Alma Jodorowsky, soleil d’été

Si hérédité il y a, c’est certainement le talent et le côté touche-à-tout qu’Alma a reçu de son fantasque grand-père, Alejandro. Mannequin, chanteuse, et comédienne, elle est à l’affiche cette semaine de la comédie Juillet Août. L’occasion d’enfin bien débuter l’été.

Quelle est la part d’autobiographie dans ce film sur deux sœurs adolescentes qui partent en vacances un mois avec leur mère et un mois avec leur père ?

Alma Jodorowsky : À part le fait que j’ai aussi deux sœurs plus jeunes, je pense que c’est surtout le romantisme du personnage. Je me retrouvais aussi là-dedans, un peu plus jeune, même si je n’ai pas trop connu d’amours de vacances. Mais je suis une grande amoureuse, en règle générale.

Et les vacances avec les parents séparés, vous avez connu ça ?

Oui, maintenant c’est presque devenu rare pour les gens de ma génération d’avoir des parents qui sont encore ensemble.

En plus de votre carrière de comédienne, vous avez aussi posé pour Karl Lagerfeld, Chaumet ou Lancôme. Quel effet ça fait d’être une égérie ?

C’est un truc en parallèle de mon métier d’actrice, que je prends plus ou moins au sérieux. Mais ça me permet une sécurité financière qui me donne le pouvoir de faire des choix par rapport aux films que je fais, et d’un autre côté, de communiquer sur mes projets en cinéma ou en musique. Donc je le prends plus comme un outil que comme une fin en soi.

Et faire la couverture des magazines, c’est comment ?

C’est un peu bizarre, mais je n’en ai pas fait encore 36 000 non plus. C’est assez chouette. Moi, ce qui me fait plaisir, ce sont mes copains ou ma famille qui m’envoient des petits selfies avec ma tête derrière eux. (rires)

Quels sont vos projets ?

J’ai un autre film, Kids in Love qui sort début septembre en France. C’est aussi un film d’été centré sur l’amour et la famille. Et je suis en train de tourner la deuxième saison de La vie devant elles pour France 3.

Et la musique dans tout ça ?

J’ai mon album, avec mon groupe Burning Peacocks, qui arrive cet automne. Il y a un premier extrait Tears of Lava qui est sorti en mai dernier et dont j’ai réalisé le clip. On a enregistré l’album avec Jean-Benoît Dunckel, qui est un des deux mecs de Air. C’était une super expérience, on a appris plein de trucs.

Qu’est-ce que les gens vous disent lorsqu’ils vous reconnaissent dans la rue ?

Ça ne m’est pas encore beaucoup arrivé (rires). L’autre jour une ado dans un restaurant m’a reconnue et elle m’a demandé si elle pouvait faire un selfie. Le selfie, c’est un peu le nouvel autographe.

Est-ce que vous rêviez de ça quand vous étiez enfant ?

De faire des selfies ? (rires) Oui, c’est venu assez jeune car mes parents sont comédiens et c’est ça qui m’a donné envie. Mais en même temps, ce qui est bien c’est que même si c’était marrant pour moi, enfant, d’aller en tournée et d’essayer les costumes de ma mère, je savais que c’était un vrai boulot, qu’il fallait bosser, et que ça n’arrivait pas comme ça. J’ai pris des cours de théâtre depuis toute jeune.

Quel a été, selon vous, votre premier succès ?

Je n’aime pas dire succès, car j’ai toujours l’envie d’aller plus loin. Dans le succès, il y a un peu une sorte de fin en soi. Et moi, j’aime ce métier, parce que justement on n’arrive jamais à atteindre un but ultime. On continue à avancer tout le temps.

Quelle est votre première idole rencontrée en vraie ?

La première… je ne sais pas, mais la dernière c’est Leonardo DiCaprio. On a repéré Leo dans une fête à Cannes, on l’a espionné, et suivi, pour s’approcher de lui. C’est horrible, comme une bête de foire. Mon cœur battait à mille à l’heure. C’était ridicule, et je n’ai pas osé l’aborder. Rien que de l’avoir à quelques mètres, ça m’a suffi.

Est-ce que le talent est héréditaire ?

Je ne pourrais pas répondre à cette question. Je ne pense pas, mais oui, le fait d’avoir des parents, et plus, dans le domaine artistique, ça permet de rêver et ça permet de se faire un peu confiance aussi. Et d’accepter le fait que c’est possible aussi de vivre de ça. Il faut suivre ses rêves ou leur donner une chance en tout cas. Mais que ce soit comédienne, mathématicienne ou dentiste, mes parents m’ont toujours dit de tout donner pour faire ce que j’avais envie de faire.

Est-ce que votre héritage est facile à porter ?

Des fois ce n’est pas facile, parce que ça donne l’impression qu’il y a quelque chose de plus à prouver. Mais, je suis plutôt positive dans la vie, et j’essaie de le prendre comme quelque chose qui, au contraire, va me donner plus d’énergie pour y arriver, et m’inscrire et m’affirmer en tant qu’individu. Et pas simplement comme quelqu’un qui fait partie d’une famille.

On a l’image des grands-pères qui racontent les histoires avant de s’endormir. Est-ce que c’était le cas pour vous avec un grand-père aussi fantasque qu’Alejandro Jodorowsky ?

Non, mais j’avais un autre grand-père, Maurice, que j’aimais beaucoup et qui me racontait des histoires. Mais Alejandro, on ne se connaît pas vraiment en fait. Nous ne sommes pas proches.

Pour terminer sur une note estivale, quel est votre meilleur souvenir de vacances ?

J’en ai beaucoup, mais les meilleurs, ce sont des souvenirs avec ma sœur. Notamment aller se baigner dans le cirque de Navacelles, dans les Cévennes. J’ai une maison dans le Larzac, du côté de ma mère, où je vais depuis que je suis née. Là, ça fait deux ans que je tourne l’été, et je suis un peu malheureuse de ne pas pouvoir y aller, parce que c’est le moment où je me retrouve, où il y a la famille. C’est un endroit assez sauvage qui me plaît plus que la mer. J’aime bien être un peu isolée et être forcée d’être en quelque sorte coupée du monde. Il n’y a pas de réseau téléphonique, pas internet. C’est wild !

Et votre pire souvenir de vacances ?

Peut-être il y a deux ans, à un moment où je me suis mal organisée. Du coup, je me suis retrouvée la moitié du mois d’août à Paris toute seule, avec mon copain qui bossait. J’ai donc passé mes journées à flâner, solitaire, comme une âme en peine. Ce qui était assez romantique… enfin les trois premiers jours, après j’ai eu un peu le blues (rires).

Un mot de conclusion ?

Je n’ai pas de mot de conclusion. J’aime bien les fins ouvertes.

Juillet Août, de Diastème, avec Luna Lou, Alma Jodorowsky et Patrick Chesnais. Comédie dramatique. Sortie le 13 juillet.

 

En concert avec Burning Peacocks, le 12 juillet au Paris-Orly Festival, programmé par les Inrocks, et le 14 juillet à La Plage de Glazart.