Salon de Montrouge : pépinière de talents

Alors qu’il souffle ses 60 bougies, le toujours jeune et dynamique Salon de Montrouge continue son engagement auprès de la création émergente.

Au pied du métro Mairie de Montrouge, le centre culturel le Beffroi accueille un des accrochages les plus attendus des curieux et professionnels de l’Art Contemporain. Poursuivant sa sélection atypique et pointue, sur dossiers uniquement (pas moins de 3 000 ont été déposés cette année), le directeur de la manifestation Stéphane Corréard a retenu 60 artistes et autant de talents à découvrir, qui seront peut-être les futurs grands de demain.

Depuis son ouverture, le salon a en effet révélé de nombreuses figures telles que Felice Varini, Hans Bouman, Jacques Bosser, Hervé Di Rosa, Théo Mercier, Djamel Tatah, Georges Rousse ou Julien Salaud, entre autres. En permettant aux artistes pas forcément adoubés par le milieu de l’art, d’être mis sous le feu des projecteurs, le salon joue un peu les égalisateurs de chances. Dans les 1 500m2 du lieu, organisés en “modules” par artiste, se succèdent photographies, sculptures, dessins, vidéos, projets numériques et installations révélant ainsi un large spectre de pratiques artistiques.

Comme chaque année, le salon réserve son lot de surprises et de profils atypiques. On note les peintures troublantes de François Malingrëy, les vidéos confessions de Yann Vanderme, les reconstitutions photo et vidéo de Randa Maroufi, les réalisations hybrides et organiques de Marion Catusse, les glissements sémantiques de Paul Heintz, les ahurissantes machines de Willem Boel ou encore les encres de chine subtiles et inquiétantes d’Arthur Lambert, pour ne citer que quelques coups de cœur parmi d’autres.

Et parce qu’on n’a pas tous les jours 60 ans, le salon propose également une exposition inédite de l’invité d’honneur Jean-Michel Alberola, présent au salon en 1981, 1982 et 1983, un parcours hors-les-murs dans quatre squares de la ville investis par quatre anciens participants (Stéphanie Cherpin, Simon Nicaise, None Futbol Club et Stéphane Vigny) ou encore une œuvre collective et évolutive par d’anciens exposants. On ne peut souhaiter qu’une longue vie à ce salon sexagénaire qui prouve cette année encore, que l’âge a peu d’importance tant que dure la passion.