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Roland Garros : tout ce qu’il faut savoir

Roland-Garros, c’est reparti. Du 19 mai au 7 juin, Paris accueillera l’un des (seulement) quatre Grands Chelems de l’année, et le monde entier qui s’intéresse un peu au sport aura les yeux rivés sur la France – rejoignant alors ceux qui aiment le cinéma et qui suivront le dénouement du Festival de Cannes dans le même temps. “La routine habituelle”, diront les fâcheux. Peut-être, et peut-être même que Rafael Nadal et Serena Williams gagneront à la fin. Pourtant, les fans rétorqueront que rien ne vaut “Roland”. Ses allées, ses “lucky losers” au parcours inattendu, ses champions, ses Français qui se doivent de porter les pesants espoirs du public, et puis son ambiance surtout. Chic chic chic, “les joueurs sont prêts” !

Dix fois Nadal ?

Roland-Garros, c’est plus d’une centaine de joueurs sur les courts et Rafael Nadal qui gagne à la fin. Sauf qu’après neuf victoires de l’Espagnol Porte d’Auteuil, les pronostiqueurs sont moins confiants. La faute à sa (sévère) défaite de dimanche 10 mai en finale au Masters 1000 de Madrid (chez lui, donc) contre Andy Murray, certes 3e à l’ATP, mais pas non plus spécialiste de la terre battue. De quoi le faire passer à la 7e place mondiale, son plus mauvais classement depuis plus de dix ans, et l’éjecter aussi sec des potentiels vainqueurs de 2015.

Un peu rapide aux yeux de ceux qui ont aussi vu sa demi-finale, lors du même tournoi, face à un Top 10, Tomas Berdych, dépassé dans le second set. Beaucoup trop alarmiste surtout, pour ceux qui connaissent sa pugnacité, et qui parieront tout de même sur sa présence en finale. Face à lui, alors ? Djokovic, Murray, Wawrinka ou le surprenant japonais Nishikori ? Federer, que d’aucuns disent désormais sur la pente descendante, est toujours, quant à lui, second mondial. Au même tournoi de Madrid, pourtant, on l’a vu chuter au second tour contre le très prometteur australien de 20 ans Nick Kyrgios. L’un des possibles challengers ?

Français : qui sera là ?

Du côté du tableau masculin, avant les qualifications (à voir, du 19 au 22 mai) et l’annonce des “wild cards” (joueurs invités), Simon, Tsonga (qui va mieux), Monfils et Gasquet (qui va mieux aussi), suivis de Jérémy Chardy et Benoît Paire, font déjà partie du tableau.

Chez les filles, derrière Alizé Cornet et Caroline Garcia, Kristina Mladenovic et Pauline Parmentier sont annoncées présentes avant d’être peut-être rejointes par de jeunes joueuses prometteuses comme Océane Dodin ou Alizé Lim (nouvelle égérie du Coq Sportif), qui font beaucoup parler d’elles et pas seulement pour leur (joli) physique.

De l’inédit

Non, on ne sait pas encore comment sera mené le projet de “Nouveau Roland-Garros” qui devrait permettre aux infrastructures de la Porte d’Auteuil de mieux rivaliser avec les sites des autres tournois du Grand Chelem. Pendant que les débats continuent d’aller bon train, la Fédération annonce tout de même des tas de petites nouveautés plus ou moins majeures dans l’organisation. Ainsi, on notera par exemple qu’à partir de cette édition, les seize courts de compétition (contre seulement huit auparavant) seront équipés de caméras et que l’on pourra voir des images de matchs auparavant oubliés (simples et doubles opposant des non-têtes de série, Tournoi des légendes Perrier – du 2 au 7 juin – pour assister notamment au “retour de Marion Bartoli”, tennis en fauteuil…).

Sera aussi initiée aussi une appli, My Roland-Garros, spécialement réservée aux spectateurs munis de billets. Ceux-là pourront optimiser leur visite et même, bien sûr, prendre des selfies spéciaux…  Le musée de la FFT, quant à lui, accueillera deux nouvelles expositions, l’une consacrée à l’évolution de la mode “tennis” depuis 1890, et l’autre au recyclage du matériel sportif. Sur le site, enfin, et plus précisément sur le court n°13, les 11 ans et plus pourront s’initier au padel, un sport “cousin” du tennis, sous la houlette d’un Henri Leconte reconverti.

Des chiffres et des nombres

Tous les ans, la communication du tournoi délivre ses fameux chiffres, sérieux ou, plus souvent anecdotiques et “souriants”. Si vous êtes amateurs du genre, sachez donc que 60 000 balles sont utilisées chaque année pendant le tournoi et que pour les raquettes, il faut 50 kilomètres de cordage. Aussi, 462 377 chanceux ont assisté aux matchs l’an passé, qui ont consommé au total 45 000 sandwichs contre 35 000 hot-dogs (achetés sur place, s’entend).

Par ailleurs, si le site web http://rolandgarros.com a tout de même comptabilisé 12 221 587 visiteurs uniques, côté réseaux sociaux, 3 200 000 tweets ont été générés autour du tournoi pendant la quinzaine.

Peau neuve

On connaissait le livre-souvenir de Roland Garros, estampillé de son millésime, à collectionner façon L’Année du cinéma ou Le Livre des records. Sans totalement renoncer à cette tradition, mais en renouvelant heureusement l’exercice,  la Fédération française de tennis a confié (en collaboration avec les éditions de La Martinière) la rétrospective du tournoi 2014 à un photographe de renom, davantage abonné aux pages de mode (Vogue, Harper’s Bazaar…) qu’aux rendez-vous sportifs.

Derrière une très chic couverture entoilée couleur terre battue et après une préface pleine de nostalgie de Philippe Labro, on découvre ainsi les clichés du Britannique Steve Hiett, qui grâce à sa maîtrise des couleurs et son sens du cadrage inattendu, donne un éclairage vraiment neuf sur les joueurs, les coulisses ou l’architecture de Roland.

Roland Garros by Steve Hiett, préface de Philippe Labro, éditions de La Martinière avec la Fédération française de tennis, 144 p., 39 €.