Ces stations de métro au patrimoine exceptionnel

C’est la rentrée ! Et si on se réjouissait du retour au classique métro-boulot-dodo pour changer notre regard sur le décor parisien ? En premier lieu, dans le métro : stations historiques, artistiques et poétiques, le ventre de Paris se visite les yeux grands ouverts ! 

 

Perles de verre à Palais Royal-Musée du Louvre

© Kiosque des noctambules, Jean-Michel Othoniel

 

La station desservant le plus beau musée de Paris ne pouvait être anodine. C’est pourquoi l’artiste français Jean-Michel Othoniel a été choisi en 2000 pour booster le look de Palais Royal-Musée du Louvre (lignes 1 et 7). Il a conçu une installation qui investit toute la sortie menant à la place Colette, du bas des marches à la rue : observez, en sortant du métro, que le carrelage des murs est peint d’une couleur dorée, et que quelques perles de verre dans deux petites vitrines préfigurent la splendeur de la bouche de métro. À l’extérieur, le Kiosque des noctambules. Fait de colonnes d’aluminium et de perles de verre, celui-ci comporte un banc pour s’arrêter un instant et jeter un oeil aux couleurs chaudes et froides (en référence au jour qui fait place à la nuit) du verre de Murano.

 

Une bande-dessinée à Arts et Métiers

<small>© Quai de la ligne 11 de la station de métro Arts et Métiers, à Paris</small>
© Jerem9211 Wikimedia Créative Comons

 

Avec un peu d’imagination, le métro peut se transformer en formidable machine à rêves. La preuve avec les quais de la ligne 11 à la station Arts et Métiers, recouverts depuis 1994 de plaques de cuivre (et non, comme partout, de carreaux de faïence). L’idée du duo à l’origine du projet –  Benoît Peeters et François Schuiten, auteurs de la bande-dessinée Les Cités Obscures ? Évoquer une machine sous-marine façon Vingt mille lieues sous les mers, mais version steampunk. Avec, au plafond, des rouages, et le long des quais, des hublots. Ceux-ci laissent apercevoir certains éléments importants des collections du musée des Arts et Métiers, situé juste au-dessus de la station, avec notamment la sphère armillaire, le satellite Telstar et la roue hydraulique. Un musée sous-marin, ou plutôt souterrain, à visiter entre deux changements.

 

Les marches d’Abbesses

<small>© Abbesses</small>
©Magnus Manske on Creative Commons

 

Emblématique du film Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain réalisé par Jean-Pierre Jeunet en 2001, la station Abbesses est la plus profonde de Paris. Située à 36 mètres en dessous du niveau du sol, elle possède plusieurs ascenseurs mais surtout un escalier redoutable, qui arrache des soupirs et des suées à bien des touristes. Cela dit, on ne s’y ennuie pas, car la montée est rythmée de fresques peintes représentant notamment des vues de Paris (un poil kitsch, mais amusantes). À la sortie, on ouvrira les yeux sur la bouche de métro, classée monument historique : celle-ci a initialement été conçue pour la station Hôtel de Ville, a été déplacée puis installée dans les années 70 et correspond au style Art Nouveau. Avec ses courbes organiques sublimes, elle est, évidemment, la star de bien des photographies.

 

Un vitrail à Madeleine

© Ivan Loubennikov

 

Près de 8 millions de visiteurs la fréquentent chaque année. Pourtant, qui ouvre les yeux sur la star de la station Madeleine, nommée Ryaba la Poule ? Cette œuvre de l’artiste russe Ivan Loubennikov a été installée en 2009 et mesure pas moins de 40 mètres carrés (soit nettement plus que la plupart des appartements parisiens !). Vaste vitrail composé d’une vingtaine de panneaux, Ryaba la Poule est un cadeau de Moscou qui évoque le mystère de l’œuf et de la poule (en échange, il a été offert à la Russie un édicule Guimard, installé à l’entrée de la station Kievskaïa). Jouant sur des contrastes entre les couleurs vives des motifs et le noir des joints, la poule de Madeleine côtoie une sculpture de Constantin Brâncuşi nommée La Prière et une installation de Jacques Tissinier nommée Tissignalisation n°14, installée sur la voûte et composée d’un millier de disques encastrés en acier émaillé coloré. Travailleurs pressés, n’oubliez pas de lever le nez !