Objectif détox ?

Qu’il s’agisse de se passer de son portable, de trier son dressing, de partir à la campagne ou de s’appliquer un masque sur le visage, le mot est lancé, on a besoin d’une bonne « détox ». Le plus souvent pourtant, l’action salvatrice du moment consiste à s’armer d’un extracteur de jus ou de se rendre dans un bar dédié pour s’offrir une cure d’aliments liquides qui nous feront du bien. Si le message est clair – on a besoin de se reprendre en main -, le concept même qui consiste à s’alléger un peu n’a rien d’incohérent et peut s’avérer avant tout bénéfique pour l’esprit. Passage en revue des possibles raisons de céder à la tendance et des méthodes préconisées.

Des livres pour tout comprendre et être « pro-actif »

    
(c) Edition Eyrolles                                                                           (c) Edition Marabout

Les livres de coaching « détox » sont légion. Qu’on adhère spontanément ou pas au concept, les arguments qu’ils énoncent évoquent toujours une reprise en main de soi-même à chaque changement de saison, qui équivaut un peu à un nettoyage de printemps de son appartement. De quoi nous parler, forcément. Comme on suggère que notre maison est le réceptacle de toutes les pollutions, notre corps, mal nourri et chargé de substances nocives, mérite qu’on lui prête – au moins à intervalles réguliers – attention. Auteur du récent ouvrage Happy détox (éditions Eyrolles), Anne Ghesquière l’explique ainsi : « On peut changer un filtre de machine à laver plein de calcaire. Mais pour notre organisme, pas de pièce de rechange disponible ! Il faut donc nettoyer de l’intérieur, et c’est le but de la détox. Même si vous avez une alimentation saine, la détox de saison va vous alléger. » Et au milieu de l’hiver, à l’issue des fêtes durant lesquelles on aura forcément abusé de tout, le message a de quoi percuter. « On sera motivé par les bonnes résolutions fraichement déclarées », ajoute Anne Ghesquière, qui préconise pour l’hiver le jus de citron bio tiède au réveil et ensuite, l’abandon des aliments gras, des protéines animales ou des laitages, au bénéfice des fruits (frais ou secs) et légumes de saison.

  

Dire « détox » pour ne pas dire « régime »

  
(c) Pinterest

Si on arrête la raclette et qu’on lui substitue légumes, fruits secs et tisanes, il y a fort à parier qu’on perde du poids. Mais on préférera toujours dire qu’on fait une détox plutôt que de confirmer qu’on s’est mis à la diète à l’approche du printemps. Un snobisme ? Selon Maximilian Frank, fondateur de la société Detox Delight en France il y a sept ans, et donc précurseur en la matière, la vérité n’est en effet pas loin : « La détox n’est pas vraiment un régime, parce qu’on ne se prive de rien : on fait le plein de vitamines, de nutriments, etc. Mais comme on consomme moins de calories, on perd aussi quelques kilos. Et c’est évidemment plus glamour, parce que le concept vient des Etats-Unis, de Los Angeles. Après les hippies, ce sont les stars qui se sont mises à préconiser a détox et à en parler comme d’un secret de beauté. »

 

A boire !

  
(c) Kusmi Tea                                                                               (c) Thinkstock

Le secret de la détox, s’il consiste d’abord à éliminer les aliments néfastes et manufacturés, consiste en revanche ensuite, à boire beaucoup. De l’eau, bien sûr (ou même des eaux détox, qui à la mode U.S., se présentent en bocaux) mais aussi du thé vert ou des tisanes, de thym et de romarin par exemple. Certains mélanges sont aussi proposés dans leur version ready-made, comme les infusions Détox ou BB Détox (pour une peau radieuse) de Kusmi Tea, l’infusion Détox de Clipper ou les tisanes bio drainantes de Caudalie. Mais la base de la discipline est de faire une grande cure de jus et de soupes. Auteur de « Bar à jus de fruits et légumes » (éd. Marabout), Vibeke Blomvagnes prône ainsi l’acquisition d’une centrifugeuse nouvelle génération (qui n’ « écrase » pas les vitamines) pour concocter ses mélanges soi-même. « Il suffit de mettre divers fruits et légumes dans une machine et de les presser pour obtenir un délicieux breuvage. En séparant les fibres non solubles des jus, les vitamines, minéraux, enzymes et antioxydants deviennent plus facilement assimilables, et les fibres solubles dans l’organisme sont conservées dans le jus fait maison. » Reste que la méthode, limpide, s’avère chronophage. Heureusement, à Paris, les bars à « juicing » et les sociétés qui livrent soupes et « mocktails » sont de plus en plus nombreux ( Détox Delight, Nubio, Juice Lab, Health Inside, Good Organic Only…)

  

Du yoga à la cosméto

  
(c) Florame                                                                                  (c) Pinterest 

Pour détoxifier son organisme, on notera aussi la montée en force d’un yoga dédié, qui séduira les adeptes du genre. Ainsi, Le Tigre (rue de Chaillot et rue du Cherche-Midi) propose-t-il des ateliers dédiés avec asanas pour détoxifier le corps et kriyas secs (techniques de détoxination du yoga), sans oublier de traiter nos pensées et nos émotions pour les rééduquer dans le calme et la sérénité. Côté cosmétique, on notera en vrac, les huiles de massages drainantes bio Florame, la crème purifiante « Nuit Détox » Normaderm de Vichy ou les tout nouveaux produits de Peter Thomas Roth surefficaces nettoyant moussant et masque au concombre (chez Sephora). Sera-t-on vraiment détoxifié pour autant ? Qu’importe, on se sentira mieux, tant qu’on aura pris le temps de s’occuper mieux de soi.