10 biopics sur des peintres et sculpteurs

Joués et réalisés par de brillants acteurs et réalisateurs, ces films sur des peintres et sculpteurs permettent de découvrir, ou redécouvrir, des personnages historiques qui ont fait l’histoire de l’art et ce qu’il est aujourd’hui. En voici 10, centrés sur des artistes femmes et hommes.

 

Rodin

« Mais qu’on me laisse faire avec mon coeur, qui ne demande qu’à faire un chef-d’oeuvre ». Auguste Rodin. Extrait du film.

Pour l’anniversaire du centenaire de la mort de Rodin, Jacques Doillon consacre son dernier film au grand sculpteur. Ici, Vincent Lindon est plutôt bien choisi pour définir une symbiose entre la terre et le sculpteur. Animal, il est tourmenté, habité. Il traverse la matière, sent la nature, les arbres, parle à ses sculptures, à sa Porte de l’Enfer et à son Balzac, qui l’agite pendant de nombreuses années. Sa relation avec Camille Claudel, son élève, assistante et maîtresse est incarnée par une Izïa Higelin en demi-teinte. Un constat accentué par Vincent Lindon qui n’articule pas toujours.

 

Maudie

« Une fenêtre c’est comme un tableau de la vie tout entière sous nos yeux ». Maud Lewis. Extrait du film.

Aisling Walsh romance le portrait de cette artiste moins connue du grand public, Maud Lewis. Sally Hawkins, actuellement à l’affiche de The Shape of Water, prend le corps de cette femme handicapée physique et interprète à merveille sa force, sa fragilité et son geste pictural. Bousculée puis soutenue par Everet Lewis, son mari rustre et bougon brillamment joué par Ethan Hawke, elle transforme en toile et galerie d’art leur minuscule maison posée au milieu de nulle part. Un destin surprenant, qui lui fera vivre une jolie vie en Nouvelle-Ecosse au Canada.

 

Mr Turner

« Le soleil est Dieu ». William Turner. Extrait du Film.

Avec ce film, Mike Leigh se penche sur les dernières années de la vie du célèbre artiste britannique William Turner, dit le peintre de la lumière. La photographie du film plonge le spectateur dans une série de tableaux des périodes romantiques et pré-impressionnistes de l’artiste : levés et couchés de soleil sur l’eau, les côtes anglaises, reflets, bateaux, tempêtes et lumières. Timothy Spall joue intelligemment cet artiste à la limite de la folie, prêt à braver les éléments pour créer son oeuvre.

 

Big Eyes

« Je pense que ce que Keane a fait est tout simplement formidable ». Andy Warhol.

Sur fond des années 50/60 à San Francisco, Tim Burton s’empare de l’histoire vraie de Margaret et Walter Keane joués par Amy Adams et Christoph Waltz. Scandale et révolution du monde et du commerce de l’art, Walter Keane usurpe l’identité et le talent de sa femme, et signe de son nom les peintures d’enfants aux grands yeux sombres. A l’image de ses tableaux, Amy Adams révèle de manière subtile le miroir de l’âme de Margaret, coincée entre la vérité et la supercherie qui sera bientôt mise à jour. Quant à Christoph Waltz, il nous présente un Walter clownesque, fort de son talent.

 

Renoir

« Ce qui doit commander la structure n’est pas le dessin, mais la couleur ». Auguste Renoir. Extrait du film.

Le grand Michel Bouquet est tellement tendre dans ce rôle de Renoir à la fin de sa vie. Il joue avec justesse cet homme tout aussi attachant avec ses muses et maîtresses que dur avec sa propre famille. Deux fils à la guerre et une femme qui vient de mourir, Renoir atteint par la vieillesse et la maladie ne se fait plus d’illusion. Et pourtant, Andrée, une jeune modèle impertinente jouée par Christa Théret, lui redonne le goût de l’atelier, lui fait oublier ses douleurs. La chair, poitrines et fesses nues l’éclairent et le guident à nouveau.

 

Séraphine

Grâce à ce film, Séraphine Louis, dite Séraphine de Senlis, est un peu plus connue du grand public. Pour incarner l’artiste française modeste, on ne pouvait pas mieux choisir que Yolande Moreau, « l’actrice du peuple ». Elle joue avec subtilité cette femme qui pour survivre fait des ménages pour la Bourgeoisie de Senlis le jour, et peint à la bougie la nuit. Important pour sa reconnaissance, le collectionneur allemand Wilhelm Uhde, découvreur du Douanier Rousseau, est interprété par Ulrich Tukur. Il lui apporte une légitimité et une confiance qui ne seront pas suffisantes pour qu’elle s’épanouisse pleinement.

 

Frida

« I Hope the exit is joyful and I hope never to return ». Frida Khalo.

Cette phrase de la peintre mexicaine Frida Kahlo résume assez bien sa vie tumultueuse. Entre accidents, amours et déceptions. Salma Hayek ne se trompe pas dans sa manière d’aborder cette femme brillante, de caractère et de combats. Elle est d’ailleurs parfaitement représentée dans une scène de tango entre elle et une femme de l’entourage de Diego Rivera, joué par Alfred Molina, le deuxième accident de sa vie. Sur fond de politique communiste, on y voit l’importance de cet homme, artiste reconnu et controversé, sa liaison avec Leon Trotsky et une peinture animée par une douleur physique et psychique.

 

Pollock

« La peinture est la découverte de soi. Chaque bon artiste peint ce qu’il est ». Jackson Pollock

D’après le roman Jackson Pollock de Steven Naifeh et Grégory White Smith. Ed Harris, réalisateur et interprète du peintre américain Pollock, régale le spectateur. Ce film qui commence par la phrase « J’emmerde Picasso » retrace la vie mouvementée de l’artiste. Crises de folie, doutes, alcoolisme mais également rencontres avec des personnalités du monde de l’art et de la critique feront de lui ce qu’il représente aujourd’hui. Lee Krasner, peintre américaine interprétée par Marcia Gay Harden – Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour ce film – n’est pas oubliée. Femme, agent, soutien… Elle s’efface et accepte tout pour la réussite de son mari, en qui elle voue une admiration sans limites.

 

Basquiat

« Je ne pense pas à l’art quand je travaille, j’essaie de penser à la vie ». Jean-Michel Basquiat.

Ce film débute par Basquiat enfant accompagné par sa mère devant Guernica de Picasso. Une mère en pleure qui sourit à nouveau lorsqu’elle voit son fils auréolé d’une couronne dorée, représentation d’une réussite pour cet artiste joué par Jeffrey Wright, dont la ressemblance est assez bluffante. En fracture avec ce milieu d’intellectuels riches et fortunés et pourtant si désireux de l’intégrer, il oscille entre son lui et son ambition. Jeffrey Wright nous montre un Basquiat qui ne semble pas maître de sa vie, soutenu par un Andy Warhol joué par un David Bowie méconnaissable. Une oeuvre que l’on retrouvera à la Fondation Louis Vuitton cette année.

 

Camille Claudel

« Mademoiselle Claudel est désormais un maître ». Auguste Rodin. Extrait du film.

Après avoir parlé de Rodin, nous nous devions de mettre à l’honneur Camille Claudel, artiste trop longtemps effacée derrière la figure forte de cet homme. Ce film signe une réaffirmation de la place de cette femme. Le réalisateur Bruno Nuytten pose la question de l’existence de la sculptrice à travers et face à Rodin, son importance dans l’oeuvre et dans la vie de celui-ci. Isabelle Adjani, César de la meilleure actrice pour ce film, passe d’un conflit à un autre, avec elle-même, Rodin et la critique, avec une facilité déconcertante.