10 photographes du Festival Circulation(s)

Documentaires, fictions, photomontages, réalité crue et romancée… Les 50 artistes de cette nouvelle édition du Festival Circulation(s) n’ont aucune limite. A Nous Paris vous propose une sélection de 10 photographes qu’il ne faut surtout pas manquer.

 

Arthur Crestani – sélection du jury

"Bad City Dreams" © Arthur Crestani
« Bad City Dreams » © Arthur Crestani

 

Pour Arthur Crestani, l’Inde est un terrain de jeu parfait pour étayer ses questions sur l’urbanisation. Ancien étudiant en politiques urbaines et diplômé en 2017 de l’École Nationale Supérieure Louis-Lumière en photographie, son travail rappelle celui de l’artiste Jordi Colomer. Influence directe ou non, Arthur Crestani, avec sa série Bad City Dreams, superpose une triste réalité et un rêve idyllique. Par une mise en abîme, les habitants sont invités à poser à côté de publicités immobilières mensongères avec en arrière-plan, l’objectivité.   

 

Elsa Leydier – artiste invitée

Platanos con platino © Elsa Leydier
« Plátanos con platino » © Elsa Leydier

 

Avec ses photographies, Elsa Leydier questionne la représentation des territoires, l’image véhiculée d’un pays, d’une région. Au Festival Circulation(s), elle présente sa série Plátanos con platino, une valorisation de la région Colombienne du Chocó. Par sa réalité historique et politique, la Colombie et cette région résonnent avec criminalité, armes, enlèvements, attentats, etc. A contre-courant, Elsa Leydier ne nie pas cette réalité mais souligne la beauté et la luxuriance de la faune et la flore de ce territoire, trop souvent effacées.

 

Alessandra Calò – artiste invitée

"Kochan" © Alessandra Calò
« Kochan » © Alessandra Calò

 

De la tête au pied, Alessandra Calò cartographie son propre corps et celui d’anonymes dans sa série Kochan. Contextualisé par du texte, des plans et des cartes, le corps se construit par les expériences de la vie. Il est vu comme exploration d’un côté mais également comme traces de passages sur Terre. L’identité est marquée par nos voyages, nos rencontres, nos épreuves, nos apprentissages, nos lectures, etc.  L’association textes et images permet à l’artiste d’offrir une triple lecture, le corps, l’écrit puis un lien entre les deux comme image de la mémoire.

 

Angélique Stehli – sélection du jury

Oeuvre de la série Pink Cells d'Angélique Stehli
« Pink Cells » © Angélique Stehli

Actuellement étudiante à l’École Cantonale d’Art de Lausanne (ECAL), Angélique Stehli s’intéresse à un phénomène intriguant. Les images de sa série Pink Cells sont-elles des photographies de maquettes ou de maisons de poupées sobres et particulières ? Bien au contraire, il s’agit d’une prison dont les cellules sont peintes en rose. Selon plusieurs études, les couleurs ont des propriétés positives et négatives sur l’homme. A contrario du rouge, une certaine nuance de rose établie par le scientifique Alexander G. Schauss réduirait l’agressivité et l’hostilité.

 

Louis Quail – sélection du jury

"Big Brother" © Louis Quail
« Big Brother » © Louis Quail

 

Avec sa série Big Brother, grand frère et référence directe à l’émission de téléréalité, Louis Quail plonge le spectateur dans son intimité. Et plus particulièrement dans le quotidien de son frère et de sa maladie, la schizophrénie. Tel un documentaire, cette maladie qui fait peur est ici photographiée et filmée de manière frontale et sans artifice. Certaines images montrent un frère comme tous les autres quand d’autres contrebalancent avec la réalité de la maladie. Un regard d’un frère sur un frère, touchant et plein d’humanité.

 

Murray Ballard – artiste invité

"The Prospect of Immortality" © Murray Ballard
« The Prospect of Immortality » © Murray Ballard

 

Réalité ou fiction ? C’est la question que l’on se pose quand on regarde le travail photographique et documentaire de Murray Ballard sur la cryogénisation. Sa série The Prospect of Immortality retrace le parcours de ce phénomène débuté en 1962 par le théoricien Robert Ettinger dans son livre La perspective de l’immortalité. Ses photographies dégagent une sensation de malaise, d’inconfort à celui qui les regarde, sans doute liée au sujet de la mort et à un concept étrange. Aujourd’hui, 200 personnes sont cryogénisées et 2000 autres le seront à leur mort. 

 

Tomeu Coll – sélection du jury

"Nevermind Sovietland" © Tomeu Coll
« Nevermind Sovietland » © Tomeu Coll

 

Nevermind Sovietland. Tomeu Coll annonce la couleur avec son reportage photographique sur la ville de Vorkouta. Située au nord du cercle polaire Arctique, cette ville ne prospère ni par son histoire ni par sa situation géographique. Totalement isolée du reste de la Russie, elle est construite au moment du soviétisme par les prisonniers d’un ancien goulag dans les années 30. Sa mémoire est liée à des événements tragiques qui résonnent avec les mines de charbon, la mort et le froid. C’est donc une ambiance étrange et d’isolement, un autre espace-temps, qui transparaissent dans ses photographies.

 

Francesca Catastini – sélection du jury

"The Modern Spirit is Vivisective" © Francesca Catastini
« The Modern Spirit is Vivisective » © Francesca Catastini

 

Ancienne étudiante en biologie, Francesca Catastini décide finalement d’être photographe, sans pour autant mettre de côté cette matière du vivant. Avant d’être exposée, sa série The Modern Spirit is Vivisective est un manuel qui flirte entre l’art et la science. Et cela avec d’anciennes photographies de chercheurs et étudiants en anatomie, des extraits scientifiques, des illustrations de la Renaissance et des photographies de l’artiste. Ce panel d’images est à voir comme un cabinet de curiosités, une étude de l’esprit moderne au centre de laquelle se trouve l’homme.

 

Maria Moldes – sélection du jury

"Bloop" © Maria Moldes
« Bloop » © Maria Moldes

 

Avec sa série Bloop, Maria Moldes photographie une contradiction dans la ville de Lo Pagán en Espagne. Et plus particulièrement dans la Mar Menor. Cette lagune de mer salée, site touristique pour les vacanciers qui, selon l’office du tourisme, souhaitent profiter de ses bains de boue bénéfiques à la santé, seraient en réalité nocifs. Pesticides et rejets d’eaux usées seraient plus adéquats pour définir ce lieu soit disant idyllique. La photographe joue avec cette publicité mensongère entre mises en scène et images prises sur le vif. Le public ne sait pas s’il souhaite être à leur place, s’il doit en rire ou trouver cela révoltant de la part des pouvoirs publics.

 

Defrost Studio, Maria Ghetti et Marco Tiberio – artiste invité

"ImmoRefugee" © Defrost Studio
« ImmoRefugee » © Defrost Studio

 

Composé des artistes Maria Ghetti et Marco Tiberio, Defrost Studio est totalement barré. Ironiques et critiques, ils questionnent la société et les individus qui la composent. Dans le cadre du Festival Circulation(s), ils proposent ImmoRefugee un guide immobilier pour la « New Jungle », le camp des migrants installé dans la banlieue de Calais. Réel ou inventé ? Ce document pose la question sur la réalité de son existence. Comme un guide, différents types d’hébergements et prestations sont proposés. Le but est-il de critiquer la manière dont les politiques abordent ces problématiques ? Le duo ne donne pas de réponse.

 

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Festival de la Jeune Photographie Européenne

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