli plus de 10 000 participants après un an d’activité, Braquage à la française est selon nous l’une des meilleures room de la capitale. On salue d’abord le côté immersif du jeu qui commence dès la réservation lorsque chaque membre de votre équipe reçoit un message de Max, un célèbre malfrat parisien qui pourrait bien faire un séjour en prison à cause de documents compromettants planqués dans le coffre d’une banque surprotégée par un inspecteur plutôt coriace. Le but ? Pénétrer au cœur de la banque et récupérer lesdits documents. L’immersion continue à l’arrivée dans les spacieux locaux du 5e où un maître du jeu particulièrement en verve vous briefe. Puis, voici enfin l’heure de s’engager dans la salle où seule une fouille minutieuse vous permettra d’ouvrir l’immense porte blindée qui trône au fond de la pièce et qui réserve, une fois à l’intérieur, moult péripéties dont on ne peut vous révéler la teneur pour ne pas gâcher la surprise. Disons qu’il est question d’anniversaire de mariage, de lingots d’or, de caméra de surveillance et de cryptogrammes à quatre chiffres. La déco est impeccable, l’ambiance à l’avenant (avec mention spéciale pour le coup de stress finale, toute sirène hurlante), l’ensemble du déroulé rudement bien pensé et la difficulté savamment dosée. Rien à ajouter de plus, une réussite.

51, rue du Cardinal Lemoine, 5e. M°Cardinal Lemoine. www.thegame-france.com

 

« Mission impossible » de Team Break

Mission impossible © Team Break

Il est possible que vous ayez entendu parler de Team Break il y a peu, la société a ouvert à La Défense rien de moins que le plus grand centre d’escape game au monde, en plus de ses agences à Paris, Lyon et Lille. Une petite entreprise qui ne connaît pas la crise donc et qui propose également un service événementiel avec des jeux pouvant s’incorporer dans plusieurs types de lieux, y compris au bureau. Parmi l’éventail de salles disponibles, nous avons choisi de tester Mission Impossible, une valeur sûre. Votre mission si vous l’acceptez est d’enfiler des vestes militaires et d’infiltrer le bunker de l’infâme dictateur Pedro Jevedezcou (parti faire un squash, nous dit-on) afin de désamorcer l’imposante bombe qui s’apprête à exploser – et accessoirement de sauver le monde. On apprécie ici la variété et la sophistication des casse-têtes, le climat confiné et le petit côté « géopolitique pour les nuls » de fin de mission. Détail original par rapport à la concurrence : les indices ne sont pas donnés sur écran mais reçus par un talkie-walkie remis au capitaine de l’équipe. Mais attention, vous en avez le droit qu’à cinq, ainsi c’est à vous de gérer vous-même vos indices et de doser la difficulté du jeu. Une salle classique et bien tenue, parfaite pour une première expérience.

17, rue des Martyrs, 9e. M° Saint-Georges. www.team-break.fr

 

« Lost Asylum » de One Hour

Lost Asylum © Tim Girerd

Frissons garantis pour cet escape game qui se déroule au cœur d’un hôpital psychiatrique abandonné depuis…1952, date à laquelle un patient interné a réussi à tromper la vigilance des gardiens pour s’échapper, massacrant au passage une tripotée de médecins qui se trouvaient sur son chemin. Ambiance, comme on dit. Justement tout a été étudié ici pour instaurer une ambiance glauque à souhait. La lumière d’abord, blafarde, puis le décor, aussi minimal qu’efficace garanti par les créateurs du jeu sans anachronisme : un immense poste de télé d’époque, des journaux datés aux papiers jaunis, une vieille malle de voyage… Ajouter à ça un bruit sourd et effrayant qui provient d’un placard fermé à double tour et la tension est à son comble. Première étape: faire sortir un de vos amis coincé dans une chambre capitonnée. Pour cela, il faudra faire fonctionner vos méninges et utilisé le peu d’objet à votre porté puis résoudre une série « puzzle » (trop ?) complexes dans laquelle vous allez devoir déchiffrer du morse, vous servir de blouses blanches et ouvrir une ribambelle de cadenas. One Hour dynamite les codes du genre en y introduisant des paramètres inédits (y a t-il un traite parmi vous ?) et en redoublant d’ingéniosité pour développer des propositions iconoclastes. Une room qui rend fou !

24, rue Emile Lepeu, 11e. M° Charonne. http://one-hour.fr

 

« Saw » de LeavinRoom

Saw © Leavinroom

Montons d’un cran dans le gore avec cette room réservée à un public averti. Voilà le topo : guidé par un homme au masque d’animal repoussant, vous pénétrez dans une salle les yeux bandés et menotté à l’un de vos coéquipiers. Vous constatez vite que vous êtes prisonniers d’une cellule et que le reste de votre équipe a eu droit au même sort, certains étant même enchaînés aux barreaux. Le jeu peut commencer. Ah, on oubliait juste une petite chose : le but n’est pas ici de s’évader mais de « survivre ». Comprendront ceux qui ont déjà vu le film Saw dont la salle est évidemment inspirée. Commence alors, dans un environnement hyper réaliste aux murs maculés de sang et d’inscriptions morbides, une course contre la montre où vous allez devoir plonger votre main dans de l’eau croupie (pas de panique, vous êtes affublés de combinaisons), manipuler des outils-armes loin d’être factices ou passer par une trappe obscure. Clairement, par la difficulté des énigmes et les trouvailles tordues déployées, le jeu s’adresse à des joueurs confirmés, le pourcentage de gagnant ne dépassant pas les 10%. C’est donc tout naturellement que notre équipe a lamentablement échoué à sauver sa peau. Remercions tout de même nos hôtes de nous avoir laissé repartir sain et sauf afin de pouvoir partager cette expérience aussi palpitante que gentiment angoissante. Un must du genre.

28 bis boulevard Pereire, 17e. M° Wagram. www.leavinroom.fr

 

« Sous-marin » de HintHunt

Sous Marin © HintHunt

Pionnier de l’escape game dans la capitale, HintHunt avait ouvert dès 2013 une première salle baptisée Le bureau de John Monroe qui avait mis en lumière ce concept insolite en provenance de Hongrie. Rebelote avec une nouvelle aventure qui nous emmène cette fois-ci au cœur d’un sous-marin, pour une expérience forcément immersive. Pour créer les conditions nécessaires à ce huit-clos subaquatique, les concepteurs ont mis le paquet sur le décorum à grand renfort de radars, périscope, tuyauteries métalliques et missiles nucléaires sans oublier les effets sonores et visuels en tout genre. Chose nouvelle dans le monde des jeux d’évasion, deux scénarios sont disponibles, le premier d’un niveau intermédiaire et l’autre conçu pour les joueurs plus expérimentés. Dans ce dernier, vous êtes l’acteur d’un film catastrophe et tentez d’empêcher votre sous-marin de s’abîmer dans les profondeurs. Et c’est parti pour une heure de leviers à actionner, plaques à dévisser et codes à déchiffrer. Plutôt que d’axer le jeu sur la fouille d’objets dissimulés, l’accent a été mis sur l’action et la réflexion, la coopération entre les joueurs étant ici tout bonnement indispensable pour résoudre certaines épreuves – on n’est parfois pas loin d’une partie de Twister endiablée. A tester avec une bande d’amis soudés (qui le sera peut-être moins en sortant !).

68, rue des archives, 3e. M° Rambuteau. http://hinthunt.fr

 

« Le Bunker Zombie » de Team-Time

Bunker Zombie © Ania MOURAVNIK – SwiftDream.fr

Dernier né des escape games parisien, Le Bunker Zombie exploite à merveille l’engouement actuel autour des protagonistes de Walking Dead. Ici, riche idée, une vidéo introductive donne le ton : le monde est envahit par les zombies mais une poignée de survivants, pas encore atteints, se sont retranchés dans des bunkers. Naturellement, vous en êtes et c’est une fois encore sur vos frêles épaules que va reposer la survie de l’humanité aussitôt la lourde porte blindée close. Comme dans nombre de room « adulte », l’atmosphère légèrement oppressante tient une place primordiale dans la mise en scène et la difficulté est sacrément corsée. Côté déco, on est bien dans un bunker : du béton, de l’acier, quelques appareils hors d’usage et une lumière vacillante seront vos seuls compagnons. Un espace vital plutôt dépouillé où il n’y a finalement pas beaucoup d’objets à collecter, la salle s’envisage davantage comme une suite d’épreuve de réflexion et de dextérité. S’ensuit un parcours semé d’embûche bourré de mécanismes ingénieux (des lasers réfléchissants, un générateur capricieux, des fioles colorées…) pour accéder au labo contenant l’antidote anti-zombie tant convoité. Âmes sensibles s’abstenir !

26 rue Richer, 9e. M° Cadet. www.team-time.fr

 

« Très chère Lock » de Lock Academy

Tres chere lock © Lock Academy

Les amateurs de mystère et d’enquête apprécieront à coup sûr cette agence de détective singulière qui joue à fond la carte du Cluedo mâtinée d’humour so british. D’emblée, l’aventure Très chère Lock (attention, il y a un jeu de mot) se démarque de la plupart des autres escape games par l’importance du scénario dans le déroulement du jeu. Ainsi, il ne s’agit pas seulement d’une recherche méticuleuse d’objets cachés mais d’une véritable intrigue aux ramifications complexes et aux rebondissements bluffants. En l’occurrence, celle de la disparition de Cher, la fille du professeur Lock, qui enquêtait sur une affaire pas très claire. C’est donc à vous de reprendre l’investigation où elle l’a laissé, seule chance de retrouver l’apprentie détective en un seul morceau. Pour cela, il sera essentiel de passer au crible sa charmante petite chambre (on conseille de ne pas y aller à plus de quatre pour ne pas se marcher dessus) afin de mener à bien cette enquête-chasse au trésor placée sous le signe de la technologie, conversation Skype, caméra, téléphone et appareil photo numérique à l’appui, sans parler des innombrables machines secrètes qui feront basculer le jeu vers l’inattendue. La Lock Academy a réussi à faire la synthèse idéale entre les styles pour élaborer une room qui s’inscrit totalement dans son époque et conviendra à tous les goûts, les âges et les niveaux. Un quasi sans-faute.

25, rue Coquillière, 1er. M° Châtelet – Les Halles. https://lockacademy.com