10 expositions à voir en août à Paris

Qui a dit qu’au mois d’août il n’y a rien à faire à Paris ? Bien au contraire, profitez de la quiétude parisienne pour déambuler de musées en musées, aux sons plus ténus qu’à son habitude. La capitale est moins peuplée mais cela n’en fait pas pour autant un désert culturel. A Nous Paris vous le prouve avec sa sélection de 10 expositions incontournables.

 

Musée des Arts Décoratifs – Roman Cieslewicz, La fabrique des images 

Photomontage de Roman Cieselewicz, "Mona Tse-Tung"
Roman Cieselewicz, « Mona Tse-Tung » © Adagp, Paris 2018 / Photo : Claude Gaspari

 

Dans l’exposition La fabrique des images, le public pourrait rester des heures voire des jours pour décrypter l’Oeuvre de Roman Cieslewicz. Artiste majeur de la scène graphique de la moitié du XXe siècle, son nom n’est pas connu de tous mais certaines de ses oeuvres sont dans l’inconscient collectif. Affiche, publicité, photomontage, édition et illustration… Ses oeuvres sont engagées, en lien avec l’actualité et le monde qui l’entoure. Il scrute les icônes tels que Mona Lisa et le Che, l’effet graphique provoqué par le cercle, la couleur rouge sur une couverture… Certaines de ses nombreuses boîtes d’archives d’images récoltées sont exposées et montrent ce rendez-vous journalier avec la presse. Elle, Vogue, Opus International… font partie de ses nombreuses collaborations.   

Musée des Arts Décoratifs
Roman Cieslewicz, La fabrique des images
3 mai – 23 septembre 2018
107 – 111 rue de Rivoli, 1er
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h

 

Drawing Lab – Cinéma d’été

Dessin de Vincent Broquaire
©Vincent Broquaire

 

A Nous Paris vous propose de vous rafraîchir non pas dans une salle obscure de cinéma, mais à Drawing Lab, ce centre d’art contemporain dédié au dessin qui, pour sa saison estivale, propose son cinéma d’été. Plusieurs personnalités du monde de l’art, dont Christine Phal, fondatrice de ce lieu et de Drawing Now Art Fair, ont jeté leur dévolu sur un artiste pour le faire découvrir au grand public. Ici, le dessin sort de son schéma traditionnel pour se montrer en vidéos et animations. La technologie contemporaine s’empare de cette technique historique avec des artistes aux univers totalement différents, comme Jérôme Allavena et Thomas Léon.

Drawing Lab
Cinéma d’été
28 juin – 08 septembre 2018
17 rue de Richelieu, 1er
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h et le 1er dimanche du mois
Entrée libre

 

Centre Pompidou – Coder le monde

Mishka Henner, Prins Maurits Army Barracks, Ede, Gelderland (2011)
© Philippe Migeat – Centre Pompidou, MNAM-CCI/Dist. RMNGP © Mishka Henner

 

Pour sa deuxième saison de Mutations / Créations, le Centre Pompidou expose le parallèle entre le code numérique et la création contemporaine depuis les années 60. Sous le nom Coder le monde, nous découvrons l’histoire du code, les algoristes, le code et la littérature, l’architecture, le design, la musique et le corps. Vidéos, sculptures, réalité virtuelle, le code est utilisé en tant que recherches et expressions artistiques. Une exposition où geeks et historiens de l’art se trouvent de nombreux points communs.

Centre Pompidou
Coder le monde – Mutations / Créations 2
15 juin – 27 août 2018
Galerie 3
Place Georges-Pompidou, 4e
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h

 

Fondation EDF – 1, 2, 3, Data 

Tubes métalliques en mouvement comme une vague.
Fondation EDF / 1,2,3, Data / David Bowen, « Tele-Present Water » © GUNNAR KNECHTEL

 

En 2018, les données numériques sont plus que jamais un outil de création. Non palpables, mais au même titre que la peinture ou le bloc de marbre, elles prennent forme et sont rendues perceptibles dans l’exposition 1,2,3, Data, à travers une sélection d’oeuvres d’artistes venus du monde entier. Appelés data designers, ils oscillent entre la science, l’art et le design. Ils exposent, expliquent et explorent les data et leur impact. David Bowen reproduit une portion de mer captée en direct avec Tele-Present Water, Maral Pourzakemi traite de l’internet en Iran contrôlé par le gouvernement, avec The Iranian Internet Between Freedom and Isolation, et Richard Vijgen matérialise les réseaux de satellites, d’antennes relais et de millions de routeurs Wifi. 

Fondation EDF
1, 2, 3, Data
04 mai – 06 octobre 2018
6 rue Récamier, 7e
Ouvert du mardi au dimanche de 12h à 19h
Entrée libre

 

Jeu de Paume – Gordon Matta-Clark, Anarchitecte

Photographie noir et blanc de Gordon Matta-Clark et Gerry Hovagimyan travaillant à Conical Intersect rue Beaubourg.
Jeu de Paume / Harry Gruyaert, « Gordon Matta-Clark et Gerry Hovagimyan travaillant à Conical Intersect. Rue Beaubourg », 1975 © Harry Gruyaert / Magnum Photos

 

Anarchitecte, titre de l’exposition sur l’architecte / artiste Gordon Matta-Clark, condense les termes anarchie et architecture. Groupe du même nom fondé par l’artiste en 1973 et représentation de sa pensée face à l’architecture, il critique un mode de construction conventionnelle. C’est autour de cette démarche artistique, intellectuelle, historique et politique que le Jeu de Paume expose photographies et films réalisés par et sur Gordon Matta-Clark. Des projets sont emblématiques : Conical Intersect, 1975, dans le quartier de Beaubourg pour la 9e Biennale de Paris, Day-s End, 1975, en bordure de l’Hudson, et Bronx Floors, 1972-1973, dans le sud du Bronx. Il découpe, réinvente, questionne des immeubles abandonnés et s’insère dans les méandres des sous-sols de l’Opéra Garnier de Paris

Jeu de Paume
Gordon Matta-Clark, Anarchitecte
5 juin – 23 septembre 2018
1 place de la Concorde, 8e
Ouvert le mardi de 11h à 21h
Du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h pour les expositions temporaires

 

Jeu de Paume – Bouchra Khalili, Blackboard 

Un homme en chemise à carreaux tenant une photographie d'un autre homme devant sa tête.
Jeu de Paume / Bouchra Khalili, « The Tempest Society », 2017, vidéo, Courtesy Bouchra Khalili et Galerie Polaris, Paris © Bouchra Khalili / ADAGP, Paris, 2018

 

Bouchra Khalili ancre son art dans une réalité actuelle et historique. Elle dresse le Blackboard des peuples, des territoires, des frontières, de la clandestinité, des migrations choisies et subies : « Est-ce que migrer, ce n’est pas aussi résister ? ».  Avec ses films et ses vidéos nous ne sommes pas dans le 100% documentaire, mais dans le récit et sa circulation. Elle opère un glissement entre l’histoire d’hier et celle d’aujourd’hui, entre des témoignages passés toujours d’actualité. D’un côté la série The Speeches pose la question de la langue, de la citoyenneté et du travail pour un migrant, de l’autre The Mapping Journey Project propose une cartographie de ce voyage forcé.

Jeu de Paume
Bouchra Khalili, Blackboard
5 juin – 23 septembre 2018
1 place de la Concorde, 8e
Ouvert le mardi de 11h à 21h
Du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h pour les expositions temporaires

 

Opéra national de Paris – Picasso et la danse

Femme entrain de danser.
Opéra national de Paris / Picasso et la danse / Pablo Picasso, « Grand nu dansant », 1962 / BnF, Estampes et photographie © Succession Picasso, 2018

 

L’exposition Picasso et la danse, c’est d’une part découvrir le rapport du peintre espagnole au 6e Art, et de l’autre l’occasion de déambuler dans le Palais Garnier, joyau du XIXe siècle. Picasso aime le mouvement, le traduit dans ses oeuvres et va jusqu’à l’épouser lors de son union avec la danseuse du Ballet Russe Olga Khokhlova. Dessins, estampes, gravures, costumes, l’Opéra expose son amour pour les danses mythologiques, les danseuses à cheval dans les cirques, le corps du toréro en action face au taureau… Dix productions de ballets dont six des Ballets Russes lui font confiance pour les décors et costumes, oeuvres toujours au sein du répertoire du Ballet de l’Opéra national de Paris.

Opéra national de Paris
Picasso et la danse
19 juin – 16 septembre 2018
Bibliothèque – Musée de l’Opéra, Palais Garnier
Entrée à l’angle des rues Scribe et Auber, 9e
Ouvert tous les jours de 10h à 17h

 

La Maison Rouge – L’envol ou le rêve de voler 

Photographie noir et blanc d'un homme qui saute à l'horizontale avec une chaise.
La maison rouge / L’envol ou le rêve de voler / Lucien Pelen, « Chaise n° 2 » (détail), 2005, photographie noir et blanc © Lucien Pelen, Courtesy Galerie Aline Vidal

 

Qui n’a jamais rêvé de voler ? La Maison Rouge pose la question pour sa dernière exposition et pour l’envol de son fondateur et collectionneur Antoine de Galbert. Nombreux sont ceux qui ont essayé sans jamais y parvenir, et c’est à eux que les curators de l’exposition s’intéressent. Le célèbre film La Dolce Vita de Federico Fellini et sa scène culte du Christ en hélicoptère ouvre cette exposition aux multiples arts : moderne, contemporain, brute, ethnographique et populaire. Des machines volantes et des chaussures à ressort côtoient les photographies de Philippe Ramette et son défi de l’attraction. Un film de Gino de Dominicis qui bat des bras persuadé qu’un jour lui ou ses descendants y arriveront, fait suite à une sculpture de Rodin

La Maison Rouge
L’envol ou le rêve de voler
16 juin – 28 octobre 2018
10 boulevard de la Bastille, 12e
Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h

 

Fondation Cartier pour l’art contemporain – Junya Ishigami, Freeing Architecture 

Vue de l'exposition de Junya Ishigami. Projets d'architecture.
Fondation Cartier pour l’art contemporain, Junya Ishigami, Freeing Architecture © Giovanni Emilio Galanello

 

L’architecte japonais Junya Ishigami libère l’architecture des idées préconçues et livre au spectateur une vision audacieuse centrée sur l’humain. Avec plus de 30 maquettes réalisées pour l’exposition, ainsi que des dessins et des films, il est donné à voir ses recherches sur la fonction, la forme, l’échelle et l’environnement en architecture. Les titres de ses projets sont évocateurs : House of Peace, Cloud Garden, Cloud Arch. Le paysage, le bien-être, l’espace où chaque être est important de la naissance à la mort, semble être son leitmotiv. Sans fantasme, il imagine de nombreux desseins : jardin d’enfants, chapelle, musée, parc… Parfois en attente d’innovations techniques, qui selon lui seront réalisables dans le futur.

Fondation Cartier pour l’art contemporain
Junya Ishigami, Freeing Architecture
30 mars 09 septembre 2018
261 boulevard Raspail, 14e
Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 20h
Nocturne le mardi jusqu’à 22h

 

Institut Giacometti – L’atelier d’Alberto Giacometti vu par Jean Genet 

Vue de l'atelier d'Alberto Giacometti
Institut Giacometti / Atelier d’Alberto Giacometti © Marc Domage, succession Alberto Giacometti (Fondation Giacometti, Paris + Adagp, Paris)

 

Depuis un peu plus d’un mois, la Fondation Giacometti offre à Alberto son institut. L‘ancien atelier de l’artiste Paul Follot, inscrit au monument historique, accueille désormais l’atelier / lieu de vie du sculpteur, situé non loin de là, au 46 rue Hippolyte-Maidron, de 1926 à 1966. Révélé à l’identique, le public peut notamment voir les murs avec dessins et croquis, mégots de cigarettes, sculptures inédites tels que sa première sculpture, un portrait de son frère de 1914 et la dernière oeuvre sur laquelle il travaillait. Lieu d’expositions et de recherches, l’inauguration de l’institut se fait avec l’exposition L’atelier d’Alberto Giacometti vu par Jean Genet, exposition qui montre l’admiration de l’écrivain pour le sculpteur.

Institut Giacometti
L’atelier d’Alberto Giacometti vu par Jean Genet
21 juin – 16 septembre 2018
5 rue Victor Schoelcher, 14e
Ouvert sur réservation par créneau horaire
Le mardi de 14h à 18h
Du mercredi au dimanche de 10h à 18h