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Diane Kruger, de retour en France

Ayant conquis le cœur des Français avec des films comme Michel Vaillant ou Joyeux Noël, mais aussi l’Amérique, avec Troie, Benjamin Gates, ou des séries comme The Bridge, l’actrice allemande est de retour chez nous, en épouse de millionnaire protégée par Matthias Schoenaerts dans Maryland. Welcome back, Diane !

Comment s’est passée votre rencontre avec votre garde du corps de cinéma, Matthias Schoenaerts ? Est-ce qu’il est comme on le voit à l’écran, avec ce côté un peu…

Diane Kruger : … Rustre (rire) ! En fait, je le ne connaissais pas avant, hormis à travers ses films. J’aime son côté imposant, physique. C’est assez rare en France. Il a un côté très américain. Il amène dans son jeu une intensité très intéressante.

 

Quelle a été la chose la plus difficile à faire sur ce film ?

Le fait d’être cloîtrée dans cette maison. On y est restés six semaines, avec le temps qui devenait de plus en plus mauvais. On avait vraiment l’impression que c’était un personnage. On craignait même d’y retourner le matin. Avec les grilles devant les fenêtres, ça devenait vraiment une prison.

 

Est-ce que vous emportiez ce personnage de “femme trophée” tourmentée en rentrant chez vous ?

J’essayais d’éviter ça, justement. Je pense qu’avec l’expérience, on apprend de plus en plus à faire un vrai break. Évidemment, parfois, quand on a passé une journée à pleurer ou à être très méchante, on ne rentre pas super détendue. Mais ce n’est ni bien pour moi, ni pour mon entourage d’avoir à subir tout ça (rire).

 

Maryland a été sélectionné à Cannes à Un Certain Regard. C’était comment ?

J’étais partie deux ans tourner une série aux États-Unis, donc c’était mon premier film français. Ça m’a fait doublement plaisir de retrouver Cannes comme ça.

 

Qu’est-ce que la série The Bridge a changé dans votre vie ?

Moi j’ai adoré. J’aimerais bien recommencer. Aux États-Unis, faire des séries, c’est mieux que le cinéma. Aujourd’hui, les studios font des blockbusters comme Batman, mais c’est pour les mômes ! Il y a très peu de films indépendants qui sortent du lot et qui sont vus après. Donc c’est le câble – HBO, Netflix, etc. – qui offre un choix artistique incroyable, avec tellement de possibilités, de vrais personnages pour les femmes et une liberté pour les metteurs en scène. Alors que les studios, eux, contrôlent tout – « Il ne faut pas que ce soit trop extrême. Il n’y a pas assez d’explosions ! »

 

Comment choisissez-vous vos rôles ?

Ça dépend de ce qu’on vous propose sur le moment. De ce dont on a envie. Parfois, il n’y a rien. D’autres fois, il y a trop de choses qui arrivent, alors que mon partenaire, lui, ne bosse pas (l’acteur et réalisateur Joshua Jackson, ndlr), du coup je ne prends rien, sinon on ne se voit pas.

 

Et le cinéma français dans tout ça ?

C’est non seulement mon préféré, mais aussi un vrai désir. Je vis en France la moitié du temps et c’est ici que tout a commencé. Le cinéma français, pour moi, c’est quand même ce qu’il y a de mieux. Il m’a proposé les plus beaux rôles.

 

Vous rêviez de tout cela lorsque vous étiez enfant ?

Pas vraiment. Même si je rêvais d’être danseuse, donc de scène, ça n’était pas très clair dans ma tête. Pour moi, on ne pouvait pas devenir actrice. Il fallait être découverte quelque part, ou faire partie d’une grande famille d’artistes. Et ça n’est pas du tout mon cas. Je n’osais même pas en rêver. C’est vraiment en arrivant en France en tant que mannequin, et en rencontrant des acteurs qui m’ont amenée au cours Florent, que j’ai compris que c’était un métier qu’on pouvait peut-être choisir.

 

Et de quoi rêvez-vous maintenant ?

De plein de choses. J’ai tellement de rêves encore dans la vie. J’ai tellement l’impression que le meilleur est à venir et dans tous les domaines. Je rêve de famille, de voyages, de rôles, d’amitiés, d’amour. Comme tout le monde.

 

Maryland, d’Alice Winocour, avec Matthias Schoenaerts et Diane Kruger. Thriller. En salles actuellement.