Chute d’une nation

On avait ardemment soutenu ce spectacle en 2010 mais aujourd’hui, il y a encore plus à applaudir : Chute d’une nation est à nouveau à l’affiche… chez la bouillonnante Ariane Mnouchkine !

Normal : son auteur-metteur en scène, Yann Reuzeau, a la bosse théâtrale. Co-directeur avec Sophie Volanthen d’un petit théâtre niché au creux de Montmartre, la Manufacture des Abbesses, fondée en 2006,  prix Beaumarchais 2012 du meilleur auteur, ce jeune écrivain (également comédien) inaugurait il y a quatre ans un nouveau genre dramatique : une saga feuilletonesque « épique et politique » en quatre épisodes, suivant les codes narratifs des scénaristes américains dans les « cop shows » (une enquête par épisode,  dialogues au scalpel, scènes percutantes), le but étant de maintenir la tension (l’attention ?) pour inciter le public à revenir – chaque épisode constituant une pièce à part entière qui peut être vue séparément, l’ensemble formant un tout.

Une invitation à questionner les zones grises du pouvoir et de la morale, à s’interroger sur le sens de l’engagement et sur l’incroyable fragilité de la démocratie. Texte vif, comédiens à la nervosité cinglante, mise en scène maîtrisée… le public plébiscite ce théâtre de l’hyper-réalité !  Reuzeau se présente aujourd’hui avec sa compagnie Sylsyl au Théâtre du Soleil, armé de la reprise (en intégralité) de Chute d’une nation, en alternance avec De l’ambition (publiés aux Éditions Actes Sud), une création auscultant la fin de l’adolescence et l’entrée dans le monde de cinq jeunes gens.  On devine qu’il y a là un autre magnifique sujet pour notre prolifique dramaturge. Patience, on vous en reparle bientôt…

Note : 4