Cabaret liberté !

Tout à la fois politique, satirique et poétique, ce cabaret exalte la pensée véloce et souvent corrosive de grands auteurs classiques ou contemporains bien décidés à célébrer la pensée inféodée par l’absurde, la poésie, la révolte ou l’irrévérence.

Votre vie millimétrée vous asphyxie ? Aucun doute : vous avez besoin d’une sortie de piste, d’un petit pas de côté, loin des diktats et des principes codifiés qui vous figent, que vous le vouliez ou non. Itinéraire recommandé ? L’isoloir libertaire conçu par Charlotte Rondelez, une sorte de république de l’Utopie où tout est articulé pour « rire, mépriser les dogmes et bousculer les postulats ». Tout à la fois politique, satirique et poétique, ce cabaret exalte la pensée véloce et souvent corrosive de grands auteurs classiques ou contemporains bien décidés à célébrer la pensée inféodée par l’absurde, la poésie, la révolte ou l’irrévérence (Mirbeau, Courteline, Voltaire, Breton, Prévert, Devos Bakounine, Gaël Faye…). Mais aussi celle de chanteurs guidés par la fantaisie de leur plume et l’exaltation de leur imagination (Brassens, Brel, Higelin, La Maison Tellier…). Campés par quatre artistes originaux, ces drôles de personnages toujours prompts à enchanter la vie si volatile nous interrogent avec une ébullition d’idées ébouriffantes. Et c’est peu dire qu’avec Céline Espérin, Sylvain Katan, Charlotte Rondelez, Pierre Val et Vadim Sher (au piano), c’est de la folie en barre : ils divaguent sur Higelin « Tête en l’air », dérivent avec « La Ficelle » (Visniec), virevoltent dans « La Java des chaussettes à clous » (Vian), convoquent Henri Roorda (un libertaire suisse) « à la recherche de son moi » et glissent en de drôles d’abîmes avec Virginie Despentes. Installé dans une ambiance total music-hall, on se prête volontiers à cette foisonnante sarabande théâtrale et musicale faite de carambolages burlesques, de magie et d’érudition éclatée (ah, le quizz sous l’égide d’une Margaret Thatcher d’opérette). Portée par une mise en scène buissonnière, cette ode à la liberté exhale un doux parfum de rêves irraisonnés.

Jusqu’au 13 juillet, jeudi et vendredi à 20h30. Théâtre de Poche Montparnasse, 75, boulevard du Montparnasse, 6e. M° Montparnasse-Bienvenüe. Places : 10-30 €. Téléphone : 01 45 44 50 21.