A.Voir

Derniers jours : la Biennale des photographes du monde arabe contemporain

Pour sa 2e édition, la Biennale des photographes du monde arabe contemporain s’est déployée dans huit lieux parisiens. Désormais clôturé à la MEP, l’événement se prolonge encore à l’IMA et dans quelques galeries.

Les œuvres présentées, d’artistes issus du monde arabe ou de créateurs étrangers, constituent autant de regards différents portés sur cette partie du monde. À l’Institut du monde arabe, donc, c’est la Tunisie qui est mise à l’honneur. Le parcours proposé mêle paysages et portraits, enjeux esthétiques et politiques.

Dans sa série West of Life (2013-2016), Zied ben Romdhane s’intéresse aux lieux pollués et aux populations pauvres de la région minière du Sud-Ouest de la Tunisie. Sur tel cliché d’un champ de phosphate, l’intensité renversante du noir et blanc utilisé fait d’un simple nuage une apparition aux accents mystiques. Sur tel autre, des empreintes d’oiseaux près d’une usine chimique transforment le sol en une surprenante peinture aux accents quasi rupestres.


© 2016 By Ahmad El-Abi

Plus loin, une mystérieuse magie opère lorsque le vieil Amara, ancien combattant pour la paix pendant l’occupation française, pose, sourire taquin aux lèvres, devant un mur décrépi, sa canne brandie vers le ciel. À sa solitude amusée répond celle, plus mélancolique, de mosquées abandonnées sur la route désertique de Médine. Le jeune artiste saoudien Moath Alofi leur offre ici une dernière prière (The Last Tashahhud, 2017). Avec sa série Where Love Is Illegal – Tunisia (2016), le Néo-Zélandais Robin Hammond s’attache quant à lui à rendre visible la communauté LGBTQI+ en Tunisie, où l’homosexualité demeure illégale. Citons aussi Roger Grasas, qui s’intéresse aux incroyables mutations d’un territoire en marge, ou encore Stephan Zaubitzer, qui photographie les salles de cinéma abandonnées de la rive sud de la Méditerranée. L’exposition s’achève sur une note légère, grâce au réjouissant Alphabet (2016) d’Ahmad El-Abi. Armé d’objets de la vie quotidienne, ce jeune artiste égyptien dessine en couleurs et avec humour les 28 lettres de l’alphabet arabe.

Pour poursuivre la visite, on ira à la Cité internationale des arts, qui propose un panorama de la jeune photographie algérienne réunissant 20 artistes. Les galeries participantes présentant quant à elles les clichés de Mustapha Azeroual et de Sara Naim (Binome), de Daniel Aron (Photo12), de Marco Barbon (Clémentine de la Féronnière), de Randa Mirza et de Zad Moultaka (Thierry Marlat).