Chiara Mastroianni : belle et bien là

Dans Good Luck Algeria, de Farid Bentoumi elle supporte le pari fou de son mari, fabricant de ski en faillite, qui s’improvise concurrent olympique de ski de fond pour l’Algérie. Une comédie sensible et drôle qui offre à l’actrice un retour exquis sur le grand écran.

Pourquoi avez-vous accepté ce rôle ?

Chiara Mastroianni : J’aimais le ton de la comédie, mais aussi le fait que le réalisateur abordait des sujets plus délicats à porter au cinéma sans tomber dans des écueils de démagogie, de comment c’est d’être partagé entre deux nationalités, deux cultures, etc.

Cette double culture, c’est quelque chose qui vous parle, au fond ?

Oui, je m’y suis identifiée. En ce qui me concerne, c’est étrange et décalé. Les gens me disent qu’en français je parle beaucoup avec les mains, pourtant je n’ai jamais vécu en Italie. J’y allais pour les vacances, qui plus est toujours dans des endroits assez incroyables emportée par ce père que j’avais, mais je ne connais pas la vie de tous les jours, pas les factures à payer.

Comment vous êtes-vous préparée pour ce rôle de mère de famille enceinte qui soutient son mari embarqué dans un projet fou ?

Ben, j’ai fait un enfant ! Vous savez, moi, c’est actor’s studio (rires) ! Non, j’ai commencé par leur dire qu’il fallait me trouver une doublure pour les scènes où je fais du hockey sur glace. En plus, je nourrissais l’illusion de souvenirs d’enfance. J’avais fait beaucoup de patin à glace, et comme souvent, on arrive à l’âge adulte et on croit qu’on maîtrise toujours quelque chose qu’on n’a pas pratiqué depuis vingt ans. Donc comment je me suis préparée ? En trouvant le numéro de téléphone d’une doublure !

Peut-on tout supporter par amour ?

Moi, bien sûr ! C’est un truc trop rare à trouver pour ensuite faire la fine bouche et dire : « Ça oui. Ça non ! » Non, si j’y vais, j’y vais jusqu’au bout.

Entre le froid et la neige capricieuse, le film a dû être difficile, non ?

Oui, mais moi je jouais la femme enceinte, donc au chaud. Et je ne vais pas vous dire qu’on a fait The Revenant, on arrive après, on a l’air de petites créatures en sucre qui se plaignent.

Ça fait plaisir de vous voir dans une comédie, pourquoi n’est-ce pas plus souvent ?

Je n’ai pas de chance, j’ai une tête qui fait qu’on pense plus à moi pour le drame que pour le rire. Quand bien même je reçois un scénario drôle, neuf fois sur dix s’il y a un personnage sérieux, et il est pour moi. Mais je ne perds pas espoir que les choses bougent.

Pourquoi vous voit-on moins au cinéma depuis quelque temps ?

Parce que j’ai écrit un livre, et ça m’a pris beaucoup de temps. Mais non, je déconne (rires). Non, j’aimerais bien tourner plus, mais j’aime tourner ce que j’aime lire.

Qu’est-ce qu’on vous dit quand on vous reconnaît dans la rue ?

Souvent, je vois bien dans le regard des gens qu’ils sont troublés et qu’ils se disent : « Est-ce que c’est ma voisine ? ». Sinon c’est plutôt bienveillant, mais ça m’est déjà arrivé de m’énerver si, par exemple, je suis ma mère aux puces et que j’entends : « Oh ben, dites-donc ! Aller aux puces alors qu’on peut s’acheter des trucs tout neufs ! » Des conneries comme ça.

De quoi rêviez-vous enfant ?

De ça. Ce n’était pas tout à fait assumé. Ça a mis du temps, mais de toute façon comme je suis lente…

Pour terminer, quel effet cela fait-il d’être une égérie ?

Eh bien, je ne le suis plus (rires) ! Vous voulez dire quand je faisais la pub pour le parfum Fendi ? Mais vous êtes une des seules personnes au courant, parce que cette pub pour le parfum, je ne l’ai jamais vue. Ceci explique sans doute cela. Donc je ne peux pas vous dire (rires).

« Good Luck Algeria », de Farid Bentoumi, avec Sami Bouajila, Franck Gastambide et Chiara Mastroianni. Comédie. Sortie le 30 mars.