5 stand-up hilarants à regarder sur Netflix pendant le confinement

Ce n’est pas parce que vous n’avez plus de vie sociale que vous devez renoncer à vous marrer. Au contraire. Pendant ces semaines de confinement, vous avez tout le temps de regarder ces excellents stand-up venus des États-Unis, d’Australie ou de France. Histoire de vous sentir (malgré tout) connecté aux autres humains de cette planète.

Ali Wong, Hard Knock Wife, 2018

Ali Wong est enceinte jusqu’aux yeux, et Ali Wong est en colère. Car l’humoriste américaine d’origine vietnamienne vient de donner naissance à son premier enfant, et s’est alors rendu compte de tout ce qu’on ne lui avait pas dit. Personne ne l’avait prévenue qu’« être mère au foyer, c’est un boulot à plein temps sans salaire ni collègue, où on est placé à l’isolement avec un Tamagotchi humain ». Entre la torture de l’allaitement, les couches que doit porter la mère après l’accouchement et la disparition de sa vie sexuelle… Ali Wong parvient à renouveler le genre de la mère trash, sans jamais tomber dans la vulgarité malgré toutes les insanités qu’elle débite. Du génie.

Hannah Gadsby, Nanette, 2018

Écrit et interprété par la comédienne australienne Hannah Gadsby, Nanette est tout simplement l’un des spectacles de stand-up les plus intelligents et modernes de ces dernières année s. La quadragénaire commence par nous fait rire d’elle-même et de son look si androgyne qu’elle est souvent prise pour un homme… Avant de partir dans une démonstration passionnante sur la misogynie dans l’art, les clichés autour des troubles mentaux, le mansplaining et la lesbophobie. On passe du rire aux larmes, on s’amuse autant qu’on réfléchit au traitement réservé aux minorités dans nos sociétés. Le spectacle est sorti en 2018, et on a envie de croire qu’il dessinait déjà les contours de l’humour de demain.

John Mulaney, Kid Gorgeous at Radio City, 2019

Ah, John Mulaney. Y a-t-il un seul comédien aussi attachant dans la scène stand-up du moment ? Sous ses airs de gendre idéal en costume parfaitement ajusté, le trentenaire est resté un gamin. Un « kid » de bonne famille qui n’a toujours pas digéré les absurdités du monde des adultes, et décide de régler ses comptes sur scène. Ici, pas de cynisme ou de grincement de dents. Dans Kid Gorgeous at Radio City, comme dans son précédent one man show The Comeback Kid, John Mulaney enchaîne les saynètes bizarres et hilarantes. Et nous prouve qu’on peut faire rire à gorge déployée sans rabaisser personne – il suffirait de garder son regard d’enfant.

Fary, Hexagone, 2020

L’humoriste d’origine cap-verdienne est de retour avec son élégance caractéristique pour faire ce qu’il a toujours fait : se moquer (méchamment) de nous. Sa nouvelle cible ? La France entière, rien que ça. Car ce qui nous rassemble, ce sont surtout nos défauts, n’est-ce pas ? Notre arrogance, notre individualisme, notre fierté ridicule… Avant ce second spectacle, Fary a voyagé en Afrique francophone, au Canada, à New York. Et donc pris de la distance pour mieux nous observer. Toujours très drôle et un poil dédaigneux, il n’oublie pas de se tourner en dérision – après tout, il incarne à la perfection certains des stéréotypes des « Hexagonaux ». C’est ce qui apporte un peu de tendresse à ce deuxième spectacle très réussi.

Aziz Ansari, Right Now, 2019

Aziz Ansari, 37 ans, est depuis des années une figure populaire de l’humour made in America. Révélé dans Parks and Recreation, créateur de la géniale série Masters of None, il s’est imposé comme un comédien progressiste, défenseur de la première heure du mouvement #metoo. Mais en janvier 2018, sa carrière vacille après des accusations d’inconduite sexuelle : il aurait fait des avances bien trop insistantes à une jeune femme après un rendez-vous amoureux. L’humoriste est resté un an loin de son public, pour revenir l’été dernier avec Right Now. Un show introspectif et sensible, qu’il commence en exprimant ses regrets et ses excuses. Avant de se lancer progressivement dans une satyre acerbe et hilarante du politiquement correct américain. Les Blancs qui adorent Crazy Rich Asians, le dilemme moral des fans de R. Kelly et Michael Jackson… À la fin de son spectacle, le trentenaire remercie son public et s’accorde une confession. « J’ai imaginé un monde où je n’aurais plus jamais la chance de faire ça. Et c’est presque comme si j’étais mort« . En faisant preuve d’honnêteté, il parvient à faire son mea culpa avec classe.