A la découverte du quartier des Halles

Emile Zola les avait surnommées le Ventre de Paris. Les Halles constituent la principale source d’approvisionnement de la capitale depuis l’arrivée du marché au 12e siècle. Quartier forcément très populaire, il regorge d’anecdotes rocambolesques et de lieux chargés d’histoires.

 

La fontaine des Innocents

© La Tête en L'Air
© La Tête en L’Air

 

La fontaine est le dernier témoin d’une ancienne institution parisienne : le cimetière des Innocents, du nom de l’église attenante. Présent dès le 8e siècle, il s’agrandit à l’arrivée du marché de Paris sur l’emplacement voisin des Halles en 1137.  Il devient un lieu très apprécié : prostituées, pilleurs, receleurs d’objets volés, vagabonds côtoient visiteurs du dimanche et fêtards ivres. Le cimetière est fermé en 1780 pour des raisons sanitaires évidentes. Les ossements sont transférés dans les anciennes carrières transformées en catacombes, au sud de Paris. Du Moyen Âge jusqu’au 18e siècle, on estimerait à 2 millions le nombre de Parisiens ayant fini sous terre de ce cimetière intra-muros.

Place Joachim du Bellay, 1er
M° Châtelet ou Les Halles

 

La rue de la Ferronnerie

© La Tête en L'Air
© La Tête en L’Air

 

Nous sommes le vendredi 14 mai 1610. Henri IV décide de se rendre au chevet de Sully, alors souffrant. Le domicile de son ministre des finances étant proche du Louvre, le Roi prend une escorte légère, composée de quelques fantassins. Il est 16h, le monarque s’engouffre dans la rue de la Ferronnerie lorsque son carrosse est bloqué par une charrette de foin manœuvrant avec difficulté. Un homme profite de la confusion et poignarde le souverain à la poitrine à plusieurs reprises. Ravaillac est appréhendé et traîné à la prison de la Conciergerie. Henri IV meurt tandis qu’on le ramène au Louvre. Une plaque au sol avec les armoiries du Roi de France et de Navarre rappelle l’emplacement de ce régicide.

Rue de la Ferronnerie, 1er
M° Châtelet ou Les Halles

 

L’église Saint-Eustache

© La Tête en L'Air
© La Tête en L’Air

 

En 1532, François 1er lance la création d’une grande église digne du cœur populaire de Paris. Sa construction est ralentie par de fréquentes difficultés de financement et connaît au fil des siècles des aménagements, parfois inachevés, comme les tours de la façade occidentale. Si les obstacles rencontrés n’avaient pas été aussi nombreux, l’édifice aurait pu rivaliser en taille avec sa célèbre voisine, Notre-Dame de Paris. À l’intérieur, on y découvre un des plus grands orgues de France et le triptyque « La Vie de Jésus » offert par Keith Haring à la ville de Paris. Encore aujourd’hui, Saint-Eustache conserve, grâce à son emplacement, sa vocation d’église du peuple.

2, impasse Saint-Eustache, 1er
M° Châtelet ou Les Halles