Ancien Malade des Hôpitaux de Paris

Voici un spectacle qu’il faut absolument voir vu… surtout si vous l’avez manqué l’an passé. Un vrai shoot d’adrénaline.

Adaptée d’un texte de Daniel Pennac baptisé Monologue gesticulatoire (Folio éditeur), la pièce s’articule autour du docteur Galvan (Olivier Saladin) lequel nous invite à écouter une histoire vécue il y a vingt ans de ça, un dimanche de garde aux urgences du CHU Postel-Couperin. Déprimant ? Non, carrément drôle. Ce soir-là, la nuit allait son train d’enfer : « infarctus, dealers poinçonnés, infections éruptives, motards du périph (oreille dans la poche et bras dans le sac à dos), un truc de malade ! Plus préoccupé par sa carte de visite que par ses patients, le jeune interne-urgentiste est alors confronté à un cas singulier multipliant les pires maux et symptômes au point de mobiliser tous les spécialistes de l’hôpital. C’est là que le thriller médical débute, contaminant insidieusement les esprits les plus rétifs, car cette nuit d’anthologie, Saladin ne nous la raconte pas, il nous la fait vivre en direct. Gestuelle d’une précision chirurgicale, intonations ciselées, Saladin endosse la blouse blanche de Galvan et croque à vif tous les protagonistes de cette surréaliste pantomime verbale. Cartoonesques, les séquences s’enchaînent, disséquant l’univers hospitalier in vivo : son ambiance fiévreuse, ses grands pontes, leur morgue, leur dévouement aussi. La prose vivifiante de Pennac s’ingéniant à donner au récit un tour sans cesse inattendu, la chute cocasse, le talent protéiforme du comédien (ex-figure des Deschamps-Deschiens), la mise en scène affûtée de Benjamin Guillard : tout cela agit comme un imparable remède à la sinistrose ambiante. Le public comblé succombe pour cette belle urgence dramatique.

Note : 4/5