6 YouTubeuses féministes à connaître absolument

A mi-chemin entre introspection et dérision, questionnant aussi bien l’esprit que le corps, elles imposent sans détour leurs voix vives au sein d’un YouTube français majoritairement masculin. Focus sur six YouTubeuses féministes qu’il vous faut absolument connaître.

 

Antastesia

Féminisme intersectionnel, veganisme, émotions fortes et arts. C’est ce que propose Antastesia au gré de ces mini-thèses. A mi-chemin entre expérience de vie, témoignage intime et dissertation sociologique. Au gré d’accroches faussement provocs (« Comment mépriser les hommes, ni vu ni connu, Chère Catherine Deneuve & autres « traîtresses », Pourquoi je ne veux pas d’enfants), la YouTubeuse fait le choix de l’énonciation face caméra pour mieux prôner la distance critique. Ou comment décliner un lexique bourdieusien en diable pour nous parler des masculinités, de la misère sexuelle et du consentement. Nécessaire à l’heure de #MeToo.

 

Antitésie

Peut-on être macroniste et féministe ? Au sein d’Antitésie, Meryl privilégie la polémique aux cosmétiques. Sa spontanéité se met au service d’un discours body et mind positive, vision optimiste et volontiers aiguisée qu’elle pointe sur les diktats de la beauté, le harcèlement scolaire, la fin du patriarcat et le libéralisme. Un appétit du débat que l’on retrouve chez d’autres âmes militantes, de la « Semaine Anti-Sexiste » de La Carologie à la chaîne d’Esther.

 

Gaelle Garcia Diaz

 

Attention, électron libre. Gorgée d’astuces-lipsticks, de séances d’unboxing et autres essais de fonds de teint, la chaîne de Gaelle Garcia Diaz ressemble de loin à celles d’EnjoyPhoenix, d’Elsa Makeup ou d’Amivi. Sauf que l’intéressée y file des « tutos de salope qui se respecte » et autres tips réservés aux « grosses pucelles du makeup » pour « avoir un boule de grosse tchoin« . « C’est du second degré, voire même du troisième degré » assure-t-elle au gré d’une vidéo. Si Diaz craquelle le vernis des tutos beauté à coups de saillies trash, c’est pour mieux déstabiliser le tout-venant misogyne et délivrer la féminité de tous ses complexes. Jusqu’à adapter cette logique à son propre corps, se rasant le crâne en soutien à sa belle-soeur cancéreuse pour mieux scander que « la beauté, ce n’est pas du tout dans le cheveux« .

 

Léa Bordier

 

Ponctuée de quelques notes de piano, la série des Cher Corps de Léa Bordier dénote par son double effet kiss cool : valoriser les vidéastes les plus singulières (Clémence alias Clemity Jane, Charlie Danger des Revues du Monde, Juliette de Coucou les girls) et militer pour une vision sincère et sans filtre de la féminité. Au gré de ces journaux intimes visuels, des femmes plurielles se mettent à nu et effeuillent leur rapport au physique, au désir, au slut shaming, à cette émancipation qui point à l’horizon. Ou quand la cause s’éclaire dans un cadre cosy.

 

Aude GG

Les habitués de Golden Moustache connaissent cette comédienne charismatique, glissant avec aisance du burlesque au drame. Mais avec son projet Virago, ce sont d’autres personnages auxquels Aude Gogny-Goubert prête ses traits. Ces femmes qui, de Marguerite Durand à Irène Joliot-Curie en passant par Helen Keller, ont fait l’Histoire. Mais pas forcément celle que l’on raconte dans les livres. Ces scientifiques, artistes et militantes oubliées, souvent recouvertes par l’ombre de leurs collègues masculins, ont démontré que la femme était non seulement l’avenir de l’homme, mais aussi son passé et son présent. Piqûre de rappel.

 

Clemity Jane

 

Des savoureuses prises de tête de Solange te parle aux digest psychanalytiques de Mardi Noir, certaines chaînes valent toutes les séances chez le psy. C’est sur cette voie que s’inscrivent les vidéos sex positive de la pétulante Clemity Jane, testeuse de sex toys prônant le bien-être et le bien-jouir. Quand elle n’évoque pas les vibromasseurs à sa jeune audience, Clémence digresse sur sa relation au corps, la tension entre militantisme et désirs sadomasochistes, fantasmes sulfureux et féminisme bien affirmé. Ludique sans jamais être lubrique.