Les maisons closes parisiennes du XIXe siècle

Pénétrons dans le Paris du XIXe siècle, la capitale de tous les plaisirs ! Au lumières flamboyantes du soir Paname entre en rut et les oiseaux de nuit sortent de leurs tanières en quête d’une nuit d’amour, suivons-les !

À une époque où les ébats débridés – et la nudité ! – entre époux sont considérés comme scandaleux dans la bonne société, les messieurs qui souhaitaient vivre des expériences plus torrides et ne pas se limiter à la seule position du missionnaire allaient faire œuvre de chair avec des prostituées. Pour le confort de la gent masculine, la prostitution devient réglementée à partir de 1804 et éclosent, tout le long du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, des milliers de maisons de tolérance. Si ces maisons sont dites de tolérance, c’est qu’elles étaient en effet autorisées et encadrées par la Préfecture de Police. Après les lanternes rouges de l’époque médiévale, ces nouveaux boudoirs secrets de la débauche étaient signalés dès l’extérieur par leurs numéros de rue très voyants, bien plus gros que ceux des habitations et commerces environnants. De même les fenêtres de ces immeubles étaient faites de verre dépoli ou coloré, complètement opaques.

© Eugene Atget, Façade d’un bordel au 106 avenue de Suffren.

 

Le fin du fin en matière de maison close à Paris, et l’une des plus renommées, était Le Chabanais. Là se retrouvaient, dans un luxe inouï, tant des financiers que des hommes politiques et même des têtes couronnées comme celle d’Édouard VII, prince de Galles, qui y avait sa chambre attitrée et y fit installer son fameux fauteuil des voluptés. Devinez-en l’usage…

© Fauteuil des voluptés d’Edouard VII au Chabanais

Pour les messieurs plus modestes, il fallait se rendre dans les taudis borgnes du Marais et des faubourgs tel que le célèbre Cabaret du Rat Mort, à Pigalle. On y trouve également de braves petites femmes qui retroussent leurs dessous de tulle jusqu’au nombril pour quelques piécettes. Parmi ces filles de joie il y a les soumises, inscrites sur les registres de la Préfecture, et les insoumises qui demeurent hors de contrôle du Bureau des mœurs. Il y a aussi les marcheuses, les pierreuses, les filles à soldats, les filles des barrières, les filles voleuses… En parlant de voleuses, il faut que je vous prévienne avant de vous quitter ! En effet, jusqu’à leur fermeture en 1946 (loi Marthe Richard), fréquenter ces lieux était au risques et périls des clients et si l’on n’en ressortait pas avec une chaude-pisse, la vérole ou un chancre mou, il fallait aussi éviter tout un tas de pièges tendus par ces malignes créatures de la nuit.

 

Aussi en guise de conclusion, je vous propose un florilège des spécialités que les messieurs devaient savoir déjouer pour éviter tout déboires et qui étaient indiquées dans certains guides touristiques destinés aux provinciaux et aux étrangers. On y apprend notamment qu’elles sont très habiles pour boire à l’œil. Séduire un pigeon, se faire offrir un verre, puis deux, puis trois, et puis à ses amies aussi, et filer à l’anglaise en laissant monsieur régaler. Une autre arnaque consiste à se faire offrir un bouquet. Faire des œillades pour réussir à se faire offrir les fleurs que le camelot du coin a flanquées sous le nez de monsieur qui rougit puis finit par sortir son portefeuille. Ensuite, il suffit de s’échapper discrètement et d’aller le revendre à moitié prix à la bouquetière. Elles savent aussi très bien se faire payer leur course. Les messieurs devraient se méfier des dames galantes qui acceptent de se faire raccompagner en fiacre. Elles ont justement leur voiture qui les attend, il ne reste plus qu’à les rejoindre. Malheureux sont ceux, qui ne se doutent pas qu’arrivé à bon port ils se retrouveront à payer les quelques heures de courses antérieures desquelles madame avait profité sans eux. Et enfin, l’entôlage, l’art de détrousser son client en lui faisant les poches et en raflant portefeuille, montre, alliance… tant que ça se revend !

© Entolâge

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