Agenda des galeries : les expos à voir en novembre

La fin de l’été indien a sonné : il est grand temps de passer nos samedis au musée, pour nous réchauffer au contact de l’art. Ou, plutôt, dans les galeries, évidemment toutes gratuites et dont la diversité des expos à voir nous offre des parcours éclectiques, du quartier du Marais au centre de Pantin. La preuve par 5.

 

Sophie Calle en musique à la galerie Perrotin

Oeuvre de Sophie Calle à la galerie Perrotin à Paris
© Souris Calle, Sophie Calle. Courtesy Galerie Perrotin

 

C’est l’un des événements de la saison : pour sa quinzième exposition entre les murs de la galerie Perrotin, l’artiste française Sophie Calle présente deux projets, l’un photographique et l’autre musical. Parce que est une suite de tableaux dissimulés derrière des rideaux brodés de textes. L’artiste explique tout d’abord pourquoi elle a pris la photo, puis le visiteur soulève le rideau et découvre l’image. Un geste poétique, qui casse la distance entre l’oeuvre d’art et celui qui la regarde. Même topo dans la seconde partie de l’exposition, qui propose une immersion dans les quarante chansons que Sophie Calle et ses invités (parmi lesquels Pharrell Williams, Brigitte, Juliette Armanet, Bono, Camille… Rien que ça !) ont enregistrées chacun à leur tour pour le petit chat de l’artiste, Souris, mort en 2014. À base de jeux de mots (« Chat va mon chamarré ? Chalumeau de mon âme » chante Clarika) et de confidences (« Les sensations manquantes te remplacent » souffle Sophie Calle dans l’ultime morceau de l’album), l’ensemble s’avère absolument ravissant et s’écoute sagement assis dans de petits boxes. L’art narratif de Sophie Calle nous emporte, encore une fois, totalement !

Sophie Calle : Parce que et Souris Calle 
Galerie Perrotin
76 rue de Turenne, 3e

Du 13 octobre au 22 décembre 2018

 

Monumental Minimal à la galerie Thaddaeus Ropac

Oeuvre Monumental Minimal à la galerie Thaddaeus Ropac à Paris
© Monumental Minimal. Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac

 

Ils s’appellent Dan Flavin, Carl Andre et Donald Judd. Artistes américains emblématiques du minimalisme, ils sont réunis sous les verrières de la sublime galerie Thaddaeus Ropac de Pantin (Seine-Saint-Denis). En une vingtaine d’oeuvres auxquelles s’ajoutent les gestes de Sol LeWitt, Robert Mangold et Robert Morris, l’expo explore la radicalité de l’art minimal par le prisme du monumental. Oeuvres géantes, impressions décuplées, le sculptural se trouve ici parfaitement mis en valeur. Ébloui par les néons de Dan Flavin,  étourdi par les courbes du feutre découpé de Robert Morris ou contournant soigneusement l’installation au sol de Carl Andre, le visiteur voit son corps impliqué dans la réflexion artistique de ces artistes amateurs de matériaux industriels et de formes brutes qui dialoguent avec l’architecture. Une remise en question totale de la sculpture traditionnelle qui se révèle, encore aujourd’hui, singulière et excitante. Sans doute grâce à la scénographie parfaite qui joue avec les murs, les coins et les sols de la galerie.

Monumental Minimal
Galerie Ropac, 69 avenue du Général Leclerc, 93500 Pantin
Du 17 octobre 2018 au 23 mars 2019

 

Ellen Von Unwerth à la galerie La Hune

Photo de Ellen Von Unwerth exposée à la galerie La Hune à Paris
© Ellen Von Unwerth. Courtesy La Hune

 

C’est l’une des expositions à ne pas manquer. Surtout parce qu’elle marque le retour sur la scène parisienne de La Hune, ancienne librairie devenue galerie, et malheureuse victime il y a un an d’un incendie important. La photographe allemande Ellen Von Unwerth ouvre le bal, avec une série d’images qui vous donneront le rose aux joues. Spécialiste de la photographie de charme et de mode, Ellen Von Unwerth fait dialoguer les corps parfaits dans des poses sulfureuses, s’embrassant volontiers. Elle a immortalisé Rihanna, Claudia Schiffer, Irina Shayk et Vanessa Paradis en jeunes femmes passionnées, ultra-sensuelles, libres, sexuelles. Rouges à lèvres provocants, fruits défendus et ventres alanguis dans des décors naturels… Si vous cherchiez une exposition qui chatouille, la voilà toute trouvée !

Ellen Von Unwerth : Guilty pleasures
Galerie La Hune
16-18 rue de l’Abbaye, 6e

À partir du 14 novembre 2018

 

ORLAN à la galerie Ceysson & Bénétière

Oeuvres de ORLAN à la galerie Ceysson & Bénétière à Paris
© ORLAN avant ORLAN. Courtesy Galerie Ceysson & Bénétière

 

On la connaît surtout pour son improbable dégaine, ses cheveux bicolores, son visage remodelé et son Body Art virulent et féministe. Mais avant d’être si radicale, qui était la jeune ORLAN ? C’est à cette question que répond l’exposition automnale de la galerie Ceysson & Bénétière. ORLAN avant ORLAN raconte l’histoire des jeunes années de l’artiste (née en 1947 à Saint-Étienne), qui a réalisé, entre 1971 et 1974, des peintures intitulées Problématiques géométriques. On découvre un premier engagement à rebours des principaux mouvements des années 70 que sont le Nouveau Réalisme ou l’art cinétique, et une exploration des possibilités géométriques, des contrastes colorés, de motifs mécaniques, comme modulés par des machines. Un art tout sauf gentillet, qui témoigne des préoccupations féministes et anti-patriarcales de l’artiste, toute jeune et imprégnée de l’air du temps post-Mai 68.

ORLAN avant ORLAN 
Galerie Ceysson & Bénétière
23 rue du Renard, 4e
Du 18 octobre au 8 décembre 2018

 

Hans Hartung à la galerie Brame & Lorenceau

Oeuvre de Hans Hartung à la galerie Brame & Lorenceau à Paris
© Hans Hartung. Courtesy Galerie Brame & Lorenceau

 

Chic ! Une exposition célèbre Hans Hartung (1904-1989), peintre d’origine allemande maître de l’art abstrait dont on ne se lassera décidément jamais. Sur les murs de la galerie Brame & Lorenceau, une trentaine de toiles et d’œuvres sur papier. Réalisées entre le début des années 50 et la fin des années 60, elles sont parfaitement représentatives du style Hartung. De larges tracés, des couleurs vives servent un jeu élégant sur la trace, sur l’évanescence des pastels. D’une force vive, toujours aussi captivantes, ses œuvres nous donneraient presque envie de casser notre tirelire… On peut toujours rêver !

Hans Hartung
Galerie Brame & Lorenceau
68 boulevard Malesherbes, 8e

Du 15 novembre au 15 décembre 2018