Les quartiers arty au delà du Periph’

A Nous Paris et Artsper, site spécialisé dans la vente d’art contemporain, font le point avec vous sur les 5 quartiers les plus arty au delà du périph’.

Sans attendre que le projet du Grand Paris ne soit abouti, nombre de jeunes urbains créatifs se sont laissés tenter par le charme de certains quartiers de la petite couronne. Avec l’extension des lignes de métro, le bâti de type faubourg et les quartiers composés d’un assemblage hétéroclite de pavillons ouvriers et d’usines désaffectées réhabilitables en lofts, ces communes ont déjà un pied dans la gentrification via un public jeune, créatif, arty… Résultat : des quartiers branchés en devenir aux portes de la capitale !

Montreuil, QG bobo

Montreuil et les artistes : une longue histoire d’amour. C’est là que les frères Pathé ont installé leur premier studio de cinéma et que Georges Méliès a tourné tous ses films. Attirant dès la fin du XIXe des maquilleurs, des costumiers, des décorateurs…

Aujourd’hui, avec ses allures de village, le Bas-Montreuil attire les Parisiens en quête d’espace et de logement plus abordables. Photographes, créateurs ou architectes ont modelé l’ancienne banlieue rouge, la rendant bohême. « On est encore loin des prix de Paris. Là-bas, ils ont des studios à l’ombre. Ici, nous avons des jardins au soleil ! » raconte un habitant de la commune. Symptôme de ce changement : la mairie, remportée par Europe Ecologie Les Verts aux dernières élections municipales

Avec l’apparition de nombreuses galeries d’art, la création du label «Made in Montreuil», une société coopérative qui héberge les professionnels de la création moyennant un abonnement, ou Le 116, un centre d’art contemporain, Montreuil est devenue l’une des villes les plus créatives du pays.

MONTREUIL – La rue Robespierre © Philippe Moulu

Pantin, « nouveau Brooklyn »

A deux pas du Parc de la Villette, l’ancienne ville ouvrière attire les artistes, galeries et bureaux de création… Même le célèbre galeriste Thaddeus Ropac a senti la tendance et y a ouvert un grand espace pour la sculpture monumentale, les installations et la performance. Plusieurs galeries l’ont suivi comme la NUE Galerie. Et Hermès et Chanel n’ont pas hésité à installer des bureaux et des ateliers au bord du canal de l’Ourcq.

« Pantin va devenir quelque chose d’important s’il y a plus de restaurants et de cafés qui s’ouvrent. Il y a un beaucoup de potentiel » déclare Marcus Rothe, de la galerie Thaddeus Ropac. Le New York Times y voit même un futur « Brooklyn », tout en reconnaissant quand même « l’esprit d’aventure » qu’il faut pour arpenter certains quartiers pas très sûrs. No-go-zones mises à part, Pantin semble renaître sous un jour nouveau.

PANTIN – Le bâtiment des Douanes

Aubervilliers, eden ouvrier-bobo

Avec « l’usine de films amateurs » imaginée par Michel Gondry, In Situ Art Festival, le Théâtre de la Commune Centre Dramatique National ou encore la Villa Mais D’Ici, Aubervilliers figure en bonne place parmi les quartiers le plus branchés et arty de la petite couronne. D’autant plus qu’Aubervilliers cumule toutes les facettes : le centre ville est charmant et ses ruelles et places piétonnes regorgent de commerces et de cafés, la ville garde également des grands espaces verts. Restent à repenser les friches industrielles en périphérie.

AUBERVILLIERS © Sylvain Duffard

Saint-Denis, eldorado du cinéma

Avec la Cité du Cinéma inaugurée par Luc Besson en 2012, voulue comme une sorte d’ « Hollywood à la française », et des manifestations artistiques récurrentes, la ville change d’image… Mais s’il est vrai que ce quartier de faubourg qui côtoie la sublime cathédrale Saint-Denis voit un afflux de parisiens branchés et aisés, le phénomène reste statistiquement secondaire et la ville oscille entre paupérisation et gentrification…

Noisy-le Sec, en plein remodelage

Durement touché par les bombardements durant la Seconde Guerre mondiale, Noisy-le-Sec présente un urbanisme diversifié. En plein centre, les immeubles de logements sociaux des Trente Glorieuses voisinent avec les petites maisons bourgeoises, et le marché du samedi où se côtoient bobos et boubous illustrent bien cette convivialité.

Le maire est attentif à ces «citoyens gentrificateurs». Il part donc à la recherche d’un chef « type gastro française » et encourage les petits commerces (fromager, épicerie bio, etc.). Côté art, le centre d’art contemporain La Galerie propose une programmation de qualité dans un très beau bâtiment rénové.

Tous ces beaux quartiers ont de quoi attirer les bobos-branchés de Paris, ou plus exactement, les Yuccies (Young Urban Creatives), terme directement importé de New-York pour redéfinir les Yuppies, Hipster, Bobos et autres terminologies ambiguës et simplificatrices. Le résultat est plutôt réussi, avec des quartiers animés et dynamiques aux allures de village aux portes de Paris.