Se baigner dans la Seine

De plus en plus d’aménagements sont faits en extérieur et sur les berges de Seine pour pouvoir proposer aux parisiens une alternative à l’exode estival. Mais une question demeure pour parfaire le décor idyllique qu’offre notre capitale pour profiter des jours d’été : quand pourrons-nous enfin nous baigner dans la Seine ? Anne Hidalgo l’a promis pour les JO de 2024. Trois projets d’aménagements devraient voir le jour en 2017. Nous avons interrogé le laboratoire des baignades urbaines expérimentales, une association qui se structure depuis quatre ans pour développer et promouvoir la baignade en ville.


Expérience de matelas flottant sur la Seine. Photo Maurice-Louis Branger juillet 1914 © Roger-Viollet

Le Laboratoire des baignades urbaines expérimentales est un projet associatif composé d’un noyau dur de six amoureux des baignades urbaines. Partant du constat que Paris était à la traîne par rapport à d’autres capitales européennes, ces nostalgiques de la Seine accessible à la brasse ont entrepris de faire bouger les choses en organisant des baignades collectives et en prenant la parole sur ce sujet. Car si Paris a aujourd’hui du retard, cela n’a pas toujours été le cas. Très populaire dans la capitale, à Port à l’Anglais, ou encore à Vitry, puis interdite par arrêté préfectoral en 1923, la baignade dans la Seine a été pratiquée jusque dans les années 60. « Il y a encore cinquante ans, on pouvait se baigner dans la Seine. Il y a eu à un moment donné une vague hygiéniste qui est passée par-là et le développement de la circulation fluviale n’a pas aidé », nous explique Vincent, membre du collectif. 

 

Se baigner dans la Seine : c’est pour quand ?


Canal de l’Ourcq © Nicolas Rochette

Soucis de propreté, risques sanitaires, problématiques économiques, urbaines et sociales, les baignades en ville reviennent au coeur des prospectives d’aménagements urbains mais nécessitent des réflexions sur la mise en oeuvre d’infrastructures pour permettre aux habitants de se jeter à l’eau. Aujourd’hui, la politique publique commence néanmoins à s’activer sur le sujet. La ville a notamment lancé depuis 2105 le plan Nager à Paris, qui d’ici 2020 devrait mettre en application 104 mesures favorisant le développement de la baignade, la modernisation des infrastructures existantes et la création de nouveaux espaces, comme au lac Daumesnil ou au parc André Citröen, par exemple. Réinventons la Seine, initié cette année, invite également des porteurs de projets innovants à soumettre leurs contributions pour dynamiser 23 sites en Ile-de-france.

Même si les baignades ne sont pas encore autorisées, la pratique commence déjà à progressivement entrer dans les mœurs. Le laboratoire des baignades urbaines expérimentales croit à une certaine forme d’auto responsabilité et n’hésite pas à organiser des baignades collectives de façon récurrente. « On n’est plus embêtés quand on fait des baignades. Les mentalités commencent à changer et il y a de belles choses à imaginer. Cela suit la logique politique actuelle de la ville. Si des aménagements sont mis en place, on pense que les gens se responsabiliseront eux-mêmes et arrêteront de jeter des trucs dans le canal. » explique Vincent. Une grande baignade collective devrait d’ailleurs être organisée fin août. 

Le collectif a répondu à l’appel à projet pour le budget participatif de la ville de Paris et ce dernier a été retenu pour la phase de votes qui se déroulera au mois de septembre. D’ici là, on vous a préparé une liste de piscines pour pouvoir faire trempette en attendant.

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photo en-tête : Bains des Pâquis. Genève (c) Mélanie Vesters