Toilet Paper s’expose

Papier qui rit, papier tue-mouches, papier d’argent… Toilet Paper, le duo joyeusement grinçant formé par les Italiens Pierpaolo Ferrari et Maurizio Cattelan va nous accompagner tout l’été en investissant les Galeries Lafayette et le Festival de Photo d’Arles, tout en comptant bien, au passage, comme à son habitude, nous regarder danser.

On se souvient les avoir vues il y a quelques années sur les panneaux de la Highline, à New York, ou sur les fenêtres du Palais de Tokyo et désormais, on reconnaît à des kilomètres les couleurs sursaturées, comme l’esthétique kitsch et joyeusement absurde des clichés de Toiletpaper, magazine et entité créés par Pierpaolo Ferrari et l’icônique Maurizio Cattelan. A force, on en aurait presque l’impression que l’histoire du duo dure depuis des lustres, alors que tout n’a débuté qu’il y a dix ans, alors que le premier a été amené à photographier le second, ou plutôt même, il y a seulement six ans, quand les deux créateurs transalpins ont enfin trouvé le sens à donner à leur inévitable association.

© Toiletpaper

De leur travail commun est née une imagerie vintage, simple et en même temps extrêmement travaillée, aux couleurs assez clinquantes pour endormir le chaland qui pourrait, qui sait, en oublier de regarder au-delà des apparences. Celui-là n’aurait ainsi pas envisagé qu’on ne se nomme pas « Toiletpaper » pour rien et qu’il est forcément, toujours, question de se moquer de quelque chose chez les deux Italiens. A commencer par le règne de la surconsommation ou de la dictature de l’apparence. D’où le côté jubilatoire du clin d’œil que lance un prestigieux grand magasin en leur offrant une carte blanche pour tout l’été. Ainsi, aux Galeries Lafayette, dans les vitrines et sous la Coupole, s’affichera bientôt l’œuvre caustique du tandem. Avec, en prime, une rétrospective dans le lieu d’exposition de l’endroit, qui proposera aussi… à la vente, les objets surréalistes estampillés de la griffe Toiletpaper, qui, bien sûr, s’arrachent comme il se doit. Pendant ce temps, au chapitre des plébiscites, Ferrari et Cattelan auront également les honneurs des Rencontres de la Photographie d’Arles, dont ils auront signé l’affiche « qui pique », avec sourire white piqué par un bec d’oiseau. Une mise en avant assortie d’une exposition, sans surprise, dans la section « Hors cadre », où la photo a pour vocation d’envahir l’espace.

© Toiletpaper

Et puis encore, au rayon news, on mettra encore au crédit du duo fou, l’identité visuelle d’Ibifornia, le prochain album de Cassius (assorti de goodies détonans, comme une sauce tomate « Al dente la Salsa »). Avant de le découvrir fin août, on se repassera en boucle le fourmillant clip de son tubesque titre « Action », avec Cat Power, Mike D des Beastie Boys ou Pedro Winter, avec figurants en costumes de gorilles se prenant une fessée, culturistes hors d’âge, bains de ketchup, rideaux-saucisses et deejaying sur pizzas. Du vrai grand n’importe quoi, mais qui saurait encore céder à la tentation de ce « Toiletpaper » de choix ?