Le pole dance en pole position

La « danse du poteau » (bien moins sexy en français), Pratiqué à l’origine dans les cirques entre deux numéros, le pole dance refait parler. Devenue la pièce maîtresse de quelques bars à hôtesses et strip-clubs, les plus populaires au Québec et aux States, le Pole Dance arrive pour la première fois dans un club de fitness.

La faute à qui ?

À Kate Moss d’abord, fabuleuse et sexy dans I Just Don’t Know What to Do With Myself, le clip des White Stripes réalisé par Sofia Coppola en 2003. La faute aussi à Beyoncé, pro de la barre et sublime en déesse féline dans la vidéo de Partition sortie l’an dernier. Ou encore à Rihanna (Pour It Up, un must), ou à Diplo (l’excellent Set It Off). Sans oublier Joanna Atik, sublime Anglaise originaire de Minsk (Biélorussie), sorte de Jessica Rabbit version blond platine, reine du casting au Pink Paradise – qui vient de rouvrir rue de Ponthieu – et créatrice de la Pink School en 2006. Sortant le pole dance des podiums, la première école en France, qui compte un millier d’abonnés, propose depuis dix ans une dizaine de cours allant du “Sexy Bad Girls”, cours de chorégraphie sexy devant révéler la “pussycat girl” qui sommeille en vous, aux enterrements de vie de jeune fille (avec strip-teaseur inclus), en passant par de vraies leçons de pole fitness, « pour se sculpter un corps de rêve et travailler son gainage tout en restant sexy »… Une dimension sportive revendiquée aujourd’hui par des dizaines de clubs et associations en France, organisant compétitions et championnats. Avec des filles tout habillées. « Si le pole dance reste la dance sexy des strip-clubs, explique Joanna, l’activité se pratique aussi comme un vrai sport. Les cours de pole fitness sculptent la silhouette, font travailler toute la partie haute du corps, la sangle abdominale et le bassin, si bien que les meilleures qui s’entraînent régulièrement se retrouvent avec des corps de gymnastes. Même les figures pour débutantes ont des effets positifs sur le dos, la cambrure, les bras et le fessier. Et les Parisiennes adorent, elles peuvent transpirer tout en restant glamour, et reviennent en général se perfectionner. » Preuve à l’appui, avec la démonstration organisée au CMG (ex-Club Med Gym), première enseigne de fitness à inviter le pole dance dans ses activités. Deux bars et une horde de filles, en mini-top, boxer et “crop-top”, enchaînant tricks – des postures figées sur la barre –, inversions la tête à l’envers, et tourbillons – spins – autour de la barre. Un manège où les complexes disparaissent, nous promet-on.

Tenez bon la barre

Formés par les profs de la Pink School, les coachs de CMG proposent désormais, dans tous les clubs Waou et Pure du réseau CMG, deux cours collectifs “pole dance”. « Le premier, baptisé Pole-Fit, est très orienté fitness, détaille la directrice de la Pink School. Pendant une heure, il cible le renforcement musculaire au niveau des bras, des cuisses, du fessier et de la ceinture abdominale, et travaillant globalement sur le maintien du corps et l’équilibre ». L’autre, “Sexy Attitude”, reprend les clips vidéo d’artistes tendance, pour une chorégraphie sexy. « Des classes qui devraient être prises d’assaut très vite, selon Joanna Atik, et qui pourront même être ouvertes aux hommes ».
Jusqu’ici, la discipline en version masculine était surtout pratiquée par les strip-teaseurs et danseurs des clubs gay de Las Vegas ou de Montréal. Cela risque bien de changer avec l’arrivée à Paris de Travis Scott, ancien gymnaste et danseur de ballet devenu champion du monde de pole dance et de pole fitness en Australie, et dont le spectacle That Pole Guy, un show transformiste unique, a mis en transe les Aussies pendant quatre ans. Tout fraîchement débarqué à Paris, au studio de pole dance Spin with me, le garçon donne depuis janvier deux cours (jeudi et samedi) réservées aux hommes. Et à voir ses démos sur YouTube (taper “That Pole Guy”), il pourrait bien faire des émules.

Pole dance au CMG, infos sur www.cmgsportsclub.com Cours collectifs de 12 personnes pour “Pole fit” et de 40 personnes pour “Sexy attitude”. Cours réservés aux hommes les jeudis et samedis. Infos sur www.spinwithme.com.