Le festival Chéries-Chéris revient : nos repérages

Il célèbre cette année ses 25 ans : le festival de cinéma LGBT Chéries-Chéris revient du 16 au 26 novembre 2019 dans trois cinémas de la capitale (le MK2 Bibliothèque, le MK2 Quai de Seine et le MK2 Beaubourg) avec une programmation riche, internationale et palpitante. 

Défier, une fois encore, le patriarcat

Crédit : Anthony Goicolea

 

On le sait fort bien, les agressions homophobes se sont multipliées ces dernières années. On ne compte plus les photos devenues virales de blessures et de visages en sang de couples lesbiens, homosexuels ou transgenres… Car comme le souligne à juste titre Grégory Tilhac, programmateur du festival Chéries-Chéris : « Nos droits progressent. Notre visibilité aussi : partout dans nos villes et nos rues, de plus en plus de jeunes et de couples ont le courage d’assumer qui ils sont, de s’aimer et de vivre au grand jour. Les couleurs de notre arc-en-ciel sont toujours plus diverses et éclatantes. Mais le ciel s’assombrit aussi : polémiques, outrances, insultes, injures et agressions n’en sont que plus vivaces, menaçantes et intolérables. »

Dommage pour leurs agresseurs et leurs détracteurs : les communautés LGBTQI+ ne sont pas amenées à disparaître ou à s’invisibiliser pour autant ! Preuve en est avec l’éclatante diversité de la 25ème édition du festival Chéries-Chéris, qui défie une nouvelle fois les carcans du cinéma patriarcal pour proposer des visions militantes, féministes et libres.

 

© Yours in sisterhood

 

À ne pas manquer, dans cette idée militante : le documentaire Yours in sisterhood réalisé par Irene Lusztig (États-Unis, 2019), diffusé le mercredi 20 novembre à 17h35 au MK2 Beaubourg. L’idée ? Faire lire à des femmes d’aujourd’hui, face caméra, les lettres envoyées dans les années 1970 au premier magazine féministe de l’Histoire, Ms. Magazine. Le résultat est radical, mais poignant : les mots et les récits de vie traversent les époques avec une acuité fulgurante, qui émeut et donne des envies de révolution.

Un festival qui fait le tour du monde

© Lola vers la mer

 

Le festival Chéries-Chéris présente des longs et des courts-métrages venus du monde entier. L’occasion est donc belle de découvrir des fictions et des documentaires, la plupart de budget modeste, qu’il aurait été difficile de voir ailleurs que dans ce festival exigeant et hétéroclite.

De Belgique nous arrive donc Lola vers la mer  (réalisé par Laurent Micheli, 2019) : ce (très) beau film réunit Benoît Magimel et la jeune Mya Bollaers dans un récit de voyage particulièrement sensible, qui confronte une transgenre de 18 ans à un père qu’elle n’a pas vu depuis deux ans.

 

© Après la nuit

 

De Roumanie, Après la nuit  (réalisé par Marius Olteanu, 2019) explore avec précision les doutes d’un couple marié, vacillant sur ses convictions après dix années de vie commune…

Atypique en tout point, le film argentin Brève histoire de la planète verte (réalisé par Santiago Loza, 2019) raconte en 75 minutes l’histoire singulière de trois jeunes marginaux qui ont pour mission de ramener un Alien chez lui. Une petite bombe, lauréate du Teddy Award à Berlin et présentée à la sélection ACID du dernier festival de Cannes.

© Meili

 

Le portrait chinois Meili (réalisé par Zhou Zhou, 2018) se concentre sur une jeune fille qui rêve de quitter sa blanchisserie et sa famille, avec qui elle ne s’entend pas, pour les lumières de Shanghai. Mais sa compagne refuse… Et tout s’enchaîne.

Bref : on découvre le cœur battant ces histoires d’amours, d’amitiés, ces portraits poignants et ces personnages de tous les âges, de toutes les nationalités… Qui nous apprennent tous que le monde est vaste, sensuel et beau, et que le cinéma est la belle source de réconfort qui existe face à l’adversité.

 

Festival Chéries-Chéris
Du 16 au 26 novembre 2019
Plus d’infos et d’horaires sur le site du festival