Ancien malade des hôpitaux de Paris

Enfin ! C’est le spectacle qu’on attendait. Un vrai shoot d’adrénaline après un hiver interminable.

Dans cette adaptation d’une nouvelle de Daniel Pennac baptisée Monologue gesticulatoire, le docteur Galvan (Olivier Saladin) offre un café à un spectateur lui intimant d’écouter une histoire vécue il y a vingt ans de ça, un dimanche de garde aux urgences du CHU Postel-Couperin. Déprimant ? Non, désopilant ! Ce soir-là, la nuit allait son train d’enfer : « infarctus, dealers poinçonnés, infections éruptives, motards du périph (oreille dans la poche et bras dans le sac à dos)… », un truc de malade !

Plus préoccupé par sa carte de visite que par ses patients, le jeune interne urgentiste est alors confronté à un cas singulier multipliant les pires maux et symptômes au point de mobiliser tous les spécialistes de l’hôpital. C’est là que le thriller médical (et l’aventure théâtrale) commence, contaminant insidieusement les esprits les plus rétifs, car cette nuit d’anthologie, le protéiforme Saladin ne nous la raconte pas, il nous la fait vivre, comme en direct. Gestuelle d’une précision chirurgicale, intonations ciselées, l’ex-complice des Deschiens-Deschamps (aperçu dans la série Boulevard du Palais en fantasque médecin légiste) endosse la blouse blanche de Galvan et croque à vif tous les protagonistes de cette surréaliste pantomime verbale.