Ah ! Le grand homme

Envie de découvrir l’envers du décor théâtral ? Cette farce co-signée Pierre et Simon Pradinas vous exaucera volontiers. L’argument annonce une farce délirante : un metteur en scène fumeux (Jean-Luc Porraz) convoque cinq comédiens (Yvan Le Bolloc’h, Jean-Jacques Vanier, Stéphan Wojtowicz, Jean-Pierre Malignon et Serena Reinaldi) prêts à tout pour exercer leur métier.

Leur mission : imaginer et jouer un spectacle en hommage à Jean Vilar, le « Grand Homme », qu’ils devront célébrer à leur (singulière) façon et ce, le soir même, sans avoir de texte ni de canevas ! Un défi « unique et exceptionnel » explique le maître d’œuvre soutenu par son assistant bas de plafond (Aurélien Chaussade). S’inspirant d’une vraie résidence d’écriture, les deux frères braquent leurs projecteurs sur ce qui se fait de pire dans ce petit monde : égocentrismes, mesquineries, rapports de pouvoir, etc. Cela va du comédien à succès plein de morgue majestueusement drapé dans son manteau blanc, à la doublure lumière en mal de rôle, en passant par l’administrateur du lieu qui drague lourdement le seul élément féminin de cette troupe de bras cassés.

Très vite, les comédiens se demandent s’ils ne sont pas les cobayes d’une véritable mascarade. Le spectateur, lui aussi s’interroge car l’affaire tourne vite au patchwork indécis, au bazar mal maîtrisé trottinant sur le fil du burlesque et de la déglingue. On voudrait plus d’âpreté, de nerf dans les dialogues mais aussi dans la mise en scène (Panchika Velez). Une scène retient l’attention : le numéro entre Rodrigue et Don Diègue qui nous permet d’entendre la vraie voix de Gérard Philipe et celle de Jean Vilar, échos lointains du palais des Papes. C’est amusant par instants (Vanier et Le Bolloc’h sont au top), anodin souvent, long, trop.

Note : 3/5