Agenda des galeries : les expos de juin 2019

Tant d’expos, tant de galeries : à Paris, difficile d’y voir clair. Cette petite sélection vous aidera à vous faufiler parmi les propositions. Bien sûr, toutes sont gratuites et libres d’accès. Idéal avant les vacances et les grimaces du porte-monnaie ! 

Stéphanie Varela à la galerie Marguerite Milin

expos de juin
© Stéphanie Varela. « La Voie lactée a neuf mois », cliché photographique perforé et installé en caisson de bois de bouleau rétroéclairé, 20 x 30 cm, 2019

 

Ce projet a la saveur de l’inédit. Il nous semble n’avoir jamais vu de travail esthétique aussi poussé sur un geste pourtant bien commun : l’allaitement. Stéphanie Varéla, artiste trentenaire nouvellement mère, s’est penchée sur le sujet en relevant ce qu’il avait d’extraordinaire. Ainsi ses photographies sur fond noir et caisson lumineux capturent des jets de lait extraordinaires, parfois multiples ; et le grand coffre à jouets, hérité de sa propre mère, d’accueillir les relevés quotidiens des quantités de lait qu’elle-même donnait à son enfant. « Le coffre en serait rempli ! Belle performance, non ?« , sourit la galeriste Marguerite Milin. En effet : on est bluffés.

Stéphanie Varéla. Voie(s) lactée(s)
Du 29 mai au 6 juillet 2019
Galerie Marguerite Milin
46 rue du Château d’Eau, 10e

Kehinde Wiley à la galerie Templon

expos de juin
Kehinde Wiley, Portrait of Kea Loha Mahuta II, 2019. Huile sur lin, 190 x 240 cm

 

Jusqu’à il n’y a encore pas si longtemps, les grands portraits honorifiques étaient réservés aux personnes riches, de préférence blanches, puissantes. Kehinde Wiley, merveilleux peintre américain, a bousculé ces codes étouffants en se concentrant sur des anonymes, et notamment sur des personnalités noires ; son portrait de Barack Obama, réalisé en 2016 à la Maison Blanche, l’a rendu célèbre – alors même que celui-ci constitue une exception dans son travail dédié aux invisibles. Immédiatement reconnaissable, son travail est marqué par l’usage de grands formats ainsi que par sa technique ultra-précise et par ses stupéfiants fonds fleuris, à motifs végétaux ou paysagers. À la galerie Templon, il présente une série réalisée à Tahiti où il a travaillé durant un an autour de figures transexuelles. Une claque visuelle et politique (coucou Gauguin !).

Kehinde Wiley. Tahiti
Du 18 mai au 20 juillet 2019
Galerie Templon
28 rue du Grenier-Saint-Lazare, 3e

Annette Messager à la galerie Marian Goodman

expos de juin
Annette Messager, Sleeping Deepred, 2017-2018, duvet, papier maché, acrylique, corde, 170 x 153 x 20 cm

 

Chic ! De nouvelles œuvres d’Annette Messager, artiste française que l’on connaît pour ses installations de tissages et de photographies intimes et sensuelles. Avec un inédit : pour la toute première fois, Annette Messager présente à la galerie Marian Goodman un travail vidéo intitulé Perdu dans les Limbes. Soit « des fragments de corps, mains, cheveux, seins, ventre, qui semblent sortir d’un angle de mur, très fantomatiques », explique l’artiste, qui plonge en effet le spectateur dans le noir total, avant de laisser apparaître un ventre rebondi dans un coin. Et c’est ce qu’on préfère dans cette série de nouveaux travaux. À voir également : au rez-de-chaussée, de drôles de silhouettes faites en sacs de couchage qui rodent sur les murs et nous effraient un peu, et au sous-sol, Innocents, help, une installation librement inspirée du peintre français Nicolas Poussin et de son Massacre des Innocents (c. 1629).

Annette Messager, Sleeping Songs
Du 24 mai au 19 juillet 2019
Galerie Marian Goodman
79 rue du Temple, 3e

Guillaume Bresson à la galerie Obadia

expos de juin
Guillaume Bresson, Sans titre, 2018-2019. Huile sur toile, 198 x 280 cm

 

Bien connu des amateurs de peinture contemporaine, Guillaume Bresson étonne toujours. À la galerie Nathalie Obadia, l’homme spécialiste des scènes de rue hyperréalistes et violentes présente petits, moyens et grands formats réalisés durant son séjour à New York. La ville lui a semble-t-il inspiré des échappées vers un nouvel imaginaire : nature, mer et surtout morceaux de vide s’invitent désormais entre ses corps en lutte. Et c’est toujours aussi stupéfiant de grâce.

Guillaume Bresson
Du 18 mai au 29 juin 2019
Galerie Nathalie Obadia,
3 rue du Cloître Saint-Merri, 4e

Xavier Antin à la galerie Crèvecoeur

expos de juin
Vanishing Workflows (des fleurs de Singapour), 2019, Crèvecoeur, Paris © Aurélien Mole

 

Il existe des machines qui génèrent toutes seules de l’argent sur internet (c’est dit bien rapidement noterez-vous, mais c’est l’art qui nous intéresse, et non les procédés obscurs qui ont pour seul mérite d’intéresser les plasticiens curieux !). Xavier Antin a transformé l’une d’entre elles en sculpture décharnée, qu’il expose au sein de la galerie Crèvecœur. L’argent créé par celle-ci ne sert qu’à une chose : acheter des bouquets de fleurs, qui sont ensuite livrés et s’accumulent dans l’exposition. À cela s’ajoutent de grands pans de tissus colorés, clins d’œil à Joseph Marie Jacquard et à son métier à tisser automatique qui serait, nous dit-on, l’ancêtre de l’ordinateur…

Xavier Antin. Vanishing Workflows (des fleurs de Singapour)
Du 17 mai 2019 au 20 juillet 2019
Galerie Crèvecœur
9 rue des Cascades, 20e


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