DEMONS

Le couple n’est pas une chose simple. Le mariage n’y peut rien, les enfants non plus. C’est en substance ce qui surgit de cette pièce abrasive du dramaturge suédois Lars Norén. On comprend pourquoi Marcial di Fonzo Bo (comédien-metteur en scène, directeur de la Comédie de Caen depuis janvier) a longtemps eu envie de monter cette histoire nouée de désirs, de frustrations et de fantasmes : elle est si diaboliquement narrée qu’elle peut devenir envoûtement.

Regard sans fard sur l’enfer conjugal, elle agite aussi des questions essentielles (la mort, le désir, la folie) : un magnifique humus existentiel et psychanalytique pour un projet mûri depuis des années. Captif de cette psychologie rouée, Fonzo Bo s’y est mesuré il y a un an,  en réalisant un film adapté de la pièce pour Arte, avec les mêmes acteurs, à l’exception de Stefan Konarske remplacé ici par Gaspard Ulliel.

Voici le tableau : liés par un amour fou, Katarina et Frank survivent par un jeu féroce axé sur la provocation et l’humiliation. Une façon d’échapper à un quotidien calciné par la routine. Invités chez ce couple hautement inflammable (on y voit Frank ramener chez lui les cendres de sa mère décédée), Jenna et Thomas, leurs jeunes voisins, vont faire les frais d’une de leurs crises. On attendait une symphonie sauvage ? Eh bien non. C’est beau, léché, mais trop lisse. Le talentueux franco-argentin a beau aligner un énorme casting (Romain Duris, Marina Foïs, Gaspard Ulliel, Anaïs Demoustier) sur un plateau tournant (jolie idée), sa pièce déçoit vite tant l’interprétation masculine semble verrouillée : pas assez de mordant, de densité. Foïs (intense et sexy) et Demoustier (touchante en mère allaitante néanmoins prête à s’embraser) sauvent les meubles de ce spectacle plus papier glacé que démoniaque. 

Note : 3/5

 

Soirée exceptionnelle  le 4 octobre à 18h 30 dédiée à l’association « Une main tendue ». La recette sera reversée à diverses associations (Médecins du Monde, Première Urgence Internationale, la Cimade…) soutenant les réfugiés. Au choix : le plein tarif (38€) ou le tarif solidaire (60€).